‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758) (volume 3)Chapitre 36 sur 94 · y2 APPKNDICK A I/AIV.fNKE I74i · texte numérisé non relu

y2 APPKNDICK A I/AIV.fNKE I74i

12, UuUetin envoyé du camp devant jMenin, du l" juin.

I.ies odvragfôi du la gaut- lie ne sont gtière plus avancés que la pre» mièro nuit, muis ils sont iierfeclioimés. Il y aura à cette attaque vjiigtlujît ou treille piècw de canon qui eonimeii«erout à tirer demain matin; six ou huit mortiers ont déjà tiré dt'puis huit heures du soir; il y en aura quatre hatteries de huit chacune. On a perdu celte nuit à la gauche six soldats tués et deux blesst's.

On a jjouissé à la droite la tranchée jusqu'au pied du glacis de l'ouvrage a cornes; nous n'y avons perdu personne parce qu'où ne tire plus de cet ouvrage depuis hier. On croit qu'ils l'out abandonné; il y a brèche au bastion gauche de cet ouvrage.

ANNEE a/uK

rptraUfi de l'ablw «le Salabéry et ses moUrs, — Mariage ilu carntf <le Brionnp.

— Nnineaiix rlievaJiers «le l'onlre lîii Sainl-Epsdt. — Grnndes>e du |irin4:iï<1e neaiivau. — Le nuréchal <le Ot^tle-lsle et fron TrèrH failg prison-' nlors. — Présentation r!e lu cniiilesife rît-, Grifinne. — Dames de Ja du» cliess* (le Pi'tilfiièvre. — Seniienls ilu coailjntfiir <)e Strasboiirij comme {•niiiil aumônier en survivance eL ci>iiimanili>ur \ic l'ordre du Saint-Ksprit,

— H(-|!iniHil donné. — lluttiluiles iln (lui. — Malnttie de l'aïubassadeur de Venise; nsiif;e pour le;; iiinladieii des anihas^adcurs. — l'rcsentatians cht'i la iluc liesse iJc l'entliitvre. — Mouvement dans l'aris an sujet des actions de la comfiflgnie di«î Imles. — [>euTl |»o']r la murliie la ducliesse de Lorraine.

— M. de Laval-Montmorency fuit granil-cliamhcllan du roi de Pologne. — Mort du marqui de ra!<ltfl dusItliH. — Mort île l'ambassadeur de Venise «■I de la iiiaréctiHie d'Kstféeiî. — Arrivée de M""^ de Lauraguais. — iCnIrecs rlie/. le Rui. — Opéras du pitële Roi, com|Hisés pour te mariage du I>au- |diin ; pi éférerice donnée à Vol luire. ^ Ri'simenls donnés. — [jc cbevatier de Meust!. — Le cbevalier Coiirteu est envoyé en Prusse, — Arrivée des galions (fEspat^rie. — Réj-imnils. donné;!. — Cliiin!i«!nienls itans J;i jjendarmeric. — Faniilie de fîraïunat-Falon. — Assemidéeji dc-s artionnaircfii iJe la «onipa^iue Je.s Itides. — Arrivée de la Daufilùnp en l'ranre. — Exii de M. delà Mina. ^ Dopait ilu rnariiubal de Srbmetlau. — Satisfaction de la cour d'Angleterre à propo.sde l'arrestalion du maréclia^ de lielle-Isle. — Cliangement aux entrées clie/. le l^oi. — Lellres de la Danidiineau Roi, à la Reine et au Haupliin ; délails sur cette prineesse. — Botitiquei^ de Nantes données à M""' de L.urrasuais. — Aiieixlocle sur M"<= de Cbâteaurau\. — Pféâentation.s de Mmci d'Aiiliigné et de Puyséj^uî, — Cessation de l'esil de M. de Cotirt. — I-e clievalirr de Meuse. — Mort de l'empereur Cbarles VIL — Anecdote sur M"'* de Valois, depuis ducliesse de Morîêne. — Assemblée du Clergé. — Mariage du comte de .Mailleliois. — M. de Sade envoyé auprès de rélecteiir de Cologne. — Mort de l'ablic Pucelle, — Entrées de M'Of de [Îelle-Isb; (lie/, la Reine. — M""" de Lauraguais va cbeila Reine.

