LSTTBB DE M. DB PUYSIEUX
Nieder -Altaich, 1 1 août I74X
l^otre passage en Bohême reprend crédit. S'il a lieu, ce ne peut être que dans la vue d'aller dégager le marécbal de Broglie, supposé quMl en soit encore temps, et de repasser tout de suite en France de compagnie, ou bien d'essayer de rétablir les affaires délabrées et sans ressources de l'empereur. Quoi qu'il en soit de ces deux différents objets, l'on pense que pour parvenir plus sûrement à la jonction dont il s'agit, il feudroit absolument que nous marchassions en Bohême tous ensemble. Bavarois et François, et que notre marche fût concertée entre le général impérial et le nôtre II n'y a qu'une objection à faire sur cela, c'est que par là on laisse la Bavière entièrement à découvert; objection fondée, et que l'on ne conteste pas ; mais l'on tient que pour la sauver il faut l'abandonner, et se borner à la garde des places ; car f le Roi veut encore soutenir la guerre en ce pays-ci (ce qui est devenu presque impossible), il faut nécessairement se résoudre à ne la fiiire qu'en un seul et unique endroit.
Nous continuons à jouir d'une assez grande tranquillité dans notre camp; nous fîmes hier un fourrage général, qui ne fut point inquiété.
Le maréchal de Seckendorf, qui étoit parti de B^lin pour se rendre à l'armée de l'empereur, y est retourné, ayant été arrêté en chemin par un courrier du roi de Prusse qui le prioit de revenir sur ses pas, sous prétexte qu'il avoit appris depuis son départ des choses de la dernière importance. Sur quoi, l'on dit que ce prince, peu satisfait de sa première infidélité, veut y mettre le comble en amusant l'empereur et en lui retenant le seul homme de guerre qu*il ait à son service.
M. le comte de Saxe ayant appris hier que M. de Reveohuller avoit envoyé du côté de Grafenau 8 à 900 Pandours et Croates, qui longeoient la Regen et avoient chemin faisant comme investi le détachement da S*" de Grassin, capitaine de grenadiers, qd étoit de ce côtélà poor établir quelque» contributions sur les frontières de Bohême et rassembler des foorrages, prit le parti d'^voyer deux détachements choisis, de 1,000 hommes chacun, afin de couper la retraite aux ennemis et les envelopper. L'un de ces détachements, commandé par M. de Clermont, s'est porté par la droite entre la Regen et Grafenau. L'autre, aux ordres de M. de Rambures, a pris sur la gauche; ils ont rencontré les ennemis , qui se sont retirés de bois en bois ; ils leur ont donné la chasse. Nous n'en savons pas davantage, ces deux détachements n*étant pas encore rentrés ; sous savons seulement que les ennemis nous ont blessé plusieurs officiers et grenadiers, qui ont été rapportés cette
nuit à notre camp. Od ignore du reste leur perte, et sTis se sont I
échappés.
Nous apprenons dans le moment que le détachement de M. deClentf mont a été celui quia rencontré les ennemis; on leur a tué ou blessé] 50 hommes ; ils nous en ont aussi tué quelques-uns.