Lbttbe de m. dePutsieux
Nieder-Altaicb, 6 août 1742.
M. le comte de Saxe est arrivé sans que M. le duc d'Harcourt en ait eu précédemment la moindre connoissance ; et comme il n*a point apporté avec lui ses lettres de service, il n'a pas cru, quoiqu'il soit son ancien, devoir lui remettre le commandement d'une armée dont le secret lui étôit confié depuis près de six mois. Mais pour que le service du Roi n'en souffrit point, ils sont convenus d'agir de concert, jusqu'à ce qu'ils aient reçu des ordres de S. M. Ils ne se sont d'ailleurs disputés que de politesses, et de façon à faire honneur à tous les deux^ avec cette différence que l'un y a plus de mène que l'autre par sa situation.
Un nous flatte de l'arrivée de M. le maréchal de Broglie, et personne ne la croit ; on remet sur le tapis notre passage en Bohême, el les sentiments sur cela sont partagés. On regarde présentement la paix comme plus éloignée que jamais, et cela paroit assez vraisemblable. Les en- Demis nous laissent assez tranquilles depuis deux Jours. Si l'on agissoit offensivemeot contre eUK, ce qui ne se peut faire sans notre pont, ils se. reiireroieut bientôt derrière la ritière d'inn; mais à quoi cela conduiroil-il QVer, une situation telle que celle où nous Bohême?
2S. Lettre ns M. de Pdysieui.
niedtr-Albilcb. S aoAt <TjI& M. d'Harcourt, ayant reçu hier l'ordre de remettre le commande^ mentdecetle armée au comte de Saxe, alla le lui porter sur-le-champ ( et après lui avoir remis les papiers et les chifEres de la Cour, il bla les officiers généraux et leur (it part des volontés du Roi, T^e désÎD'téressement et le zèle que M. le duc d'Harcourt a fait éclater dans occasion, la dignité qu'il y a mis, les propos obligeants qu'il a tenus publiquement sur son successeur, lui ont mérité généralement les ^plaudissements et les regrets de toute cette armiée, qui fait sur cela àea raisonnements et des rcQe.vions dont je laisse le soin au public de voui< instruire.
L'on est persuadé, et avec raison, que nousquitterons incessamment ce campai, et comme ce ne sera sûrement pas pour aller en avant, l'on ne doute pas que ce ne soit pour aller en Bohême. Notre marche jusqu'à Égra n'aura pas des obstacles insurmontables, si les mesures sont bien prises; mais je la crois impraticable de là à Prsguei si M. le prince Charles et M, le Grand-Duc font ce qu'ils doivent. Mous avons tant fait de sottises que nous pouvons bien espérer que nos ennemis en feront ) leur tour ; et c'est en partie sur cela sans doute que nous fondons notre jonction à l'armée de Bohême. Quoi qu'il en soit, il est certain que dans des situations telles que celles ùù nous noussommes précipités insensiblement, il est bien difficile de prendre des partis qui ue soient sujets à de grands inconvénienta,
M. de Ronigseuk a déclaré à M. de Belle-lsle que la reine st mat* tresse lui avoit ordonné d'interrompre toute conférence avec lui, vott« laut traiter directement avec la Cour, supposé qu'elle Jugeât à propoS d'entrer dans la suite en quelque négociation. Cette circonstance, qui est vraie, est susceptible de différentes interprétations; mais il en résulte un point non équivoque, c'est que par la M. de Belle-lsle plus chargé de rien. Si In confusion et le desordre à nos maux, nous devons nous flatter d'une très-proeliaine
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