LettbedkM. db PiiTSiEUx
1 «ieIle^AI<»ch (a
M, de Revenhuller a (ait passer presque toute son armée de ce cÔtéoi, leï premières troupes de ce général n'étant qu'ù deux lieues d'Ici. Il peut I, supposé que ce soit son dessein ) être sur nous en six heures de temps. On fait monter ses forces à 18,000 hommes et 13 pièces de canon ; celles de l'armée du Roi ne consistent qu'en 8 petites pièces de campagne, 10,000 fantassins effectifs et 1,600 chevaux. C'en seroit assez si les généraux mêmes , par une biiarrerie sans égale , n'aroient affecté de décrier notre camp depuis le moment qu'ils ont vu l'ennemi s'approcher, et de répandre que les troupes étnient découragée.9. Lesoolondsetlesmajorsdo tous 1e:S répments , informés de tous ces bruits, sont venus trouver M. le duc d'Harc^urt {*}, et lui en ont
(1) L'un lies généraux île la reine de Hongrie en Bavière. (7.) Comman'iBDt en clinr un des corpR Français en Bavière.
(3) Rur te Danube, entre User el la Vils, près de Deckendorf. On éolVlit ■lors Nieier ou ^Vider-Allach.
(4) M. le duc d'Harcourt avait BvccédA à M. le marquis de Ravignan, nwrt le tumai, ï Slrnubing,'au roHimandement des troupes françai^s en Bavière.
A L'Al^N^:^; |74ï.
marqué lear étoniiemeul , eu rassurant iju'it trouvcroit (ions k soldat toujours la méiiii.' lH)nD« volunlti.
paos cette |>ositioiiM. Icdiiud'IIaruoiirtatenii uiivoiiseil de guerre, daus lequel jl .1 été résulu do tenir ce camp-ci, et ({u'eu cas que I'dd y fAt attaqué, d'y Eaira epirer quulre balailkus palatiqset quelques escadrons bavarois,
Il est constant que ee camp est bon, et il avoit été trouvé tel d'abord par les génëraui mêmes ; mais pour qu'il soit détendu , il ne faut pas, CDinme od l'a fait sans rime ni raison, inspirer de la méfiance et de la crainle au soldat
M, d'Hérouville (1) vouloit qu'on se retirâtà Deckeudorf ;onlui a tait Toir que cela ne se pouvoit, parce que ce poste n'étort pas tenablc étant soumis à plusieurs hauteurs ; outre qu'il faudroit perdre, en se retirant , les magasins que l'on y avoit assemblés etceux qui étoient ici. D'autres étoient d'avis d'à lier jusqu'à Straubing; on leur a démontré qu'outre la teireuniue cette démarche inspireroit aux troupes, l'on y seroil encore sniviparM. de Kevenhullcr, et que ce seroil abanJonner a l'ennemi les deux rives du Danube et le baut Palatinat, et nous dter la communication avec l'armée de Bohême ; ou leur a objecté encore que le pays qui est à droite , à gauche etderrière Straubing, étant fort ouwrt, on perdroit l'avantage d'être supérieur en infanterie. Nous aurons dans quelques jours les dragons du Languedoc et douïe pièces de canon quinousviennentdeStraubing. Nos pouls commencent à descendre; H. le maréchal de Tornng a nni le sien A Pladiing. Les ennemis l'ont
Iioasqué sur-le-champ avec quelques troupes que les Bavarois ont l'écartées h coups de canon . et ils en ont retranché la téie ; ils attendent de jour eu jour six mille Hessois. Ce renfort arrivé , ils seront en iBtat de faire uue diversion , et le maréchal de Torriug a promis qu'il la feroit. Il nous est arrivé avant-hier bonne provision de poudre et de ]^lesdont nous manquions.
M. ie maréchal de Broglie (2) a écrit à M. le duc d'Harcourt qu'il toe pourroit le Joindre qu'à la Hn du mois , et il lui a répondu avec la vérité et la droiture de cœur dont lut seul est capable , que sa présence devenoit de jour en jour plus nécessaire , et qu'il le mipplioit instamment de presser son départ.