Du vemlredi i" janvier. — l'ai oublié de marquer t]ue M. Tabbé de Salabéiy» conseiller au Parlement, qui étoit chef du conseil de M. le duc de PenlhièvrCj s'e.st relire depuis peu de jours; cela s'est passé avec toute la

254 MEMOIRKS DU DUC IJI-: LUYNES.

politesse possible de part et d'autre ; mais M. de Salabéry a pris son parti sur ce qu'il a vu que Ton croyoit avoir lieu d'iVtre inécontenl de lui par rapport à la faillite du irusoricr de M. l<;diic de Peiithièvrej que l'on estime être de 7 à 800,000 livres. M, de fealabéry ne se pliiint en aucune manière ^ niais dit à ses amis, pour sa justilication, que lorsqu'il s'est chargé des affaires de M. le duc de l^enlhiùvre, il y avoit six années de comptes du trésorier qui n'étoient point rendus, que ces comptes sont tnuiienses et sont six ou sept mois à faire, d'autant plus que les dépenses pour la vénerie y sont comprises^ parce que M. le duc de Penthièvre en fait les avances comme M. le comte de Toulouse les faisoit ; que pendant six ans qu'il a été chargé des affaires de M. le duc de Peulhièvrej il a fait rendre plusieurs de ces comptes, non-seulement les six qui étoient en arrière, mais quelques-uns des années postérieures; et c'est même cette exactitude qui a donné lieu à la faillite du trésorier, parce que, lorsqu'il s'est vu prêt à être conduit à son dernier compte, où il talloit nécessairement qu'il fût à découvert, ii avoit pris le parti de s'en aller; que d'ailleurs l'état où 11. l'abbé de Salabéry latssoit Jes affaires de M. le duc de Penthièvre étoit fort différent de celui où il les avoit prises ; qu'à la mort do M. le comte de Toulouse il s'éloit tronvé environ neuf millions de dettes exigibles et l,900j000 livres de dues en capitaux; quepeud;uit le cours des six années il avoit acquitté entièrement les dettes exi^^ibles, qu'il avoit éteint pour 1/200,000 livres de capitaux et qu'il avoit augmenté le bien de M. le duc de Penthièvre de S9,000 livres de rente par des acquisitions. M. l'abbé de Salabéry compte que le bien de M. le ducdc Penthièvre est d'un million de rente, surquoi il y a quelques charges à déduire. Telle étoit à peu près la situation de ses affaires i la fin defranuée 1743. C'est i\ peu près dans ce temps que M. de Penthièvre a pris r administration de son bien; et M. de Salabéry n'étoit

J4NVtiai 174». 255

plus à la téie du conseil que pour l«s iilTaires conlcutieuses.

Lorsque M. dp Salabéry se chargea des affaires ilc

l. de PeulhiiHre, ce ne fut que par une permission du

roi; c'est Tusage en pareil cas que les conseillers du

Parlement s'adressent A M. le chancelier, qui demande

ragrément du Uoi et leur écrit une lellro (I) au nom

le S. M.; aussi, lorsque M. de Saîaijéi-y a quille, Cf

n'a. été qu'après avoir demandé si le Koi le trouvoit

>on.

J'ai oublié de marquer que le mariage de M. le comte

de Brionne avec M™^ de Rochechouart fut fait mercredi

lernier 30 du mois passé; le souper étoit chez M'™ la

^;duebesse de Mortemart ; il n'y avoit que les parents les

plus proches.

ieudi dernier, 31 du mois, il y eut des messes aux Feuillants pour M"" de Ventadour. M. le prince de Rohan n'y put pas assister à cause de son âge et de ses incommodités. M'"" la princesse de Rohan étoit i\ la

itôle du deuil du cùt^ des dames; elle étoit en mante, de munie que M""" de Tallard et lus autres dames du deuil; M. le duc de Tallard étoit à la tête du deuil du Côté deshonniies, en grand manteau, ainsi que les autres qui composoienl le deuil.

Il n'y a que quatre ou cinq jours que Jr*^ de Lau-

Iragiiais sait la nouvelle de la mort de M""' de Chi^teauroux. Le Roi lui a écrit aussitôt qu'il a su que celle nouvelle lui avoit été annoncée.

Du samedi 2, Versailhs. — Avant hier jeudi au soir, le Roi déclara à son conseil qu'il avoit donné la i-flurvivance de la charge de grand-aumônier î\ M. le

(I) Cette lettre porte qu'ils peuvent accepter poiii- leur logciwiit eu <|u'il plaira an iiriticc île l«iir donner. M. <ki I» (îraudTiile, qui éloil avant M. rli- Salalii-rj, avoil 4,1)00 livres, M. de Siitubéry avoit 'i.oUdéeiis. — Loyi-inejit est le tirnw iJwit on se sert en pareil cu:i. ( Noie du duc de Lnfjnes. )

2ÔÔ MEMOIRl-S DU DUC DE LUYNES.

coadjutenr (1), petit-neveu de M. le cardinal de Kohan.

Hier, premier jour de Tan, il y eut chapitre de l'ordre; le Roi fit six nouveaux chevaliers, savoir: M. de Meuse; M. de Tavrinnes, commandant en Bourgogne; M. deSenneterre, lieutenant général, qui a été blessé en Italie près de Coiii; M. le duc de ftandan, qui commande en Franche-Comté; M. du Montai et M. le duc d'Aumont. Il ne fut point question de la dispense d'âge, dans le chapitre, pour M. de Bissy.

