DU G EN É H IL HE Y IN 1ER
terie avait de la peiae à se traîner dam les sables m ou van s qu'elle devait parcourir. Des chaloupes canonnières s'avançaient dans le lac Maadiëh , à la hauteur de sa gauche, ainsi qu'un grand nombre de barques chargées de munitions, de vivres et d'eau douce. Lorsqu'ils virent les troupes françaises postées sur les hauteurs qu'ils voulaient occuper, ils s'arrêtèrent, et on se canon na réciproquement^ lis n'osèrent pas attaquer, et campèrent , à trois heures après midi , à moins de deux lieues du point de leur départ.
Ils se remirent en marche le 22 , à la pointe du jour : craignant l'impétuosité française, et surtout la cavaleri e , ils se formèrent sur trois lignes; au centre de leur armée était un carré , dont les côtés étaient composés d'iufanterie en colonnes serrées.
L'aile gauche s'ébranla la première; elle suivit le bord du lac Maadiëh, afin de s'appuyer au canal et de tourner la droite des Français ; le centre se mit en mouvement plus tard , et la droite après lui.
Le centre marchait lentement sur le revers d'une hauteur qui le masquait à la position des Français , et l'aile gauche paraissait isolée. Le général Lanusse espère la culbuter, au moyen d'une attaque très vive , avant qu'elle puisse être secourue par le reste de l'armée : il le propose au général Friant, ordonne à la 69 e de s'avancer sur les hauteurs qui bordent la mer pour occuper la droite des ennemis, laisse un bataillon de la 18 e en réserve sur la hauteur du camp des Romains, un bataillon de la 4* lé-
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gère avec une pièce et un obusier d'artillerie légère, à droite de ces hauteurs, et se met aussitôt en marche avec le reste de ses troupes, et le a 2 e régiment de chasseurs.
Tandis que le brave Lanusse commence son mouvement , le centre des Anglais parait sur la hauteur ; la première ligne s'avance; on ne peut plus alors arriver sur le flanc de l'aile gauche avant de l'attaquer. Le 22 e régiment de chasseurs la charge avec la plus grande bravoure , la traverse et fait poser les armes à deux bataillons ; mais les feux exécutés avec beaucoup de vivacité et de précision , par la seconde ligne , le forqent à se retirer et à abandonner ses prisonniers. La 4 e légère, dirigée par l'adjudant commandant Boyer, combat pendant ce temps, avec avantage, le reste de la première ligne 'et la fait ployer. La 18 e se formait en bataille sur sa gauche ; mais la colonne qui marchait toujours à la droite du centre des Angjais, se déploie rapidement sur son flanc, son feu y met du désordre : elle ne peut achever son mouvement pour lui faire face. La 4 e légère et le 22 e de chasseurs , trop inférieurs pour soutenir seuls le combat, commencèrent alors leur retraite.
Pendant ce temps, le général Friant s'était avancé avec les s5 e et 75 e , précédées de tirailleurs , qui inquiétaient l'aile gauche des Anglais. La 61 e avait aussi marché jusqu'à la pointe du lac Maadiè'h, et attaquait cette aile, qui s'était arrêtée et la recevait par des feux très nourris ; mais étant trop infé-
rieure , et le mouvement projeté par le général Lanusse n'ayant pu être exécuté , elle se retira sur la digue du canal. Le général Friant fit reprendre aux 2D° et 75 e leur position sur la hauteur.
Les généraux Friant et Lanusse sentirent qu'il serait imprudent de s'engager plus long-temps avec une armée aussi supérieure , et qu'on tenterait vainement de l'empêcher d'occuper cette position. Une belle charge, exécutée par le 3* de dragons, protège la retraite de la 4 e légère, qui était fort engagée, et ralentit la marche des Anglais. La 69* forme l'arrière-garde de gauche , en suivant le bord de la mer ; elle attend à portée de fusil la droite des Anglais, et exécute, dans le meilleur ordre, une retraite par échelon, qui lui mérite l'admiration des ennemis. La 61 • fait une pareille retraite sur la droite, près du canal. Les troupes françaises prennent position sur les hauteurs de Nicopolis.
Les Anglais , après avoir dépassé les hauteurs du camp des Romains, déploient leurs colonnes du centré ; long-temps ils paraissent incertains s'ils attaqueront les Français ; ils avaient la supériorité du nombre ; leurs soldats devaient être animés par le succès facile qu'ils venaient d'obtenir; cependant ils n'osent l'entreprendre. Us se bornent à faire marcher leur aile gauche sur le grand mamelon, au-delà des étangs, et à détacher un bataillon sur le canal ; mais le feu des pièces placées sur la hauteur de Nicopolis, et quelques tirailleurs jetés dans le canal, les forcent bientôt à la retraite. L'aile gau-
che n'ose pas rester sur le mamelon et se retire. L'armée anglaise campe , la droite à la mer vers le camp des Romains , la gauche au canal d'Alexandrie, vis-à-vis la pointe du lac Maadiëh , et travaille de suite, avec une grande activité', à fortifier cette position par une ligne de redoutes.
Les ennemis eurent , dans cette affaire , quinze cents hommes hors de combat. La perte , du côté des Français, fut de cinq cents. Cette différence provient du petit nombre des Français , de la supériorité de leur artillerie, et de la charge du aa e , qui mit beaucoup d'Anglais hors de combat. Le général Lanusse fut légèrement blessé.
Ce dernier , ainsi que le général Friant , sentait que la position des hauteurs deNicopolis n'était pas susceptible d'être défendue , si l'armée anglaise l'attaquait, et qu'il était surtout important de s'occuper de la sûreté d'Alexandrie. Ils y laissent une forte avant-garde pour en imposer aux ennemis, et leur faire croire que leur intention était de la défendre; mais pour soutenir sa retraite, et préparer les moyens de résistance d'Alexandrie , ils firent réparer l'ancienne ençeinte des Arabes, et y placèrent la 4 e légère avec deux bataillons delà 18 e ; k 3 e bataillon de cette demi-brigade fut établi à la redoute commencée sur la hauteur dite de Cleopâtre; le 3 e bataillon de la 35 e occupa les hauteurs près delà colonne de Pompée. On travailla en même temps à perfectionner les fortifications. Comme la cavalerie devenait inutile pour la défense de cette
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place , et qu'il y avait peu de fourrage dans les magasins, on ne garda que le 18 e de dragons ; le reste fut envoyé pendant la nuit à Rabmaniëh , au-devant de l'armée. Elle eut beaucoup de peine à traverser le lac Maréotis , et dut s'éloigner pour trouver un chemin, jusqu'auprès du Marabou.
Les généraux qui étaient à Alexandrie firent partir, le ^5, un bâtiment pour instruire le gouvernement de ce qui s'était passé, et prévenir l'amiral Gantheaume, qu'on savait en route, de la position de la flotte anglaise.