Les ennemis ont présentement deux ponts depuis Vilshofén Jusqu'à Pleinting. L'on dit (mais cela demande confirmation) qu'ils ont replié itié de celui qu'ils ont jeté h Pleinting vis-à-vis d'une Ile où ils ont établi, dès le commencement qu'ils y sont arrivés, une batterie
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APPKNDIOE.
de quatre pièces de caoon qu'ils out laissé subsister, et qu'ils tirèrent
sur nous il y a quiu^.e jours lorsque nous fûmes les lecounoltre.
Telle est notre position présente; elle pourroit être plus commode et plus tranquille, mais aussi ue paro!l-iI pas qu'on doive |)our cela Eonuer l'alarme. lïous sommes débarrassés des gros équipages, et l'on s'en passe fort bien. Il seroit à souhaiter seulement que le pain et la viande ue fussent pas si cher , car l'ofGcier a bien de la peine à vivre ; la paye de campagne , à laquelle il est réduit depuis le premira de ce mois , l'a mis au désespoir ; et en effet il y en a beaucoup qui manqueront réellement du nécessaire.
Niedcr.Allaich, Il Jain 17*2.
11 n'y a rien de nouveau dans l'armée du Roi ; les ennemis sont toujours dans la même position, et nous aussi, c'est-â-dire fort près les uns des autres. .le ne crois pas qu'ils entreprennent rien sur notre camp , à moins qu'ils n'y fussent encouragés par la retraite de M. le maréchal de Broglie à Pisek, que l'on a apprise hier ici, et qui a produit un assez mauvais effet, d'autant plus que n'ayant eu aucun détail de ce qui a occasionné cette retraite, l'on croit qu'il y a eu en Bohème une affaire considérable et qui n'a pas été heureuse.
Le restedenotrecavalerie, qui est toujours du cdté d'Amberg, nous joindra incessamment ; et après sa jonction, l'armée du Roi sera forte de 20 bataillons et de 30 escadrons , dont 8 de dragons ; mais les bataillons et les escadrons n'étant pas complets, cela ne composera guère que 12,000 hommes effectifs, et c'en est assez si les troupes sont fermes pour défendre notre camp contre H. de Kevenhuller, sup- ' posé qu'il ose l'attaquer, ce dont je doute beaucoup. Hous avons à présent 36 petites pièces de campagne. On se flatte que les Hessois arriveront dans huit jours à l'armée des Bavarois ; ainsi soit-il. Il est bien à désirer que cette affaire-d finisse promplement; chaque jour en augmente le poids pour le Roi et son État. Les hussards viennent de brûler plusieurs maisons à une lieue d'ici ; on a envoyé quelques piquets de cava> lerie après eux, et ils se sont retirés à leur approelie.
.Si quelque chose est capable d'engager une affaire , non générale , mai.'; particulière , ce sera le poste que nous tenons dans Winzer, i une lieue d'ici, que uous serons peut- Être oh lîgé.s de soutenir s'il est attaqué.
A L'ANIVËE KM.
4, Lettre de M. de Pdvsieitx a M""" u duchbssb dk Luynbs.
Nitdcr-AKilich, 21 Juin I7U.
M. de Kewenliuller cotnmeDce à manquer de BubtsiBtsDccs dans son
I eaitip. L'on sait par des espions que ce géoéral a intention An t'en
1 procurer, soit en nous attaquant, ou du moins en nous obligeant de
is dép08i«r; et il l'auroit peut-être déjà tenté s'il n'avoit été retenu
L par la considération des événements qui peuvent arriver en Bohême.
Ton peut conclure que si les affaires ne changent pas bientôt du
face de ce côté-là, nous ne tarderons pas à voiréclore les manajuvrts
auxquelles l'ennemi se prépare Journellement de ce cAté-ci. Il est
triste, dans de pareilles circonstances, de voir que iH. de Bouville (t),
qui deïoit étreje premier à rassurer les troupes de cette armée, soit au
contraire celui qui, par indiscrétion, y jette de la méfiance. Houb avons
présentement 20 bataillons faisant 10.000 hommes effectifs, plus 30 es*
cadrons qui en font 3,000. Dans six jours nous aurons de plus le pretnicr
bataillon d'Enghien et le second de la Marck.
