‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 2)Chapitre 65 sur 69 · Rblation bb cb qui s'est Passé à Lbitmbbitz (3)^ depuis · texte numérisé non relu

Rblation bb cb qui s'est Passé à Lbitmbbitz (3)^ depuis

LE 18 NOYEMBBE jusqu'au 25 (4).

Le 18 novembre, les ennemis répandirent le bruit^ dans les quartiers qu'ils occupoient autour de Leitmeritz, des deux côtés de l'Elbe,, qu'ils alloient se replier en Autriche ; cette nouvelle fut confirmée par les ordres de partir que reçut, le 19, à trois heures du matin, le quartier de Broschan, de l'autre côté de l'Elbe, sur TEger.

Le 19, les mêmes nouvelles furent confirmées par tous les paysans.

(1) Cette lettre est probablement de M.'d'Havrincourt.

(2) Le maréchal de Noaillea.

(3) Leitmeritz, ville de Bohême > sur TElbe, un peu à gauche du confluent de l'Eger.

(4) Cette relation est du marquis d'Ârmentières, colonel du régiment d'Anjou et brigadier des armées du Roi , qui commandait la place de Leitmeritz , dans laquelle on avait mis 800 hommes de garnison.

m» APPENDICE

Le 30, les Croates qui avoient le poste le plus avanœ vers Lritinerils,^ ducôtédeSahorsan, ne parurent point à leur ordinaire dans k jour; il nous fut rapporté par les paysans que les troupes dévoient s'en aller. Dans la nuit du 30 au 31, on apenjut de grands feux du cdté d« Sahorsan, ce qui me fit prendre le parti de doubler mes postes et de fair^ coucher tout taaliillé le reste die la garnison.

Le 31 au matin, à huit heures, je fis sortir la patrouille ordinaire de hussards, qui me rapporta qu'il uV avoil rien de nouveau. Sur les dci heures du matin, on dt paroltie une troupe de hussards et plieietns uoupes de cavalerie suivies d'environ 3 à 400 Croates ; on vit distiartemeni des officiers généraux se promener autour de la place et la remnnoitre; ils établirent les Croates dans le fauboui^ de rÉvéché, d'où ils tiraillèrent toute la journée sur nos postes, sur lesquels la supàiorité du terrain leur donnoit avantage; incoavâiier>t auquel j'avtMS nmédté en faisant enterrer et traverser les postes le plus qu'il éloit poisible. La place reconnue , la cavalerie se replia , laissant les villages les plus voisins de Ldtmeritz occupés par des hussards. J'eus iio>jvdle ijaus la journée qu'ils avoient promis le pillage de Leitmeiitz â leurs Cioales; j'ajoutai foi a cette nouvelle, croyant qu'ils poamieai être presses de prendre Leitmeritz. Sur ce , vu la foiblesse de n» ^imism et l'étendue de ma place, je pris le parti de faire coucher tout te monde à son poste, a fis mettre le feu à qoelqties maisons du ^booi^, dont la supériorité de ta position pouvoit beaucoup m'tneoauDoder. Toute la nuit se passa tranquill«nent , à la réserve de quelques coups de fusil qd furent tirés du faubourg.

Le 33, sur tes neof heures, on ^ii paroitre une grosse eoloan^de cavalerie, que je jugeai être de 3,000 chevaux ; ils postênK a arrnaat leurs grandes ^rdes fort près de la ptace , et se mirent e* bataille la ^ucbe vers te haut Elbe. La cavalerie fol suivie par une grorae nlonœ d'infanterie dont les Croates aroient la tête, et jeîo^ev qui pouvoit y avoir 4 ou 6 batailkws de troupes léakes; ds défiUs«Bl les uns et les autres, avec iffectalioo. près de ta pbee, ce ^ ne bv cloil pas nécessaire pour entrer dans leur camp. Quand le camp fa «^, M. le comte de WalUs .1) m'envoya on trampette fOrWmftiat MUe pow nw socnmw de me rendre, à laquelle je lépoadB hukumiiUlmuiI à rbctuteur des armes du RoL En mtee li b^ii qne b tAe de InBS tronfKS parut en deçà de l'Elbe, on corps de M0 A/eam s'anaçi wnrshtfie du pont, de l'autre cAb de cette mièfr. DHsb)o«néc,

