‹ Mémoires du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 34 sur 58 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Mrs (titic lions avec M. de La Fayette. — iSéjjoelutions secrètes avec lui et la luur. — Sa mauvaise foi les fait ccliouer. — Je cesse de le voir. — Relations avec, la reine. — Faiblesse du mi. — T.c roison{{c à s'échapper. — La fête de la Fédération. — La cour négocie avec Mirabeau. — Mon déjiart pour l'Angleterre. — La reine m'écrit de me rendre dans les Pays-Bas. — Séjour à Aix-la-C.hnpelle.

Le séjour (le Paris nrélalt insiipporlable ; tout ce que je voyais me révoltait. M. de La Fayette désira me voir; je ne m'y refusai pas, après avoir obtenu Tagrément du roi et de la reine. Nous nous vimcs chez Mme du Ghâtelet. Après qu'il eut lonptemps cherché à justifier sa conduite, et (ju il m'eut assuré de son attachement pour la personne du roi, mais (ju il ne pouvait manifester qu'autant qu'il abjurerait toute autorité arbitraire, je me bornai à lui demander après l'avoir écouté bien patiemment, s'il voulait jouer le rôle de Cromwell où celui de Monk, ([ue je croyais que tous les deux étaient dans ses mains. Il m'assura de son désir de voir l'ordre établi et qu il ne pensait qu'à en indiquer les moyens, et il me donna rendez-vous pour le lendemain.

Je rendis compte au roi de ma conversation; il

lapprouva, et m'ordonna de retourner le lendemain au rcndez-vons. J'y fus; M. de La Fayette me remit une espèce de table de matières du partage qu'il proposait de l'autorité entre le roi et la nation, par laquelle le roi conservait une autorité absolue sur laruiée, et aurait la nomination des jug-es, et la disposition des fonds qui seraient accordés pour les différents départements, de la guerre, de la marine et des affaires étrangères par l'Assemblée. Le roi aurait droit de faire la paix ou la guerre, mais les fonds extraordinaires pour le second objet devraient être accordés par la nation. Les officiers militaires n'auraient aucun pouvoir civil, et les officiers civils, ainsi que les membres de l'administration, depuis les membres de l'Assemblée jusqu'au moindre municipal de village, seraient électifs.

Ces objets n'étaient inscrits que d'une manière très vague. La Fayette désirait que le roi y mit son consentement. Il demandait de plus le rappel de quelques ambassadeurs, et de M. Bouille comme commandant de province. Il m'offrit dans ce cas de me faire continuer mon commandement, ce que je refusai absolument, disant que jetais décidé à ne plus retourner à Valenciennes que lorsfjue l'autorité du roi sur les troupes lui serait entièrement rendue, et que, même dans ce cas, je préférais être placé à Rocroy. Puisque je ne devais plus avoir d'autorité sur les habitants, je préférais aller dans un lieu où je ncn

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