On sut le m&me jour que M. le prince de Beauvau a obtenu d'Espagne la grandesse ; c'est à ToccasioD de son mariage qui doit se faire incessamment avec M'" d'Auvergne , fille de feu M. de Bouillon et de sa quatrième femme, laquelle est nièce de M. de Richelieu par sa seconde femme.

Hier ce fut M. l'archevêque de Bourges, prélat de rOrdre, qui officia, et M*^ de Bauffremont (2) la belletille qui quêta.

Il y avoit l'année passée dix places vacantes dans l'Ordre; il est mort cette année M. de Got'sbriant, M. de Cliaulnes, et à Rome le |j rince Vaïni; outre cela M. le cardinal de Gesvres; mais c'est une place destinée auï prélats.

J>e Roi entendit les vêpres dans la tribune en haut, chantées par les prêtres de la chapelle.

Aujourd'hui, suivant l'usage, il y a eu une grande messe pour les chevaliers morts de TOrdre. M. Amelot, ci-devant secrétaire d'État, étoit à l'une et à l'autre des grandes messes, comme maître des cérémonies.

M""" ia maréchale de Belle-lsle lit ses révérences il y a trois ou quatre jours, à cause de la mort de M, dcBéthune, son père. Elle éJoit accompagné de M""^ la coni-

(L] Armand de Rolian de Ventadour, coadjulenr de StraRboiirg, Plolémaide.

(ï) Elle est Monlmain. {^'o(e du duc de Lugaes.)

JAKVIRR I7^J5,

tesse de Tresmes, comme femme du beau-frère de M. de Béthune ; elles avoient prié M""' de Luynes de les mener. M"*" de Belle-Isle avoit demandé la permission de n'être point en mante.

Du dimanche 3, Versailles. — Hier M. d'Argenson Falné reçut un courrier de M, de Lanoue, miaistre du roi à Francfort. M. de Lanoue lui mande qu'il vient d'apprendre que M. le maréchal de Belle-Isle et M. son frère ont été arrêtés par un parti de Ilanovriens en allant à Berlin. Il envoie à M. d'Argenson la lettre par laquelle cette nouvelle lui est venue. Elle est écrite de Cassel par M. d'Asserbourg, et adressée à Francfort au ministre de Cassel, qui s^appelle M. de Vilflitz, par lequel elle a été remise à M. de Lanoue. Cette lettre ne contient aucun détail; elle est datée du 27 décembre; elle marque seulement que les deux frères , tous leurs gens et leurs papiers ont été pris. Le Roi n'étoit pas encore arrivé de la chasse lorsque M, d'Argenson reçut la lettre. Il n'a voulu rien dire jusqu'au retour de S. M. Aussitôt que le Roi fut arrivé, il monta lui en rendre compte; le Roi l'envoya sur-le-champ chez M. le duc de Cbitirost pour qu'il apprit cette nouvelle à M""" la maréchale de Belle-Isle avec toute la précaution que l'on pouvoit prei^dre. Le soir, il fut question chez le Roi de cet événement, et quelqu'un ■ ayant dit que c'étoit un malheur d'autant plus grand que les papiers avoient été pris, le Roi répondit avec vivacité : « C'est bien les papiers dont je suis en peine ! » Cette aventure est arrivée dans le comté de Slolberg. J'ai entendu lire la lettre à M. d'Argenson : ïKy êtoit marqué que c'étoit à un lieu appelé Ellinguerode (1) j on ne trouve point ce lieu sur la carte; c'est apparemment un petit village^ et Ton dit qu'il n'est qu'à imé lieue de Stolberg, Le comté deStol-

(1) C'est Elbiingprnilc, à 'i niillefimi îinni-mwiitdn Slf>lhr«rjî.

:\1ÉM0IRFS DU DUC DE LDINES.

l)erg est un pays neutre; c'est une souveraineté qui dépend que de lErapire (1), et le Roi disoit hier qae i l'action des Hanovriens est contre le droit des gens. ^^ hi"" la comtesse de Brionne arriva hier ici at^^ M"*^ la duchesse de Mortemart, sa mère; elle sera présentée aujourd'hui. Il a été question de savoir si elle devoit reprendre son tabouret, l'ayant déjà pris comme ducliesse de Kochecht>uart ; on a consulté M, de Ri' chelieu, premier gentilhomme de la chambre en année j dont le sentiment a été qu'elle devoit le re- i prendre; M""" de Tallard a pensé de même; et en effet le moment de la présentation est celui où le Boi voyant pour la première fois celle qui lui est présentée doit décider si elle aura les mêmes honneurs qu'elle a voit avant son mariage ; et le rang du premier état pour une femme ne doit plus subsister quand elle en a pris un second ; les deux états sont absolument distingués. Les maisons de Kohan, de Bouillon et de Lorraine, quoiqu'elles marient leurs tilles à des gens titrés^ ont grand soin de leur faire prendre le tabouret auparavant, pour constater l'usage de leur droit. Les derniers exemples confirment ce raisonnement : M""' la marquise de Mirepoix avoit pris son tabouret étant princesse de Lixtn; elle a été présentée debout étant M^" de Mirepoix. Nous avons vu le contraire beaucoup plus souvent : M"* de Bouillon avoit été assise étant tille ; elle a repris son tabouret chez le Roi étant M""' la duchesse de Montbazon. M""" de Marsan , qui étoit chanoinesse^ a été présentée avant que d'être mariée, et venoit même souvent il la Cour avec M'"" de Pons, sa mère ; elle avoit pris son tabouret; elle l'a pris une seconde fois étant devenue M"" de Turenne.