(l}bèMtil icI'amMMtriaâtMCt&arr f«b |riK» dcLoèlavib dr

ils renforcèrent leur poste qu'ils avoieut à TËvéché , et dès ce* moment jusqu'à la fin ils ne cessèrent de faire un feu très-vif et très^suivi sur la partie du rempart qu'ils pouvoient voir et sur le faubourg à la queue du pont. Le même jour, ils prirent poste dans le faubourg sur le haut Elbe. Avec si bonne compagnie et si voisine de moi, je ne pus me dispenser de faire coucher au bivac toute ma garnison.

Le 23 au matm, ils nous tirèrent beaucoup des deux faubourgs; ils s'accommodèrent dans celui du haut Elbe, et toute la journée se passa à se tirailler de part et d'autre. Sur ce qu'ils firent passer la rivière à des Croates, je crus qu'ils en vouloient à la tête de mon pont, que je ne pouvois pas soutenir, vu la foiblesse de ma garnison , ce qui me détermina à en faire couper une arche dans la nuit du 23 au 24. Pendant cette même nuit, des patrouilles des ennemis s'approchèrent assez près des postes avancés ; ils se firent feu réciproquement. La raison du peu de monde que j'avois et du voisinage des ennemis subsistant toujours, tout mon monde coucha cette nuit au bivac.

La nuit du 23 au 24, ils établirent une batterie de deux pièces de trois , qui tira le 24 au matin , à la pointe du jour, sur une chapelle re* tranchée qui couvroit la porte du faubourg du haut Elbe et sur l'église Saint-Laureût , dont le feu incommodoit beaucoup les troupes postées dans ce faubourg. Us continuèrent d'en tirer jusqu'à dix heures, et pensèrent tuer M. Duglar. Dans la matinée, le feu recommença trèsvivement dans les deux faubourgs et se soutint toute la jpumée de même. M. de Ruffé, ingénieur, et un lieutenant d'Alsace furent tués, et M. le dievalierde Ballode, lieutenant dans Languedoc, blessé. Ayant remarqué dans la journée que les ennemis en vouloi^t à la chapelle qu'ils avoient canonnée le matin, j'en fortifiai le poste et y mis un lieutenant et 30 hommes, que je fissoutenir, à l'entrée de la nuit, par uae Compagnie de grenadiers ; ce que je jugeai être plus que suffisant pour mettre ce poste à l'abri d'insulté; et de plus j'avois fait tout préparer, en cas d*attaque vigoureuse et qu'on ne pût soutenir ce poste, pour y mettre le feu; Sur les cinq heures du soir, je vis défiler 5 à 600 Croates qui allèrent rraforcer le poste dans le faubourg de TËvéché; ce qui me fit croire qu'ils vouloient tenter quelque chose dans la nuit et me fit porter une attention particulière sur la partie des Dominicains , partie la plus foible de ma place, que Je n'avois paseu le temps de (aire palissader en oitier. Je savois aussi qu'ils avoient des échelles. Toutes ces choses me déterminèrent à fonre coucher ma garnison au bîvac.

La nuit du 24 au 25, entre une heure et deux, les ennemis tirèrent deux coups de canon sur la chapelle retranchée, et en même temps des grenadiers se présentèrent pourFattaquer. T>e lieutenant qui y com* mandoit soutint fort foiblement leur attaque, et plus oampé de sa retraite que de œ qu*il avoit à faire, oublia de mettre le feu. Quoique T. IV. 24

