‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 50 sur 69 · LfXTHEOB M. DE PdYSIEXIX · texte numérisé non relu

LfXTHEOB M. DE PdYSIEXIX

AAiteraten, proclie Striubing, le 7 seplcmbce t TO.

Notre retraite de Deckendorf sVst faite sans opposition, M, de Kevciihuller n'étant arrivé sur nous que dans le moment que nous bnlliouâ nos ponts. Notre marche avoit été préparée par AI. de Sainte Pem;el1e s'est faite sans confusion et dans un fort bel ordre, lies troupes impérialessont ici eaïupées avec nous. Nous devions en partir aujourd'hui, maison a jugé à propos d'y séjourner, toute notre armée s'étant trouvée extrêmement fatiguée.

Nous partons demain avec les Bavarois pour aller camper à Pfeter, à ta rive droite du Danube, vis-à-vis Werlh ; cette marche sera eticon longue et pénible ; nous irons le lendemain à Donaustauf, où nouK passerons ce lleuve. L'on croit que M. de Kevenhuller se porte actuellement par l'autre côté du Danube â la hauteur du dit Donanstauf pour nous en chicaner le débouché; ce qui paroit d'autant moins vraisemblable que ce général a encore une partie de ses troupes à Landau, d'où il uous a même détaché plusieurs troupes de hussards, qui nous ont attrapé quelques tralneurs. L'opinion coRimune est que nous allous joindre M. de Mailtebois à Nuremberg. Si cela étoit vrai, l'oii pourrait en conclure qtie l'ûitention n'est pas de nous porter jusqu'à Prague, mais d'en faire seidement la démonstration.

On ne parle presque plus de paix , tout semble au contraire annoncer nue guerre générale ; mais le petit nombre de gens sensés u'ea! croit pas un mot, trouvant avec raison que r.lngleterre, qui seule pa-^ rott en fomenter la prolongation, n'est pas plus en état que nous àe la! faire, et que la reine de Hongrie doit aussi avoir grand besoin deiepco,^

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AU L'amiiileFurUi, fra Nureuilierg, 9 sapleiabrel^U.

Notre première diiisionde M. le maréchal de .M^illebois est arrivée 1 hier id; il séjourue aujourd'hui et demain, et peut-èire quelques joun j

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A L'ANNÉE 174a, 845

'de plus pour atteodrc les autres divisions. La seconde arrive demain. Peux brigades de cavalerie et dix compagnies de grenadiers de la dile division sonlarrivésaujourd'hui;elnolredélachemenl, de pareil nombre de grenadiers et de 1,400 dragons, qui adéjà marche euavant, est parti motio pour prendre la route d'Amberg et assurer nos fourrages, us avons outre cela plusieurs dctaehenienis sur la droite et la gau- 3 qui fouillent les villages et les bois, et couvrent notre marche. M. le Maréchal a reçu ce matin un cournerde Dresde; ce qui confirme de plus en plus l'opinion où l'on est que le roi se déclarera en notre faveur. On croitqucnous nepasseronspasen Bohême par Égra, et que nous prendrons noire route par Pilsen, y ayant cinq autres passages sur la droite 'd'Égra. On avoit craint que les ennemis ne s'emparassent d'Amberg ; on ^ a fait quelques réparations. Les équipages de l'armée de Bohême qui étoient ici et qui se soEit repliés sur nous dans notre marche, par l'alarme que lui avoient donnée les hussards, nous suivirent; il y en avoit eu beaucoup d'égarés, qui ont presque tons rejoint ou ont élé ramenés par les paysans après les avoir, volés. Nousue sommes ici qu'à une bonne lieue de IVureinberg ; cette ville, qui est libre et impériale, parolt très-affeetiounée pour la maison d'Autriche ; elle a reçu leshussards de la reine de Hongrie, auxquels les habitants ont enseigné les logements de quelques officiers françois de l'armée de Bohême, qui ont été obligés de rester dans leurs logements pour n'être pas insultés par ces coquins ; ils en sont arrivés ce matm et en ont informé M. le Maréchal. Cette ville dans une autre circonstance mérileroit une correction. Hier, sept hussards autrichiens, armés et montés, se rendirent à trois ou quatre dragons sans armes, à un village à portée d'ici et se déclarèrent déserteurs ; on les a amenés h M. le Maréchal ; leurs chevaux sont fort maigres, et ils étoient de ceux qui ont donné la chasse aux équipages de l'armée de Bohême.

Depuis ma lettre écrite, j'ai ouï la lecture de celle de M. de Belle- Isle; elle porte une relation des avantages remportés depuis le 22 jusqu'au 29. 11 fait monter la perte des ennemis dans les diférentes sorties à 7 ou 8,000 hommes, 12 pièces de canon emmenées dans la place, un plus grand nombre enclouÉs et 4 mortiers encloués, au point que le prince Charles, qui retire ses équipages, a demandé â entrer ennégodatîon, et pour préliminaire il offre d'évacuer la Bavière eu évacuant la Bohême. Sur quoi nos maréchaux lui ont fait réponse que ce n'étoît plus le temps de faire des propositions, qu'elles seroient moins écoulées que jamais, présentement que le maréchal de Maiiiebois arrive ù la téle de 50,000 hommes.

Il est arrivé ce soir im second rourrier, qui porte la même nouvelle ; sur quoi M. le Maréchal en a dépéché un à la Cour.

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