‹ Mémoires du comte Gaspard de ChavagnacChapitre 2 sur 88 · L'IMPRIMEUR AU LECTEUR · texte numérisé non relu

L'IMPRIMEUR AU LECTEUR

Ayant heureusement recouvré un manuscrit des Mémoires de Monsieur de Chavagnac, ou plutôt le seul original qu'il en ait laissé, j'ai cru que je devais les donner au public, après en avoir obtenu le privilège du Koy.

Cet homme, illustre par la noblesse de sa famille, qui est une des plus anciennes de l'Auvergne, et par les emplois militaires dont il a été honoré en servant divers souverains, s'est autant distingué par son habileté dans les négociations que par sa bravoure dans les combats. Il a fait également paraître la force de son génie dans b's conseils de guerre et dans les intrigues de c^ibinel. Pour faire son éloge en raccourci, il suffit de din* «|ue Monsieur le prince d'Orange (aujourd'hui Koy d'Angleterre) (1), feu Monsieur le prince de Condé {2) et feu Monsieur le duc de Lorraine ^3), Messieurs de Turenne et de Montecuccoli l'ont onq>loyé comme un ofû-

(1) Guillaume III, du Nassau, stalhuuder des Provinces Unies, avait épousé .Marie, lille de Jac»|ut's II, roi d'Angleterre, qu'il délrônu en 1688 ; mort en 17(J2, après avoir fait, pendant trente nns, une guerre acharnée à Louis XIV.

(2i Le ^'rand Condé.

{3J Charles V.

l'imprimeur au lkcteur

cier exlrAmement éclairé dans les affaires el entièrement consommé dans le métier de la guerre.

I/estime de ces illlustres généraux d'armée est le témoignage le plus beau el le plus authentique que son mérite puisse avoir.

Kt c'est un glorieux préjugé en faveur des mémoires que je vous présente, qu'ils viennent d'un homme de cette distinction.

La vérité des événements qu'il y raconte et la solidité des réflexions qu'il y fait, vous instruiront dans Tllistoire en vous divertissant.

Et, quoique sa manière d'écrire n'ait pas toute la pureté, ni toute la politesse qu'on exige des écrivains de ce temps, et qu'il ait été peu exact à lier el encore moins ù arranger les matières qu'il traite, cependant vous trouverez du plaisir en sa naïveté, qui, étant exemple de fard et d'étude et ressentant plus la sincérité d'un grand cœur que la subtilité ou l'application d'un bel esprit, vous persuadera aisément qu'il ne s'était point proposé que l'histoire de sa vie serait, un jour, livrée au public.

En un mot, vous connaîtrez, en lisant ces mémoires, que j'ai eu sujet de croire que vous en tireriez de l'instruction el du plaisir.

Besançon, l'an de irrâce 1699.

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