L'on espère que les Hessois et quelques autres troupes joindront dans six jonrs les Bavarois, et alors ceux-ci pourront former un corps de 13,000 homnies, ce qui composera entre cui et nous une armée de 36.000 hommes avec laquelle l'empereur, |Hqaé au vif, voudroit fort que l'on agit offensivement ; ce qui ci:pcndant ne se peut guère jusqu'à ce que nous ayotis vu plus dair dans les affaires de Bohême et que notre pont de bateaux soit descendu.
M. le maréchal de Brogliea écrit ici , de son camp sous Prague. Enchanté de la grdce qu'il a reçue du Roi , il dit peu de chose de u Hsuatiott ; i) mande seulement que H. le priaee Charles n'osant pas l'iAlaquer dans sa posttioa , nons devons nous tenir trè»-ntsembte , et être fort attentifs aux détachemeirts qiie ce prince pourroit mtnyer ■ contre nouB; il ajoutequ'îl ne sera pas sitAlin, voulaM j reconduire airee loi les dix batainoos qa'îl a tirés de (vii« armén. faiM le ciel qcw «s anangemeuis particuliers ptûsent eonduire au bien f^htént.
i. I.«rniB t>BH. DE PCfSlILX
«■alff-AluM. » !«• tin.
Galles iwwiu fréàm deBoW«e,ctc(ilef foi tttumen fiemaat iodireetenMBt MM pins nfMn JinyiMl tr^at de HMurtr- S tnat'
su APPENDICE
fairea [je uc cesserai de le répéter) oese rétablissent pas tout à l'hei dece càté'Va pat quelque coup il'édat, il n'y aura plus que d^tria^esi rances à concevoir pour le tours de toute cette campagne. Les "" doivent joindre après demain les Bavarois. Le maréchal de Torring; dèjeî fort embarrassé de la subsistance de- ses troupes, ne sait comme il en fournira à celles-là, qui sdremcnt s'en retourneront aussitôt qu' les laissera manquer de la moindre chose. Dans celte extrémité, le néral deTorring a pressé vivement M. le duc d'Harcourt de lui fairs fournir des magasins du Roi les fourrages dont il avoit besoin; celuici lui a répoDdu qu'il lui étoit impossible, n'ayant encore pu jusqu'à présent rassembler des fourrages pour l'armée du Roi que pour trois jours au plus; ce qui n'est que trop vrai. Ce refus cependant a piquél maréclial de Torring.
Coimne il seroit insensé dans les circonstances présentes d'il de faire un seul pas en avant, j'entrevois que si l'on est forcé mettre la faux dans les blés, on sera aussi bientôt obligé de gradej- faute de fourrages, outre que ce malheureux pays-ci sera rementruiné ; à moins que M. de Kevenhuller, parla même raison. soit coutraint de se retirer en arrière , sans combattre (chose qui est à désirer, mats dont on ne doit pas trop se flatter). M. le maréefial de Torring est toujours dans son camp de Plading (1) , où je craim bien que par trop de conHance il ne se laisse surprendre, l'enDcmi ptf roissant vouloir jeter un pont à Landau sur l'iser. La destnictJen ê6i ce corps entralueroit la perte du nâtre, ou du moins une retraite fort;' précipitée. M. le duc d'Harcourt fait l'impossible pour persuader géuéral de prendre une autre position, qui seroit celle de venir couvrir le pont de Deckendorf [S); elle seroit beaucoup plus sûre â tous égards et nous mettroit plus ensemble. Le maréchal de Torring avoit paru d'abord y consentir; mais depuis qu'il se volt prêt à être renforcé par les Hessois , il croit que rien ne sera capable de résister, et il vou^ ' droit même eugager M le duc d'Harcourt à lui donner dix escadroM de son armée, ce que nous ne ferons pas assurément.