BIÉMOIRËS DU DUC DE LUYNES
Celle de Fécamp, à Fabbé de Canillac, ministre du Roi à Rome;
Celle de Bonneval, à Fabbé d'Agoult , chanoine de Paris ;
Celle de Saint- Valéry, à l'abbé de Ghistelle, chanoine
de Ln|!5<'
Celle de Bonport, à Ttibbé de Chahannes, grand vicaire de hangres ;
L'abbaye de Saint-Riquier, à l'abbé de Sanzay, grand vicaire de Chartres ;
Celle de Préaux, à l'abbé de "Saint-Aubin , comte de Lyon.
M. le Dauphin fit ses pi!lques mercredi dernier. Ce fut l'aumônier du Roi en service auprès de lui qui lui dit la messe et qui le communia (1). Dans les pâques précédentes, le prie-Dieu de M. le Dauphin éloit avancé auprès de la première marche du sanctuaire; apparemment que c'étoit un arrang-ement fait par M. de Chàtillon; mais mercredi on le mit à la place où il doit être au milieu du choeur.
51""" la Dauphine a fait ses pàtiues aujourd'hui; elle a été à huit chevaux à la paroisse; il n'y avoit personne à côté d'elle. Elle a donné l'ordre à M""" de Brancas pour appeler les dames; M. de Rubempré étoit présent. M"" de Brancas et M"^ de Lauraguais ont tenu la nappe de communion, M'"" de Brancas à droite, M™^ de Lauraguais à gauche. Avant-hier il y avoit eu une question agitée sur les circonstances de cette cérémonie. M. de Muy, premier maître d^hôtelde M""" la Dauphine, alla s'informer à M. de
(1) Ce furent M. le comte lic Noaltles el M. de Cluilaiâ qui tinrent la nappe de comiiiunion. M. de Koailles, comme jtliis ancien ;;ra[itl d'Espagne, avoit 11 droite. On ss\l que les granit» iri^spagne ont en France le même rang que leâ ducs. Ilhiprennrnl mAinc leur rang d'yiicienneU* avec leiï ducs aux c<^râmonies de l'Ordre. Li s grands d'Eti[^agne marchent dcvaiil les ducs moins anciens qu'eux. {Note du duc de Luynes. )
AVRIL it48.
Chalmazel de ce qui sç pratiquoit chez la Keine pnr rap-
Pport au service qui le regardoit. L'usage pour le Hoi et pour la Heine, seulement lorsqu'ils fout leurs piques, est qu'on leur présente une coupe et du vin inimédiatenient après la coiniiiunion ; c'est le premier maître d'hùtcl qui est chargé de faire faire l'essai de la coupe. Le prêtre qui est à l'autel et qui communie la Reine est ordinairement le g;rand ou le premier aumônier, sinon l'aumônier de quartier, lequel est reuiplacé par raumônier ordinaire. C'est celui qui a la première de ces charges qui dit la messe et communie la Heine- Celui qui le suit immédiatement présente à la Reine une petite l)olte où il y a plusieurs hosties; laReine en prend une, et c'est celle-
Ilà qui est consacrée. Aussitôt après la communion ce même aumônier reçoit la coupe des mains d'un gentilhomme servant, et la présente à la Reine. €elle coupe est Je vermeil doré. Aussitôt que la Reine a bu ou fait semblant de boire, on lui présente une serviette. C'est sur cette présentation de serviette que iomhoit la question de M. de Muy à M. de Chalmazel. M. de Chalmazel Plui dit que cette fonction appartenoil au premier maître d'hôtel, et que lui Favoit toujours présentée i\ la Heine quand il s'est trouvé à ses pàques. M. de Sluy vint consulter M"* de Luynes, qui loi dit que lundi dernier, lors-
■ que la Reine fit ses pâques, c'étoil elle qui avoit présenté ™ la serviette à la Reine, mais qu'elle ne se souvenoit pas
par qui cette serviette lui avoit été apportée ; qu'à l'ég^ard des années précédentes elle y avoit encore fait moins d'attention, parce qu'il y avoit eu presque toujours des princesses du sang qui avoient servi ia Reine. M, de Muy
■ alla consulter M. de Maurepas, qui lui répondit que la fonction de donner la serviette devoit appartenir au premier oaaltre d'hôtel. Si ce droit est certain, en l'absence du premier maître d'hôtel, la dame d'honneur ne doit
K pas le remplacer; ce doit être le maître d'hôtel de qnar- ^ lier ou le maître d'hôtel ordinaire. Tout cet éclaircisse-
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ment a été inutile pour aujourd'hui. On a su que l'usage n'étoit point de donner la coupe à M. le Dauphin après la communion pascale, et la même chose s'est observée pour M™* la Douphine. Le prince ou la princesse qui communie a son prie-Dieu au milieu du chœur et se lève à la communion pour s'avancer aupn^s des marches qui montent à Taulel ; on établit un pHant sur lequel il y a un tapis d'étoffe et par-dessus une nappe carrée en forme de toilette. Les deux bouts de cette nappe du côté de Tautel sont soutenus par deux aumôniers ou ciiapelains, et les deux bouts du côté de la princesse sont portés par les deux personnes les plus considérables, princesses du sang, duchesses, grandes d'Espagne. L'usage n'est point que les hommes, même les princes du sang, servent la Reine dans cette occasion. Aujourd'hui M. de Mi repoix a dit la messe et a communié W"^ la Dauphine ; M. l'abbé de Sainl-Cjr lenoit le côté droit de ki nappe du côté de l'autel, c'est-à-dire à main droite de M""^ la Dauphine, et un chapelain tenoît l'autre côté. La dame d'honneur n'a pas plus de droit qu'une autre de tenir la nappe; c'est l'ancienneté de duché qui décide, et M™^ de Brancas ne l'a tenue que parce qu'elle étoit la plus ancienne duchesse. M"'*= de Lauraguais, par la même raison, devoit avoir la gauche. M"' de Brancas nous contoit hier que M"" la Dauphine ayant communié à Poitiers» elle avoil fait ce qu'elle avoit pu pour engager M""' la duchesse de Caumont avec elle ; mais que quelque assurance qu'elle lui eût donnée de la certitude du droit, elle n'avoit jamais voulu s'y déterminer; mais que s'élant absentée, M. de Rubempré avoit tenu la gauche; que M. delà Fare, sur la foi d'un chapelain du Roi mal instruit, avoit prétendu et soutenu quec'éloit à lui à tenir la nappe, mais qu'il ne l'avoit point tenue.
C'est M. le cardinal de Rohan qui a dit la messe pour M. le Dauphin et qui l'a communié; M. le coadjuteur a dit la messe pour Mesdames et lésa communiées.