CHAPITRE NEUVIEME
avais jamais eu. D'ailleurs, je ne tenais pas du tout à continuer à servir, et je ne désirais rien de plus (jue mon repos, et la liberté de rester au|)rès de la personne du roi, sans y être attaché par des places.
Le roi trouva que les propositions qu on lui faisait et (pi il (levait signer étaient trop vaf^ues, ([iic jdiisieurs d entre elles étaient susceptibles d'interprétations doubles, et qu il était nécessaire qu'elles fussent plus détaillées et surtout plus précises. J'allai le lendemain chez M. de La Fayette; je lui rendis compte de ce que le roi m avait dit; il me promit de me remettre la note telle que je la désirais. Il me la fit voir effectivement deux jours après. Je trouvai encore des objections à y faire, et il me témoigna le désir d avoir une conversation avec la reine avant de la remettre au roi. Je fus chez la reine, qui v consentit pour le même jour, et j en prévins M. de La Favette par un billet.
Le résultat de cette conversation, à laquelle le roi fut j)résent, fut qu'il ne voulut pas signer son approbation au bas de la note, mais donna un billet de sa main à M. de La Fayette par lequel il s'engageait au.\ rappels que celui-ci demandait, lorsque la Convention, ])ar ses décrets, aurait confirmé les propositions que M. de La Favette lui faisait, mais non auparavant.
Peu de jours après, la question de la nomination des magistrats fut discutée à l'Assemblée. M. de La
Fayette n'y parut pas, et par les décrets qui suivirent, les magistrats devaient être élus par le peuple, et seulement confirmés par le roi. J'en témoignai mon étonnement aux amis de M. de La Fayette, qui me pria de venir le voir chez Mme de Simiane; je m'y rendis; il y était déjà. Mon dilemme avec lui fut très court :
— Ou vous avez voulu donner la nomination des magistrats au roi et n'avez pu l'obtenir, ou vous ne l'avez pas voulu. Dans le premier cas, il est inutile que le roi vous accorde des sacrifices, puisque vous ne pouvez pas l'en dédommager; dans le second, il ne j peut ni ne doit se fier à vos promesses.
Nous nous séparâmes assez peu contents l'un de l'autre, et, depuis ce jour-là, je me suis refusé à le voir en particulier.
Il m'écrivit un jour un billet pour m'engager à aller chez le comte de Saint-Pricst, où il devait se rendre, pour discuter quelques articles de ses propositions. Je n'y répondis pas, et, au moment du rendez-vous, un , ami de M. de Saint-Priest vint chez moi, pour savoir f si je m'y rendrais. Je répondis que non, que si un ministre du roi avait des ordres à me donner, je devais les recevoir par lui-même , et que n'ayant aucun titre pour me mêler des affaires du gouvernement, je ne traiterais avec les ministres que par ordre du roi. Je répondis alors à M. de La Fayette comme ayant reçu son billet trop tard, et étant obligé d'aller