CHAVAGNAC, GENERAL DE LKOPOLO I
— » En quelque pays «jue ce soit, la chose n'est pas agréable », répondis-je.
Il m'avait envoyé chercher pour le proposer au prince d'Orange, auprès duquel j'allais, tous les jours, prendre h pnrole ; il me nommait le saint et moi, pour Montecuccoli, je lui nommais la ville.
Je fus à la tranchée, où je trouvai le prince FHo, à qui je demandai comment il avait passé la nuit.
— « A merveille, nie répondit-il ; mon infanterie est fort gaillarde !
— » Pourtant, lui dis-je, W'ertmuller a rapporté à Montecuccoli qu'elle était rebutée !
— » C'est un coquin, qui en a menti! » me répliqua-t-il.
Lesley, qui était à l'autre attaque, en fut si furieuse» ment outré, qu'il voulait aller tuer Wertinuller ; ce qui réjouit fort Montecuccoli quand je le lui rapportai.
Ensuite, je retournai à la tranchée, manger avec le prince Pio. Nous n'étions pas à moitié repas, que nous entendîmes un tambour qui battait la chamade (1). On lui demanda ce qu'il souhaitait ; il dit qu'on ne tirât pas, qu'il avait à parler à M. le comte de (^havagnac. Je fis cesser le feu et me présentai pour savoir ce qu'il voulait, en lui disant que c'était moi-môme.
Pour lors, M. de Révillon, qui était gouverneur de Bonn, monta sur le bastion et me dit que « quoi qu'il n'eût pas l'honneur de me connaître, néanmoins il prenait en moi tant de confiance qu'il s'y était voulu adresser, pour me dire qu'il rendrait la place si l'on voulait lui faire une capitulation telle qu'il la désirerait. «
Je lui représentai que, « dans une si mauvaise place et sans espérance de secours, il ne devait pas s'attendre à tout ce qu'il souhaitait, mais qu'on la lui ferait telle
(i) \u parlemenlaire.
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qu'on lu (levait à d'honnêtes gens pour qui on avait bien de reslime ».
Après quelques contestations, nous convînmes d'envoyer des otages de part et d'autre. J'en laissai le soin au prince Pio, qui commandait la tranchée, et m'en allai en diligence en porter la nouvelle à M. de Montecuccoli, qui m'en sauta au col de joie. Les otages arrivèrent et la capitulation fut signée sans en donner connaissance à M. le prince d'Orange, qui s'en emporta extrêmement. Montecuccoli, qui avait tort, en fit ses excuses, ce qui pacidu tout.
La capitulation fut à l'ordinaire (12 novembre), à la réserve de 700 Allemands, qui prirent parti dans nos troupes ; Grana y fut mis gouverneur.
Après quoi, Montecuccoli, ayant mis l'armée dans ses quartiers (1) sous le commandement de Bournouvilh-, lit le malade pour s'en aller, (le qu'ayant connu, je l'allai trouver pour lui demander s'il était content de mon service.
— « Oui », me dit-il.
Sur quoi, je lui répliquai (|ue puisque cela était, j'espérais qu'on me ferait avoir mon congé, attendu que je ne pouvais oublier le tort qui m'avait été fait. Il me conjura d'attendre de ses nouvelles et de lui donner parole de ne prendre aucun engagement pendant ce temps-là, |)arce qu'il avait été averti que le roi de Danemark avait chargé le landgrave de Messe de m'attirer à son service. Néanmoins je voulus bien lui donner ma parole.
,1) l.i' luiig du Uliiii, aux t'iniroiis de IJouii, pend. ml que l urenne prenait ses (juartiei s d'hiver sur la Sarre.
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