(l) hf! comté de Stolberg, dans la Thurinj^e, ^tait Rilué entre la prind[vaulé il'Aiiliall i'I les eonilés dt! Maiirift-U, di; Stliwurl/.bourK l4 de Hohenslwin- U fait aiijourd'hiii [tatiic ih'^ Ui Pra^f, «lansla provijire th: Saxe.

JANVIKR I74« 2-,<»

M"" la princesse tJ« Kohaii ne laH pas un exemple, parce qu'elle ne prit pas sou tabouret chez le Roi; elle fut présentée par feu M"" la Duchesse, et dans un moment où le Koi alloit sortir, de sorte que Ton ne chercha qu'à abréger cette cérémonie. Enfin, il a été décidé que M"" de Brionne reprendroit le tabouret. La maison de Lorraine ne paye aucun droit pour le tabouret.

Du vendredi 8, Versailha. — J*ai marqué ci-des.sus que le M"" la duchesse de Penlhièvre a une dame d'honueur qui s'appelle M"'* de Saluées, dont le mari est homme de condition et a un régiment de cavalerie au service de France. Pour elle, elle est (ille de M. de Tarneau, anciennement inspecteur, qui est mort lieutenant général des armées du Roi. Outre M"" de Saluées, M""" de Penlhièvre a une dame qui lui est attachée, qu'on appelle M"* de Clermont; elle est fille et éloit attachée à la feue reine d'Espagne (Orléans), d'abord comme fille d'honneur, ensuite comme dame du Palais, la reine d'Espagne ayant obtenu par une gTâce particulière du Roi que M'" de Clermont fût appelée Madame.

Mardi dernier, 6 de oe mois, M. le Coadjuteur (1) prêta serment entré les mains du Roi en qmdité de grand-aumônier, dans le cabinet, et tout de suite un second serment en qualité de commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, après quoi le Roi lui donna le cordon. C'est le droit du grand-aumônier d'être commandeur de l'Ordre aussitôt qu'il est révolu de la cliarge, et de n'avoir besoin pour cela ni de faire faire une information de vie et mœurs, ni de faire aucune profession de foi, ni d'être reçu à la chapelle comme les autres commandeurs. Outre cela, le grand -aumônier ne fait aucune preuve et a double revenu pour sa commanderie, c'est-à-dire 2,000 écus. Dans l'institution de l'Ordre, Henri lll al'tecta une des

(1) De Strasbourg.

im

MEMOIRES DU DUC DE LtTYISES.

commaiideries au grand-aumônier, qui s'appeloit alors Aniîot, lequel n'étant point en état de l'aire des preuves, il fui dit que le grand-aumônier n'en feroit jamais. L'usage a presque toujours été constant que les gi-ands-aumônicrs ne fussent point reçus à la chapelle. M. le Coadjuteur Dorta le cordon au cou au sortir du cabinet du Roi, et alla ensuite mettre la plaque du Saint-Esprit. Il servit ensuite le Roi, à la tribune, à la messe, en qualité de grand-aumônier, et M. le cardinal de Kohan affecta ce jour-là de se mettre dans une travée. M. le Coadjuteur fit les fonctions de grand-aumônier aussi le soir à souper au grand couvert.

Quoique M. le cardinal de Rohan et M. le Coadjuteur portent tous deux l'Ordre, cependant ils ne remplissent à eux deux qu'une seule commanderie, et M. le Coadjuteur n'a point été proposé au chapitre de l'Ordre par •cette raison. Cet exemple est digne de remarque, d'autant plus qu'il est nouveau. La charge de grand-aumônier avoit dans son institution des droits fort étendus, dont, une grande partie a été usurpée par les secrétaires d'Ktat. M. le cardinal de Rohan me dit il y a quelques jours que dans ses provisions il y est beaucoup plus parlé des droits dont il ne jouit point que de ceux dont il jouit. Il avoit autrefois la juridiction sur tgas les hôpitaux ; il ne l'a conservée que sur celui des Quinze-Vingts, sur lequel ainsi que sur le couvent de l'Assomption il exerce tous les droits épiscopaux. Cette jxu'idiclion sur l'Assomption ne lui a été conservée que parce que ce couvent étoit autrefois dans la rue des Vieilles-Haudriettes; il est présentement dans la rue Saint'Honoré. Le grandaumônier donne encore les provisions aux professeurs du collège royal de Cambray, lesquels sont nommés présentement par le Roi, et le droit du gratta-aumônier est réduit à recevoir seulement leur serment. 11 a le droit aussi de nommer les aumôniers des régiments et de leur donner des provisions.

