‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 3)Chapitre 35 sur 94 · Bulletin envoyé du camp som Menin, le 29 mai · texte numérisé non relu

Bulletin envoyé du camp som Menin, le 29 mai

Le Roi a été hier au soir à Touverture de la tranchée; il partit à neuf heures du soir, et revint à minuit et demi. Il ue s'est pas tiré un coup de fusil , mais les assiégés ont twmtnencé ce matin à cinq heures à tirer tout leur canon; o» ne leur y point encore répondu parce que nos hattcries ne sont pas faites; on compte qu'elles le seront apres-de,maiu matin, mais il sera extrêmemeut difficile d"y conduire le canon, la pluie ayant recommencé aujourd'hui et les diemins étant affreux.

Le travail de cette nuit est de 2,000 toises; la première el la seconde parallèle ont été mmmeueées en même temps ; elles sont présentement perfection tiées, ainsi que les tranchées qui eommuniquent de l'une à l'autre. CetouvTagc s'est fait en moins de vingt- quatre heures. On doit ouvrir cette nuit la troisième parallèle qui sera au pied du glacis. Les assiégés ont fait toute lis journée un feu fort lent de leurs canons; ils paroissent tirer sans aucune direction fixe, et uniquement pour brûler de la poudre. Ils n'ont pas de grosses pièces; ou ne leur a reeoumi qu'une pièce de 12 ou environ; le reste n'est que de petites

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piecîSs l't des biscaïcns et fauconneaux ; ils n'oat fait encore fluiuu feu de mousqueterie. Ce détail ne regarde que l'attaque de la gauche, qui est la vêritaLle. La tranchée a aussi été ouverte hier à la fausse attaque

tdt!vant l'niivrage à cornes, que M. le comte de Clermont commande. L'Inondation augmente tous les jours; elle commence à gagner le quartier du Uoî, où on a déjà relevé le pont de plus de quatre pieds ; on prétend que les assiégés ont encore deux pieds d'eau à douucr, et qu'il y en a déjà huit pieds de haut dans la ville, de dix qu'il doit y avoir quand toutes les eduses sont ouvertes. Cette inondation fait regorger plusieurs ruisseaux qtii donnent de l'eau dans quelques endroits de nos iranchées;on y est partout d.iusla boue jusqu'aux pcnoux. i Trois cavaliers de !n garnison deMeiiin qui étoicnt sur les glacis ayant été invités par des grenadiers de Piémont à venir boire de l'cau-dc-vic, ils y sont venus parce quilsu'avoient point encore comniencé les liostilites de leur côté ; mais le canon de la place ayant commencé à tirer comme ils s'en retoiirnoient , les grenadiers ont couru après , les ont pris et amenés au Roi à son dîner. On ne sait s'il les renverra,

4i. Bulletin envoyé du camp devant Meniii, du 31 mai 1744,

MSI. de Clievreuse, dePicquigny et d'Auraont ont été l'après-midi , a la tranchée.

A l'attaque de la gauche , on a fait fort peu d'ouvrage; ou Ji'y a pas encore tiré un seul coup de canon ; les batteries ne seront prêtes à tirer que demain matin. On ne peut y mener le canon que la jmit à cause du peu de stlreté des trauchées, mais on comineoce ce soir à jeter des bombes.

L'attaque de la droite est plus avancée ; les batteries y tirent depuis vendredi, et il va déjà brèche à l'ouvrage à cornes.

Les assiégés ont fait aujourd'hui très-grand feu de tonte leur artillme el out jeté lueaucoap de bocnhes; depuis vingt-quatre heures , nous n'avons eu que sept ou huit hommes tués ou blessés.

&1. le maréchal de Saxe a fait un détachement du coté d'Oudenarde tqui a donné la chasse à un corps de hussards au\ environs de cette place. M. de Mézièrcs y a pris par le collet et amené prisonnier un oflicier de hussards démonté qui s'étoit jeté dans le cSiemin couvert; nous y avons perdu un officier de hussards et douze ou quinze hommes, et les ennemis davantage. Ce détacberaeut avoit pour objet d'établir des contribtilious. de connoître le pays et s'assurer si les ennemis se rassembloieul; ou ne sait quand ils pourront le faire.

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