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jt sentis riiaporUinue d« ce posW, je ne Toulua point y envoyer de coiiipagnttv de grenadiers pour le rupruiitlre, ijui ne pouvoieot déboucher et BU former pour cette attaque que sous |e feu des grenadiers ennemis ppat^$ dilM les maisons lirillées qu'ils avoient crénelées, et qui auroient trouvé une reâstauce insurmontable dans la chapelle occupée par les ennemis. Ces raisons m'emp^chèreut de irpubler les ennemis autrement que par un grand feu, et j'ordonnai en même temps qu'on s'enterrât à travers sacs dans \e$ postes que cette chapelle pouvoit voir d'enRIade et de revers, ce qui se lit dans la nuit Sur le£ cinq heiu^ du matin, les ennemis parurent a une barrière du faubourg de ta queue du pDqt, du côtédutiaut Elbe. L.e sergent qui y étoîtpoaUl lit feu, et en sp repliant mit le feu à la maison où il étoit, comme il lui étoit ordonné i le poste de b seconde barrière le reçut. Quelques mo> ments après, par un malentendu et sans ordre quelconque de mof. l'on mit le feu au faubourg intérieur, ce qui força les troupes à se retirer. Les barrières du côté de l'Évêclié aliandonnées, les Croates entrèrent dans le faubourg, d'où, au travers des llammes, ils montèrent dans les fausses-braies et firent effort pour pénétrer jusques dans layille, ce qui n'étoit pas upe tjespgne bien difficile, le faubourg abandonné ; ce qui me détermina à rappeler; et je profitai du moment (lu pourparlcr pour poster la meilleure partie de iqes troupes dans ce càté if la ville que les Croates, malgré la suspensiou d'armes, vouloient foCr^ cer, et où ils tuèrent M. de Ballode, capitaine dans Languedoc, trëf-^ twu s^jet. Detoutesces circonstance s il résulte qu'il n'y avoit point 4^1 parti à prendre que de capituler, et l'on ne poiivoit par les veilles T forcées espérer mieuii d'une garnison qui s'affoibtissoit et que les fa- 1 ligues continuelles mcttoient presque bors d'étal de rendre aucun coii^ j bat. Ma garnison étoit déjà affotblie de 100 hommes et étoit réduite \ I 692 combattants ; ils avoient à garder une enceinte de 947 toises, )iOit ] Mmpris lefaubourgdupont.

LeUre de M. le comte de ff''aliU à M. le ntarguis d'Jrmettéiéret.

^Qsieuii le porps que vous voyez ici est un détauberaent de l*a^ née de H*' le prince de (.obkowiu, qui a les ordres de se rendrumaN tre de Leitncritï à quelque priv que cela peutétre. Les uouditioiu ' que jepeut vousoffrir sontde remettre la villeaux troupes de S- M,R. d'Hongrie et Bohême efi vous reudant prisonnier de guerre.

Les magasins seront consignés aux susdites troupes, les équipagei | de MiU. les officiers leur seront conservés sans aucune violatioih L'endroit dans lequel vous vous trouvez est incapable d'une défoisa;

vous devez savoir qu'il ne vous reste ni secours ni retraite a espérer, et je seroisen conclusion très-mortifié de vous voir, en cas de refus, vous exposer à la cruauté d'un assaut, dont vous connoissez la fureur, l'affaire venant à être poussée à cette extrémité. Je suis^ Monsieur,

Votre, etc.

Signé : Le gomte db Wâlus.

Réponse de M, le niarqtds d'Armentières,

À Leibnerits, le*22 novembre 1749

Monsieur, je reçois la lettre dont vous m'honorez, d'ai:yourd'hui» datée de Sahorsan. Nous ne sommes point ici troupes à craindre les horreurs de l'assaut; nous sommes encore loin de l'essuyer. Le moment arrivé, vous trouverez dans les troupes du Roi mon maître leur valeur ordinaire. Toute la garnison s'est promis réciproquement de se défendre jusqu'au dernier moment. Je suis bien éloigné de croire de n'être point secouru : M. le maréchal de Belle-lsleue me laissera point prendre. Connoissant la façon de penser de V. £x. et de celle de M. le prince de Lobkowitz, je suis persuadé que vous approuverez la mienne et qu'elle me vaudra l'honneur de votre estime, que je serai charmé de mériter (1).

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