JANVIER i74K,

La promotion d' officiels généraux, dont j'ai parlé, que le oi déclara à son retour, en arrivant à Paris, a donné occasion à plusieurs mécontentements, entre autres à M. le comte de Mortemart, M. le duc de Hohan et M. de Bonneval. Celui-ci avoit le régiment infanterie de Poitou, et étoit mécontent depuis longtemps d'avoir été oublié; ce régiment a été donné à M, de Kevel, un des lils de M, le maréchal de Broglie, qoi en avoit un d'infanterie de son nom, lequel vient d'être donné à M. deTalaru, fils de M. de ■Chalmazel. Le nom de M. de Chalnia'/el est 'lalaru; il est ^proche parent de M. de Bonncval par M'"^ de Ghalmazel d'aujourd'hui. M. de Mortemart avoit le régiment de Nh- K:varrej qu'on lui avoit donné par distinction comme étant très-digne de le commander, et i! avoit répondu parfaitement à l'idée qu'on s'étoit formée de lui. M. le duc de Rohan avoit un régiment de cavalerie de son nom „ et croyoit avoir mérité par sa naissance, son nom et son bien, de n'être pas oublié et avoit bien servi,

Le Roi soupa au grand couvert mardi veille des Rois^ ce que l'on n'avoit pas vu depuis longtemps; il soupoit ordinairement ces jours-là dans ses cabinets. Le lendemain mercredi, il soupa encore au grand couvert. Ce jour-lâ M, le Dauphin et Madame y soupèrent. Depuis que le Roi est revenu à Versailles, il descend presque tous les jours chez M"" la comtesse de Toulouse, par le petit escalier de communication, soit en revenant de la chasse lorsqu'il doit souper dans ses cabinets , soit en sortant du grand couvert- Les jours de grand couvert il reste long-

» temps à faire la conversation .

L'ambassadeur de Venise (Cornaro) est fort mal, d'une indigestion pour laquelle il a fait toutes sortes de remèdes tout de suite sans consulter personne. Le Roi envoya avant-hier M, de Verneuil, le fils, savoir de ses nouvelles Kde sa part.

L'usage est que le Roi envoie Tintroducteur loisque aladie d'un ambassadeur est très-considérable. L'inz

^J^lc

2fi2 MEMOIRES DU DUC DE LUYNES.

troducteur lorsqu'il a pris l'ordre du Roi va prendre celui de la Reine^ et parle au nom de LL> MM.; mais il ne va point delà part de M. le I>auphin, ni de Uesdames. M. le duc de Chàtillon avoit cru dans une occasion semblaiile que l'introducteur devoit venir prendre Tordre de M. le Dauphin et parler de sa part; mais il y a eu une décision du Roi contraire; et lorsque M. de Saiuctotfut chez M. le prince de Grimberghen, à la mort de M"* de Grimberghen, il ne parla qu'au nom du Roi et de la Reine et ne nomma ni M, le Dauphin ni Mesdames. Le cérémonial est réglé et s'observe exactement. L'introducteur envoie avertir chez l'ambassadeur de l'heure qu'il s'y rendra; il est reçu à la descente de son carrosse par le phis considérable des gentilshorâmes de l'ambassadeur; le secrétaire d'ambassade le vient recevoir à la moitié de Tescalier, et le reconduit jusqu'à son carrosse. L'introducteur a un fauteuil dans la rnelle la plus honorable auprès du lit de Tambassadeur. Ce cérémonial est si fort de règle que M de Verneuil le 6ls m'a dit qu'il avoit attendu dans sou carrosse parce que celui qui devoit le recevoir ne se trouva pas dans le moment, qu'il avoit ensuite attendu dans le milieu de l'escalier jusqu'à ce que le secrétaire d'ambassade fût arrivé.

Tous ces jours-oî il y a eu des présentations de faites cJiez M"' la duchesse de Penthièvre. ie me suis trouvé à plusieui*» chez M'"'' la comtesse de Toulouse , qui a toujours eu soin de faire apporter des fauteuils à toutes les daiues Utrées et d'envoyer M"* la duchesse de Penthièvre les reconduire. M"* de Penthièvre baise noa-seulement toutes les dames , mais aussi tous les hommes titrés ou non titrés.

