‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 40 sur 69 · Lettre de M. de Puysieux · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Puysieux

Nieder-Altaicb, 30 Juillet I74X

Les hussards nous ont attaqué ce matin une de nos grandes gardes de cavalerie ; c'est M, de Boufflers, capitaine dans Chepy (t), qui la commandoit ; sa bonne contenance et la valeur du lieutenant et du maréchal des logis de la mestre de camp du régiment de Ruysieux ont empêché qu'il ne l'aient enlevée ; ils nous ont pris , tué ou blessé cinq cavaliers de ces deux régiments; nous leur en avons aussi tué quelques-uns.

Nous avons appris qu'il y avoit eu hier une petite action entre les Autrichiens et les Bavarois, à l'avantage de ces derniers, du cdté

de(3) sur riser,au-de8Sousde Landau, Ueu où les premiers a voient

passé celte riviàre dans des bateaux, au nombre de quatre cents, et où ils paroissoient avoir quelque dessein de eommeoeer b construetioa d'un second pont ; les Bavarois leur ont tué ctnquaote hommes et ont perdu fort peu de monde.

Par Jes dernier» nouvelles que nous avons eues du eamp de M, de

KevenbuUer, Ton débitoit encore dans son année que ee générai se*

roit enfin oblî^ de nous attaquer, puisque nous ne vouJKfOS pas le

fairie (entrqirise aussi difificîie pour lui que pour nous et qu'il ne teo^

, tera pas).

(1/ LVa drs ffci^Mflis 4r cmlem de rangée d« MifécM de IM

Nous avons appris que la garnison de Frauenberg en Bohême avoit été forcée de ciipituier faute de sulisistances.

Il court un bruit coufus dans Passau ( et qui demande confirmation) que l'armée de M. le grand-duc avoit entrepris quelque chose sur celle du Roi, qui luiavoitforl ma! réusai, et où ce prince avoit même perda. quelques pièces de gros canons.

Toute communication étant coupf'c avec la Bohême, no cevons plus de ce pays-la que des nouvelles fort incertaines, et em très-rarement. Il faut espérer cependant que la reine de HoDgrie, qi aussi bien que nous, doit avoir hesoin de respirer, ne donnera pas av( glément dans les visions de l'Angleterre, et qu'elle ne rejetera pas eatièrement les conditions d'une paix honorable et avantageuse elle.

La désertion est moins fréquente, mais elle continue. Nous nom morfondons dans ce pays-d, sans savoir quand et pourquoi nous Ifl quitterons.

2b. Relation sub les ^!;vÊNBMEMTS i

Prague, I" août ('

Molrentci J iteoid

M. le maréchal de Broglie ayant reconnu quelques troupes qui étoient de l'autre côté de la Moldau, sortit deson camp avec 4,000 chevaux et2,500 fantassins, sous prétexte défaire un fourrage, passa la Moldau, et trouva S,000 hussards; il leschargea et les culbuta, etGttrentd prisonniers. Des troupesrégléesdesennemis étant venues pour sout les hussards, elles furent aussi culbutées et suivies tout doucement, enaeuheaucoupde tués et 30 ou 40 prisonniers. Mais les AutrichienEi renforcèrent successivement jusqu'au nombre de 15,000. M. le maréchal repassa la Motdau et fit sa retraite sans avoir été entamé. Nous avons perdu le lieutenant- colonel et le major du colonel-généri' valerïCjMM. Desmaretset deBrémont, capitaines de carahiniers, tut M. de Fournaise, ftèredu colonel, s'estnoyé dans la Moldau, val ayant eu peur. Nous avons eu 50 hommes, tant cavaliers^quedrag carabiniers ousoldats, tués; environ iSOdc blessés. L'action aélé trèsvive, et a duré sept heures. Les ennemis ont perdu 000 ou 1,000 hommes tués. Ilson't été hien frottés, quoiquesupérieursdc plus de la moitié. La relation des deux maréchaux de France s'accorde en tout, et notamment sur ce qu'il y a dans la viUc des vivres et des fourragea su moins pour quatre mois, sans faire sortir des bourgeois de la place- Le comte de Broglie, fils aîné du uiari'chal, est blessé d'un coup feu à la jambe ; elle n'i'st pas cassée. Il y a eu vingt o flic iera M. de Gramont-Falon a un coup de pistolet qui lui a cassé

iers de blesui'.J assé le poignet.H

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