‹ Mémoires du comte de MoréChapitre 50 sur 63 · LE GÉNÉRAL BERTRAND ET JOSEPH LABROSSE · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL BERTRAND ET JOSEPH LABROSSE

Des relations de société s'étaient nouées entre le général Bertrand et Joseph Labrosse, à Trieste. Elles étaient devenues amicales et affectueuses après un voyage pendant lequel M. de Pontgibaud sauva les jours de Mme Bertrand (Mlle Dillon), qu'il accompagnait par courtoisie et dévouement. Les divergences politiques n'atténuèrent pas ces bons rapports. Nous citerons la lettre suivante, parmi plusieurs originaux de la main du grand maréchal du palais.

Ile d'Elbe, 9 mai 1814.

Mon cher Monsieur,

Vous aurez appris les derniers événements survenus en France; je suis venu à l'île d'Elbe à la suite de l'empereur Napoléon. Par son abdication l'Empereur nous a dégagés de nos serments; mais il est des obligations que l'honneur indique, et j'ai voulu partager les chances que pourrait courir encore l'Empereur dans sa retraite. J'attends bientôt ma femme et mes enfants. Vous allez rouler sur l'or; si jamais je fais aussi le commerce, ce qui pourrait m'arriver comme occupation, et même pour d'autres raisons, je serai à l'ile d'Elbe le représentant du marquis de la Brosse.

Quand ma femme sera ici, je vous donnerai de ses nouvelles.

Conservez-moi une place dans votre bon souvenir, et par échappées donnez-moi quelquefois de vos nouvelles. Je ne vous parle de personne, mais vous jugerez que ce n'est que par discrétion et que par la même raison je ne vous écrirai que rarement. Vous connaissez mes sentiments pour vous et les vôtres.

Le général Bertrand.

3a6 APPENDICES.

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