‹ Mémoires du comte de Modéne sur la révolution de Naples de 1647 [microform]Chapitre 28 sur 100 · ÉPÎTRE · texte numérisé non relu

ÉPÎTRE

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seins , qui ont fait révérer la France jusqu'au bout de l'univers. Certes tous les bons Français ont sujet de se louer de ce dii^ne favori, et de bénir à jamais son admirable et innocente conduite; je l'appelle admirable, d'autant que, sans beaucoup de* bruit ni de dépense, elle rendit nos Rois mai-

1res de leur Etat; et innocente, parce que n'ayant ni d'amour ni de haine, que suivant les intérêts de son maître, il ne se servit jamais de son crédit pour satisfaire ses passions. Mais, MADAME, s'il est véritable qu'il ait mérité des éloges et des louanges immortelles , il est certain que Votre Altesse en mérite autant, et peut-être encore plus, puisqu'on peut dire que la piété, la valeur et le bonheur de son Roi contribuèrent beaucoup à sa gloire ; mais que celle que votre rare et intrépide vertu s'est acquise en luttant sans cesse contre l'envie et contre la fortune , eslt toute à vous, sans que personne y puisse prétendre aucune part. En effet , il est aisé de faire du chemin , et d'arriver bientôt au port quand on conduit un bon vaisseau , que l'on a le vent en poupe, et qu'en louant la prudence du pilote, l'on peut aussi louer la bonté du navire, l'adresse de ses matelots , la grande amplitude des voiles , et la faveur des vents propices; mais il est bien difficile, et presque impossible, de soutenir une bourrasque , et de marcher, malgré les vents et la marée, dans un temps où le nocher n'a que son art et sa vertu pour lui. Aussi, MADAME, cette gloire que votre invincible génie obtint sur ces

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