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Il j- a eu ce matin une affaire qui a été assez vive ; les dragons n'y éloient point, et par conséquent Mf le:duc(le Chevreuse ne s'y est point trouvé II est en parfaite santé. Madame ne doit aïoiraueunc inquiétude pour ce qui le regarde. Voici ee qui a donné lieu h cette affaire. M. le marér.hal de Broglie a voulu faire un fourrage ; il a commandé tonte la cavalerie, 34 compagnies de grenadiers, beaucoup de piquets l'infanterie ; les dragons étoient aussi prSia à marcher ; mais M. le n réchal a cru apparemment n'en avoir pas besoin, elles a laissés pour garde du camp. C'est M, le maréchal de Broglie qui commandoit hiî* même ce fourrage. Les ennemis, qui en avoienl été avertis, aToient embusqué dans les bois, par où les fourrageurs dévoient passer, lUie grande quantité de pandours et de hussards, qui ont attaqué notre cavalerie avant qu'elle ait été formée en halaitle , au débouché d'un défilé. Le combat a été très-vif de part et d'autre. M, le Maréchal a repoussé deux fois les ennemis ; mais à la fin il a été obligé de céder au grand nombre, et il a fait sa retraite en bon ordre et a par conséquent abandonné le champ de bataille. Ou ne sait point encore au juMe la
A L'ANNEE 1742. Stl
perte que nous avons feite ; les uns la font monter à 200 hommes, d'autres à plus de 500 ; nous avons eu beaucoup d*officiers tués ou blessés; M. le Maréchal a lui-même couru un grand risque, un hussard étant venu lui tirer un coup de pistolet à quatre pas de lui. M. le marquis d'Ëgmont y commandoit son régiment, et y a donné beaucoup de preuves de valeur et de bonne conduite; mais son régiment ne Ta pas tout à fait secondé. Les carabiniers ont encore souffert prodigieusement à cette affaire. Je n'ai point ouï dire que M. de Vichy y ait été, je le crois encore incommodé. M, le prince de Soubise a eu un cheval blessésous lui, d'un coup de feu. M. leduc de Picquigny n'y a point été , M. le maréchal de Belle-Isle l'ayant retenu auprès de lui pour porter ses ordres dans la ville en cas d'attaque, conime on s'y atteodoit* Voilà tout ce que je puis apprendre dans ce moment du détail de ce combat, où les ennemis ont plus souffert que nous et où ils n'ont eu d'autre avantage que le champ de bataille qui leur est resté.