Mémoire de MM. /ex diics{l
Sire,
Les ducs et pirs, instruits des mouvements que se donnent les, princes légitimés pour obtenir uu rang pour les cufaiils de M. le duc de l'enthievre, distingué et inunédial après les princes du sang, ne peuvent se dispenser d'exposer à Votre Majesté leur surprise et leurs alarmes.
(]es tentatives, contraires au\ lois irmnuables de la monarchie ©taux
(I) Ce nuiinoire n'a point <Xi: ilonnc au Roi Celui qui a élii remis il S /M. est le i^ui^ant. (Aoleduduc de I.iiijnes.)
APPENDICE
droits Ac la pairie, n'ont jamais éprouvé qu'une faveur iiassiigère , lorsque quelques-uns de nos rois, trop prévenus d'affeelion pour leurs propres enfants naturels et élevéssous leurs yeux, ont voulu en leur faveur renverser les lois primitives du royaume, et leurs surcesseurs ont hifutûl fait tout rentrer dans Tordre. C'est ainsi que Votre 3la-
jesté l'ii a usé par la déclaration du i)eu de temps après
son avènement au trône, et, voulant par la suite donner des marques d'une aftVetion particulière, a rétabli une parlit' de ee qu'elle avoit ôté , [Mur MM. du IMiiine et de Toulouse seulement, comme une grâce fortflte sur ttn motif (pii leur éioit sï propre H xi shigitlier que dans la mdtp des temps H ne pourrait pas être tiré à conséquence; ce sont les propres termes de Tédit, monument respectable de votre volonté réflédiie depuis votre majorité. Vous vous réseniitcs de prononcer seulement sur les rangs de leurs enfants, encore qu'ils les eussent possédés comme leurs pères, (AHto réserva a donné lieu à la
déclaration du sur lequel Votre A!<)jesté a étendu ses bontés en
faveur de celui dont ils avoienl joui [sic]:, mais elle n*a jamais prononcé pour les enfants de ceux-ci d'antre rang que celui que leur donnent leurs pairies.
f l'est donc avec une juste surprise, Sire, que tes ducs et pairs voient que, maliîré la façon dont Votre Majesté s'est expliquée si solennellenuMit depuis sa majorité, les princes légitimés fout de nouvelles tentatives pour un rang à leurs enl'auts, sans que les ducs et pairs puissent rifn apercevoir du motif qui puisse autoriser cette nouvelle prétention. Quel événement, quels services éclatants peuvent-ils exposer pour porter Votre ^lajcsté à défaire ce qu'elle a fait cl à changer totalemeol des décisions si authentiques et renverser Tordre des lois ? et ne voientils pas dans les enfants légitimes de Votre Majesté une .lîminution considérable dans leur rang à chaque génération qui s'éloigne du trône, et le rang de fds de France diminuer dans leurs enfants qui n'ont que celiu de petits-fils de France , dont les honneurs sont encore fort diminués dans les enfants de ceux-ci, lesijuels n'ont que celui de princes du sang, dont la dij'féraicc est fort t^:inde,
Ku faisant partir les princes légitimés du plus haut point d'élévalinu et sans exemple dont aucun soit jamais parti, pourquoi leurs enfauts et leurs pelits-enfaints iréprovivcroient-ils pas la même diminution? et pourquoi les pelits-enfanlsde MM. le due du Maine et comte de Toulouse scroient-ils surpris de trouver la nu'uie diniimitioa dims chaque génération? et pourquoi les enfants de M. le duc de Peiithièvre ne seroient-ils pas contents des honneurs que Votre Majesté leur a snlennclSement déslsnés par ses édîts et déclarations et de ceux que leur naiss-mce ne leur donnoit même aucim droit d'espé» rersans des gr;\ccs singulières ?
Conmieul doue les arrière-pelits-(tl9 légitimés de LoiiisXIV ost>iit-ils imaginer de précéder la première diguilé diiroyaump?En effet, les pairs y out toujours teuu le premier rans; its sont dnns leur iuslîtutiou les premiers ofticiers de la couronne. î-es pairs eeelésiastiques n'ont reçu aui'un changement à leur première institution, et c'est de leurs mains que le Roi, ainsi que des plus aneieits pairs laïcs, reçoit pour ainsi dire les plus augustes m;irques de sa puissance souveraine.
La loisalrque, en excluant les filles de la courouHe, endésignant à !a eouroiine un héritier présomptif *t des héritiers nécessaires, a fondé l'idée du respect que la plus haute noblesse doit pu sang de ses maitres ot qui peuvent le devenir. C'est avec nppiaudissement que l'on a vu bs rois predéeesscurs de Votre Majesté donner la .supériorité prééminente aux princes tégi limes de sou sang, destinés a rtiparer la perle elfroyable que fait le roj^aume lorsque la branche directe vient à s'éteindre. Voilà le fondement de ces droits et honiK*urs éaiiuents dont jouissent les princes de votre saniç, non-seulement en France, mais eu Europe, motifs qui leur sont persoimels et ne peuvent être convmimiqtiés qu'entre ceux qui portent par leur naissance le droit de commander h la nation.
Et de quel droit les arrièrc-pelits-fds légitimés , confondus avec le reste de vos sujets, peuvent-ils espérer des préséances et un rang intermédiaire? A quel titre renversera-t-on en leur faveur les lois fondamentales de la pairie et les edits et déclarai ions que Votre Majesté elle-même a doJinés, et quel motif pourroil la déterminer à porter une atteinte aussi funeste à une dignité que Votre Majesté a intérêt de ménager pour réiiMilatiou de sa haute noblesse , et pour mainlenir l'égalité avec les dignités des autres royaumes de rKuroiH', (jui ont toujours correspondu avec les princes de l'Empire, grands d'Espagne, etc. , mais qui seroJent forei's d'y céder si Votre Majesté, au lien d'en (nainlenir la sphnideur avet! l'attention des rois ses prédécesseurs, la laissoit avilir par des préséances aussi fâcheuses, ou par la diminution de« honneurs dont ils ont joui.
Ils ne peuvent se dispenser de marquer en cette occasion la douleur qu'ils ont ressentie de voiries duchesses privées, le jour delà Fête- Dieu, de la distinction dont elles avoient toujours joui d'avoir des parasols, et de n'avoir pu même conserver quelque distinction d'avec cwix que Votre Majesté a permis à toutes de porter.
Ils avoient toujours eu l'honneur de suivre Votre Majesté le vendredi saint à l'adoration de la croix et de la servir le jeudi saint h ia Cène; une dispute de préséance entre les ducs et MM. de Vendôme lit suspendre les fonctions de ces deuv cérémonies dont ils se trouvent cependant privés quoique MM. de Vendôme ne soient plus, et que, cédant au rang actuei des princes légitimés, il ne pourroit y avoir aucun