Depuis quelques jours il y a un grand mouvement dan> Pui-is au sujet des actions (t), 1. le oantnMeur général

JAJNVIKIV 1748

ayant fait décldrer <[ue le payement clesdivideDdes scroit suspendu, co qui intéresse un grand nombre de gens qui ne vivoient que de leurs actions. On croyoitque le retour heureux des six vaisseaux richement chargés de la compagnie, dont j'ai parlé ci-dessus, feroient un effet plus favorable , mais cela n'a rien changé au projet de M. le contrôleur général. Il paroît, par le détail que j'ai entendu faire à. M. de Fulvy, son frère, qui est à la tète de la compagnie, que le payement exact qui s'est fait des dividendes ne s'est fait que par illusion; c'est le terme dont il s'est servi. Les fonds pour l'envoi des vaisseaux n'ont jamais été assez considérables poui' faire des profits proportionnés ; cependant il y a eu tous les ans des retours avantageux; mais une partie des sommes qu'on en a retirées a été employée à des étal>lissements tant on Amérique qu'en Bretagne, au port de Lorient. Cependant, il falloit toujours songer à fournir la somme nécessaire pour un nouvel envoi , laquelle est un objet à peu près de 20 millions. Pour cet effet le Roi prètoit à la compagnie ce qui pouvoit manquer pour rendre celle somme complète, et lorsque la vente des marchandises étoit faite, le Roi étoit remboursé des sommes qu'il avoit avancées. Mais comme il a toujours fallu chaque année que le Roi prélat de nouveaux fonds, c'éloit eu effet une espèce d'illusion. M. le contrôleur général donc voyant que les dépenses considéraliles que le Roi a faites, et est encore obligé de faire par rapport à. la guerre, le niettoit hors d'état de faire les mômes avances à la compagnie, a jugé absolument nécessaire de suspendre le payement des dividendes jusqu'à ce que les actionnaires connussent leur situation, dont on doit leur rendre compte dans une assemblée générale, afin qu'ils puissent prendre un parti pour rendre solide et stable un bien qui ne Tu [joint été jusqu'à présent. Il parolt que le projet est d'engager les actionnaires à fournir une certaine somme par cbaijue action, de laquelle somme il sera payé l'intérêt au denier vingt et

MKMOIRbS DU DUC DK LUY^ES.

fait une augmentation au dividende. Outre cela, le Roi, qui a cédé, il y a déjà longtemps, à la compagnie la ferme du tabac sur le pied de 90 raillions de fonds, semble être dans le dessein de la retirer et de remplacer la même valeur en d'autres fonds à la compagnie. M. de Fulvy ajoute que cet événement-ci ne doit point alarmer les actionnaires; que le Roi ne veut se mêler en aucune manière de la compagnie et lui laisser sa liberté tout entière; que ceci n'est que momentané; qu'on ne pourroit plus mal faire que de vendre ses actions ; quelles reprendront leur valeur, et d'une manière vraisemblablement plus stable et plus sûre. Cependant l'on peut juger de l'effet que produit dans les esprits un pareil événement, par rapport à un bien fondé sur l'imagination et la confiance du public. Les actions, qui s'étoient soutenues à environ 2,000 livres pendant toute la guerre, sont tombées en peu de jours à 900 et quelques livi-es ; mais ce qui parolt incroyable^ c'est que deux jours après elles remontèrent à t,100 livres.

Du samedi 9, Versailles. — MM. de Lorraine et la maison d'Orléans ont pris le deuil, depuis deux ou trois jours, pour la mort de M"* la duchesse de Lorraine. MM. de Lorraine portent le très-grand deuil. Le Roi ne prendra pas le deuil de l'archiduchesse , ni de M""' la duchesse de Lorraine jusqu'à ce qu'on lui en ait donné part.

Quoiqu'il y ait dix-huit ou di.x-neuf jours que M. le maréchal de Belle-Isle ait été arrêté, on n'en sait aucune nouvelle; ce qui donne de grands sujets d'inquiétude. On ne sait même aucun détail de la manière dont il a été arrêté; on a appris seulement que d'Elbingerode, où l'on croit qu'il a été (tis, il a été mené î\ im château que Ton appelle Schwartzberg; que celte hal)itation n'étant pas convenable, on l'tt conduit dans un autre château, nommé Osterode, et que la régence de Hanovre a dépêché un courrier à Loivtlros pour lui deuiîindcr sos ordres.

J'ai oubijé de mari|iier(juc .M. de Laval-Moulmorency,

JAKVItR 174ij.

beau-frère de M. Tévèque de Melz et qui comoiande à Meslz en l'absence de M. de Belle-Isle, a été fait grandchambellan du roi de Polog-ne. Cette charge étoit vacante par la mort de M. de Béthune, dont j'ai parlé cidessus; elle ne vaut que 2,000 écus d'appointements; mais après celle de M. le duc OssoHnski, c'est la première de la maison du roi de Pologne.

On a appris depuis peu que M. le marquis de Castel

dos RioSj qui avoit épousé la fille de M. de Campo-Florido,

est mort; il servoit cette campagne dernière dans l'armée

;sde don Philippe; il avoit eu permission de venir faire

m tour ici, où sa femme est habitante avec M. et M'"' de Campo-Florido ; elle est actuellement en route avec M"*° sa mère pour aller au-devant de M""^ la Dauphine.

