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avec instance à servir comme volontaire dans les troupes da Roi, et est bien affligé de n^avoir pu obtetiir cette permission. Il aime beaucoup la cbasse> et c'est presque son seul amusement. On lui a prêté des chevaux de selle de la grande écurie, et il a un attelage de chevaux de carrosse. Le roi son père, qui est à Rome, lui donne 5,000 livres par mois, et le Roi lui fait donner 1,000 écus aussi par mois. Ces 8,000 livres font tout son revenu et servent à payer sa dépense. Il a six gentilshommes avec lui, dont un a été son sous-gouverneur ; c'est celui en qui il a le plus de confiance ; le reste de sa maison est convenable à la vie qu'il mène. Il mange sobrement, boit avec plaisir, mais sans excès. Il passe plusieurs heures seul dans sa chambre, le soir et le matin, à lire, et quelquefois à faire de la musique.
Le jubilé a commencé lundi dernier, et la Reioe le fait cette semaine. Par cette raison M'"*' la Dauphine ni Mesdames n'ont point soupe avec elle, ni aucunes dames que ses quatre dames du palais. Elle' va tous les soirs après souper chez M°" de Villars, et souvent en en sortant elle entre ici et y joue à cavagnole.
Le Roi a donné le régiment qu'avoit M. d'Aubeterre, et qui porte son nom, à M. de Montbazon, gendre de M. le duc de Rouillon; celui de Royal la Marine :\ M. le chevalier' de Dreux, qui avoit un régiment, et celui de Boui»gogne, qu'avoit M. d'Hérouville. à son frère.
Du dimanche 13, Versailles. — Je nie parle ici que de temps en temps des opérations du siège de la citadelle; le détail journalier seroit trop ennuyeux dans ces Mémoires. Nos travaux avancent toujours, mais avec grande précaution pour prévenir l'effet des mines et perdre le moins d'hommes qu'il sera possible. On prétend que les ennemis ont le projet de venir secourir cette place. L'entreprise est d'autant plus difficile, qu'elle est prévue et que M. le maréchal de Saxe, malgré sa mauvaise santé, ne néglige rien des moyens nécessaires pour rendre cp
MfiMOlRKS DU DUC DE LUYNES.
jet inutile. Les ennemis alteiident, dit-on, àf nouvelies troupes d'Angleterre. Le dëtachement que M. le prince de Conty envoie en Flandre doit arriver après demain.
Le Hoi est toujours au château de Chin, Il y a quelquesjours que l'on disputoit devant lui sur le service des dragons ; quelques officiers généraux soutenoient que le service des dragons à pied étoit beaucoup plus brillant que celui qu'ils t'ont achevai; mon fils, présent à celte conversation, disoit qu'ils étoient également utiles dans l'une et dans l'autre manière de servir. Le Roi prit la parole, et dit : « Vous ne persuaderez point ,i M. de Chevreuse, après ce qu'il a fait au combat de Sahay, que les dragons ne sachent combattre qu'à pied. »
J'ai déjà marqué ci-dessus ce que l'on mande de tou-s cAtés de l'armée sur M. le Dauphin. Mon fils me marque qu'il montre plus qu'il n'a encore fait combien il a d'esprit, de sentiment et d'imagination; qu'rl marque beaucoup d'envie de plaire, et que l'embarras qui sembloil lui être naturel diminue considérablemeni ; enfin que le public et ceux qui le voient plus particulièrenient clianfent égivlement se« louanges.
' Du jeudi du Saini-Saerement 17, Versailles. — Dimanche dernier 13, nous apprîmes ici par un courrier de M. fie Campo-Florido, qui venoit de flandre et alloil à Madrid, que le roi de Prusse a voit gagné une grande bataille le [4] de ce mois en Silésie près de Friedlierg. Cette nouvelle étoit venue avi Hoi par un courrier de M, di; Valory, son ministre auprès du roi de Prusse, portant une lettre écrite à M. le marquis d'Ai'gensou. Ou eut le lendemain un peu plus de détail;» que l'on en avoi^ appris par le récit qu'avoit fait le courrier; mais l'on atiriul lui adjudant du roi de Prusse pour être plus instruit de ce qui s'est passé dans cette Ixikiille. 11 parolt jus({u'à présent que le roi de Prusse, instruit de la position de l'armée saxonneetimlrichienne, qui étoient jointes ensemble,
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a fait une marche forcée, et les a surpris à la pointe du jour ; que par un mouvement bien prompt et bien ordonné qu'il a fait faire à son armée, il les a culbutés de tous côtés. Ce qui fait juger de la surprise, c'est que l'on mande qu'un seul régiment. de dragons, de 10 escadrons, a pris 65 drapeaux, 8 étendards et 8 paires de timballes, et que les alliée ont perdu 30 ou 40 pièces de canon. L'on dit qu'ils ont laissé beaucoup de morts sur le champ de bataille et qu'on leur a fiait grand nombre de prisonniers. Les Saxons n'avoient pas encore fait acte d'hostilité qui pût autoriser le roi de Prusse à entrer en Saxe; il est vraisemblable que ce prince saura profiter de cette occasion-ci avec tout l'avantage possible. On dit qu'il a déclaré que toute la vengeance qu'il vouloit tirer du roi de Pologne étoit de l'obliger à accepter la couronne impériale. Le roi de Prusse avoit remporté déjà deux avantages assez considérables sur les troupes autrichiennes en Silésie ; les Autrichiens y avoient perdu 3 ou 4,000 hommes.
M. le maréchal de Saxe est un peu mieux, à ce que l'on mande; il va tous les jours chez le Roi; il acependant très-mauvais visage et est d'une maigreur excessive. Ce général est brouillé avec M. d'Argenson, ministre de la guerre, et cette brouillerie retombe sur M. de Lowendal, ami de M. de Saxe. M. de Lowendal devoit être chargé d'aller au-devant des 20 bataillons de l'armée du Rhin, qui viennent nous joindre ; cette commission a été donnée à M. de Clermont-Gallerande.
Le maréchal de Noailles est brouillé avec les deux d'Argenson; il y a même eu entre lui et eux des scènes fort vives. «
M. de Richelieu ne parolt plus avoir aucun crédit; on peut même dire qu'il n'est bien avec personne. Quoiqu'il ait, bien fait dans la bataille, on trouve que Voltaire en a trop dit sur lui, et ceux à qui le succès de cette grande journée est véritablement dû ont paru blessés de ces