Du lundi 11. — L'ambassadeur de Venise est mort; il s'appeloit Cornaro ; il avoit trente-sept ou trente-huit ans ; c'étoit un bon homme, qui aimoit la France. Il parloit mal fcançois; malgré cela, sa conversation étoit assez agréable, surtout lorsqu'on lui faisoit des questions sur son pays, dont il parloit fort naturellement, et sur l'Espagne, où il avoit été ambassadeur. Il avoit conservé grande reconnoissance et grand attachement pour le roi et la reiijie

L'Espagne.

Du mercredi 13, — Lundi dernier. M"*" la maréchale d'Esti'ées mourut à neuf heures du matin, à Paris; elle avoit plus de soixante ans; elle étoit tille de M""* la maréchale de Noailles, qui vit encore; elle n'a jamais eu d'enfants, C'étoit un caractère d'esprit léger et frivole; elle avoit voulu plusieurs fois se mettre dans la dévotion, et

l 'avoit pas entièrement réussi dansée projet; elle étoit naturellement fort gaie et même plaisante , peu d'esprit, mais parlant de tout et de cent choses différentes tout de suite sans s'arrêter h aucune. Elle s'étoit appelée longtemps la mar([uise de Cœuvres et avoit été dame du palais de M""'" la fhichesse de Bourgogne, qu'elle amusoit beaucoup. Elli' est morlo fort chréliennement; elle n'a

386 M£M0IJIËS OU DUC DE LUÏNtS.

voala voir personne de sa famille, que le maréchal et le comte de Xoailles. On lacroyoU hors d'affaire la surveille de sa mort.

M"' de Lauraguais arriva ici le 9, à minuit. On convenu de ne le dire au Roi que le lendemain ; le R Talia voirie dimanche 10, après le conseil; il n'yavoit de présent à la conversation que le marquis de Contaut. On prétend que le Hoi dit à W de Lauraguais : « Madame^ Dieu vous a frappé, il m^a frappé aussi ; je croyois n'avoir qu'à désirer, mais Dieu en a disposé autrement; il faut adorer sa main et s'y soumettre, « Je sais ce discoui-s p une voie que je crois sûre.

M, de Richelieu vint avant-hier ici, et dit à M"" do Luynes que le Roi avoit conservé ou plutôt rendu à M"* la t'omtessc de Brioniie les grandes entrées dont die jouissoit comme femme d'un premier gentilhomme de la chamhre.

Le Roi a donné aussi les entrées de la chambre à M. di; Meuse; je croyois que cela étoit fait depuis longtemps : M. de Meuse me dit hier que cela ne l'étoit que de tout à riietire. On pourroit être étonné que M. de Meuse n'eût pas déjà les entrées, ayant, depuis plusieurs années celles, plus intimes, dans les petits cabinets , et môme un passepartout pour y entrer. Le Roi lui donna la campagne dernière les entrées en Flandre pour la campagne, ainsi qu'à M. le comte de Tresmes, à M. le duc de Bouftters et à mon fils; mais il falloit une nouvelle grâce pour qu'il en jouU ici. M, le comte de Tresmes en jouit actuellement, l'en parlai avant-hier à M. le duc de Richelieu, qui me dit que par rapport à M. de Meuse c'étoit effectivement une nouvelle grâce , mais qu'elle neTétoit point par rapport H M, le comte de Tresmes; qu'il étoit présent quand elle fut demandée au Roi en Flandre par M. de Fleury, et que M, de Fleury représenta que l'union des quatre gentilshommes de la chambre leur faisolt regarder le frère de l'un d'eux comme le frère de tous, que c'^étoit à ce

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titre et au nom de tous qu'il demandoit cette grâce au Roi, et qu'elle avoit été accordée pour en jouir partout. M. de Richelieu, à qui je demandois ce qu'il convenoit de faire par rapport à mon fils, me dit que M. de Meuse étant dans un cas particulier, comme je viens de le marquer, il n'y avoit que iM. de Boufflers et M. de Chevreuse qui fussent dans les^mèmes circonstances; mais (£ue M. de ^^oultlers ne paroissoil pas fort occupé d obtenir celte ^^Hrâce; effectivement ce sont les grandes entrées quil désireroit.

Du vendredi 15. — Hier matin M. le duc de Richelieu vint dire à M""^ de Luyues que le Roi prendroit le deuil dimanche pour M"* la duchesse de Lorraine; c'est M. de Stainville, envoyé du grand-duc, qui a donné part de celte mort par une lettre.

H Je crois avoir déjà marqué ci-dessus que pendant la guerre avec la reine de Hongrie , lorsqu'il est question de donner part de quelque événement, c'est au nonce à qui on s'adresse, lequel est archevêque de Vienne et y demeure. C'est de cette voie que Ton s'est servi en dernier lieu pour faire part du mariage de M. le Dauphin. Le Roidisoit il y a deux jours que c'est la première fois que cela est arrivé.

On dit aujourd'hui à Paris des messes en cérémonie i\ —^ Saint-Louis du Louvre pour feu M. le cardinal de Fleury, ^à l'occasion du transport qui vient d'y être fait de son corps.

L'enterrement de M'"" la maréchale d'EsIrées s'est fait hier sans cérémonie ; c'est M. le maréchal de Noailles qui

■ est 8on légataire universel.

La mère de M. le lieutenautcivil ( d'Argouges), qui avoit quati'e-vingl-quatre ans, mourut avant-hier.

■ le dois avoir parlé ci-dessus d'une pièce du sieur Roy, po6te, nommée Aa féitaie, qu"il a voit faite dans l'espérance qu'elle pourroit être choisie pour le mariage de M. le " ' ' . Il a fait deux nouveaux opéras, qu'il nous lut

•268 MEMOlRtS DU DUC DE l.UYNES.

hier et avant-hier; l'un est intitulé Le Monde Galant, l'autre Les quatre Parties du Monde. C'est dans ce dernier opéra qu'il a placé pour l'Europe la fête donnée pai* François 1" à Charles Quint. 11 a été obligé pour cela de faire plusieurs recherches à la chambre des comptes. Cette fête se donna dans l'Ile du Palais, où est présentement la maison de M. le premier président; cette lie étoit fort décorée. Les musiciens y arrivèrent dans un hfLtiment fait à l'imitation du Bucentaure et que l'on appeloit le Corasson. Les vers de Roy sont beaux et touchants, et je crois qu'il y a peu de pofîtes qui aient autant de facilitéet de talent pour ce genre de science. Il désire fort depuis longtemps de pouvoir obtenir une place à l'Académie françûise; mais il parolt peu de disposition dans les esprits pour le succès de ce projet. On lai reproche une pièce qu'il fit il y a trente ans , qui étoit extrêmement méchante, intitulée Ze Coche. Ses ennemis, outre cela, ne laissent par ignorer ce qu'il peut y avoir de repréhensihle dans ses mœurs, et quant à ce qui regarde les divertissements à l'occasion du mariage, M. de Richelieu s'est totalement déterminé à donner la préférence à Voltaire, qui travaille actuellement et dont l'ouvrage est presque fini.

Du samedi 16, Versailies. — Hier le Roi travailla avec M. d'Argenson, ministre delà guerre; on sut au sortir du travail qu'il y avoit deux régiments de donnés. M. de Bellefonds ayant été fait maréchal de camp , le régiment de Champagne étoit vacant ; le Roi l'a donné à M. de Froulayj fils de notre ambassadeur A Venise , qui est mort, et neveu du bailli de Froulay, ambassadeur de Malle. C'est un jeune homme grand, d'une jolie figure, extrêmement sage, qui a de l'esprit et qui s'est distingué en Bavière. Il avoit le régiment de Royal-Comtois. Ce régiment fut aussi donné hier à M. de la Paye, exempt des gardes du corps, neveu de M. de la Paye qui étoit attaché à feu M. le Duc. M. de la Fa ye a montré une grande volonté en toutes

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ccaslons et en dernier lieu au siège de Fribourg, allant tous les jours à la tranchée et ne négligeant aucune oc-

sion de s'instruire. Il a été blessé considérablement à la fin du siège et marche encore avec des béquilles.

J'appris hier aussi que M. le chevalier de Meuse a quitté sa place de chambellan du roi de Pologne. Il est second fils de M- le marquis de Meuse, qui avott désiré et demandé pour lui cette place avec d'autant plus d'empressement que le chevalier de Meuse est fort pauvre. Il avoit eu une petite pension sur un bénéfice comme chevalier de Saint-Lazare; il Va quittée pour se marier. Ce mariage , dont j'ai parlé dans le temps, s'est fait sans le consentement du père ; cependant tout s'est raccommodé depuis ; M. de Meuse a vu sa belle-fille à Metz et à Lunéville; ils y avoientune fort bonne maison, qu'ils venoient de faire accommoder. On ne comprend pas la raison de ce changement ; la place de chambellan qu'il avoit , qui vaut 4,000 livres, a été donnée au chevalier deListenois, un des fils de M. de Bauffremont.

f Le voyage de M""* la Dauphine a été retardé de trois jours , k cause d'une fête que M. de Montijo lui a donnée t\ Fontarabie; elle s'y est rendue d'Irun,

Du lundi 18, Versailles. — Il y a déjà quelques jours que M. le chevalier Courten (1) est nommé pour aller à Berlin concerter avec le roi de Prusse les opérations de la campagne prochaine; il prend un passe-port de M, de Grimberghen, ambassadeur de l'Empereur, et un de M. de Loss (2) ; il passe par la Saxe, M. le chevalier Courten est maréchal de camp , fort attaché à M. le maréchal de Belle-Isle , avec qui il a été en Bohême. Il est connu et

(1) Maatiee, chevalier de Courfeo, avait été créé." comte de l'Empire etchnmbeUan de Tempereiir Charles VIT , par lettre de ce prince du mois de nuii 1742.

(ï) Le comte de Loss, envoyé extrijonlinaire An roi de Pologne, élecleur de

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