MÉMOIRES DU DUC DK LUYNES
turc lui a apportée ; plusieurs autres tentes l'accompagnoienl et foniioicnt plusieurs pièces d'an grand appartement. Le Roi avoitfait tendre une tente pour le Parlement, oii il se rendit en attendant Taudicnce. M. de Brézé, grand maître des cérémonies, a conduit suivant Tusage toutes les cours souveraines à l'audience du Roi. Le Roi avoit eu TaUention d'ordonner que le l'arlement fiU bien logé et qu'on eût le plus grand soin de tous ceux qui le composent. Ils ont été traités magnitiquenient par M. de Richelieu, dont ils se louent beaucoup; M. d'Argenson le cadet leur a donné aussi un grand dîner; ils ont été reçus avec distinction par M. de Séchelies à Lille. On me mande que le discours du premier président est le seul qui ail été approuvé.
La manière dont le Roi est logé au château de Chin ne lui auroit certainement pas permis d'y recevoir le Parlement ; ce château est entouré d'un fossé plein d'eau que Ton passe sur un pont-levis; on entre dans une cour qui seroit assez grande si elle n'étoit pas remplie par plusieurs voitures du Roi, qui n'ont point d'autres remises, de .sorte qu'il ne reste plus de place que pour trois ou quatre carrosses. De cette cour on entre dans une seconde , qui est extrêmement petite, dans laquelle est un escalier de bois par où l'on monte chez le Roi. Au bout de cet escalier est une petite antichambre, où tout le monde se tient en attendant le moment d'entrer chez le Roi (1), car c'est la pièce qui précède immédiatement celle où le Roi couche. La chambre du Roi est fort petite et fort busse ; il y a ensuite un petit cabinet; la plus belle pièce de la maison est celte où le
(l) Le Roi .ie lève i sh nu sept heures ; on nVnlrt; dira lui qu'à nuuf; de» qu'il esl liabillè, Il cnteml la roe^&e el travaille siiiivenl av«>c <)tii'U|u'iin de sei iiiïm.^trei>. Il dlni; k une lieurc et ilemie et ne soiijie point. Il nioaie â cheval presque tous lis a près- midi et secouclieà iliK lieures et demie ou dix heures troi<s quarts, au plm tard. M. le Oauplihi dine toti)ours avec le Roi et soupe seul. ( Noie du duc de Luyrtps. )
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Roi mange. C'est aussi dans cette pièoo (|ar cdui'liu l'aide de camp de garde et les valets d«i oliaiulire <lti Roi. M. \e Dauphin est 1og<S aii-dcshoiiN dn \Un, iititis i) n'a que le dessous préiust^mcnl iln lin^lmiuliro il<i S M. Le dessous do l'an lichniiibre fait rap^xirtcmiinl du M. dit Richelieu.
J'ai déjà parlé ci-dessus des liontéH o.l doH aiinntions de la Reine pour M"" d*' LuyiiDH pcinhitil (pii'lJr a édi malade; il est certain que la HaiiU'. ajoitlt} drtM f/^rdw^ infinies aux mar<|ucs de een hoidén; nlli; hniHil Unticn loâ occasions qu'elle croit capiddc» de faire plainir, VAU: entendit ici il y a quelques jour» que M"" de Kriermrt, inkus de M"*^ de Luynes, qui ne lui a janiain M^. [H'^'inniiUia et qui n'est point à i>ort^e d'avoir c<ït honneur, lU'siroit extrêmement d'ol>t<.'nir un régirneiii |>«;ui' «on fils, qui est capitaine dans 1« r/rjfimeat (U« cuiraS' siers, et qui a fait la cami»a^D«d« Bok&me iiUÏ*i 'in eunn» de M. de Leuville et depui» a été en eetl« qualil/f tu/u* les ordres de M. de Givry. La K^iru;, s«i»« itiUinât'*t aucune prière, dit d'eli<Mttér»e qu'dli; écrirott i N. d'hf' genaoa poor M. de Brieooe, *d quatre y/un apr^ m»« qu'cMi Ittt ea eût refoclé ^epui», <:1U; dit à N*" d« hn^ttuti qu'elle «roil écrit eoœioe elle lui «voit fM-'iOii^. O^^gwp elle éktAfott <?fT^irty dbit flMité 4e 11*^ 4e iMjo/sn 4l 4Mt féeOcMMt «Ile m él«l ÎMfwiftle. «Ile Ta MMidbé «« Boi; <Be aw il MiiaMeiir 4e nat 4itie bkr •« mmt tf^tëeéUiLiÀm^Ukêe ^'AWNTMMié 4e 4M9e« tt*' 4e Lajw^ne le A«î Wî /wxiéBit ^lilft élAfeH «mm; 4*«|»-
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putsqae auti'efois il n'y avoit qu'une seule musique pour la chambre et pour la chapelle, et qu'actuellement les chantres de la chapelle, dont la plupart sont prèh-es et qui entonnent toujours le Te Deum en surplis et en étole, lorsqu'on le chante en cérémonie, ne sont que de la musique de la chapelle et nullement subordonnés aux surintendants de la chambre ; que sur cet exposé, dont je ne mets ici qu'un abrégé, le Roi lui avoit mandé qu'il croyoit que la chapelle avoit raison, mais qn'il^ falloit remettre cette décision après son retour (t). J'oubliois de marquer que M. de Maurepas aj ou toit au Roi qu'il lui paroissoit de la justice et de la bonté de S. M, de ne pas prononcer décisivement sur celle affaire sans en avoir auparavant fait écrire à M. Févéque de Rennes. • • J'ai déjà marqué que la citadelle de Tournay ayanl refusé de se rendre, on avoit voulu obliger le gouverneur de recevoir les femmes et les enfants de la garnison de la ville suivant la capitulation ; le gouverneur ayant refusé de les recevoir, ces femmes avec leurs enfants ont été trente-six beures sur l'esplanade; enfin le Roi, touché de compassion de leur état , les a fait retirer et a ordonné qu'on les conduisit à Lille.
M. d'Argenson mande aujourd'hui à la Reine qu'on a reçu des nouvelles k l'armée, du 22 du mois dernier, de deux avantages assez considérables remportés par les troupes du roi de Prusse sur celles de la reine de Hongrie, où les Autrichiens ont perdu environ îi-,000 hommes.
M. de Bernstorf, envoyé de Danemark^et M, de ScheXfer, envoyé de Suède, sont venus aujourd'hui prendre congé de la Reine ; ils s'en vont en Flandre.
(I) Et que cependant les siirintendanbt étant en [possession, il falluitea atletul<ttit les laisser jouir de celte priVogative. Ce dernier article de la lettre du îloi, que je iiesavois pas^m'» été appris depuis quelques jours par M. Mesnnnl, |)r«inier commis de M. de Maurepas, ( A'ote du duc de Lu^nes, datée du t:i juin nia.)
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Du mercredi 9. — J'ai marqué ci-dcMHUN ({uo lu Itoi a envoyé à Lille les femmes de lu guniÎNoti do l'otirnay que l'on n'a pas voulu recevoir dans la citadelle . J'ai appris depuis que ce n'est point A Lill(>, main t\ Oiidonarde que le Roi les a fait conduire sur l'KMsaut ; eilitN chantoient les louanges du Roi en s'en allant et fnivoitint retentir Tair de leurs cris de : Vive Loui» XVI
Tai oublié de marquer que le jour do la lUtnUwMn il y eut sermon comme à l'ordinaire. \jU \ir^u\u'AiU'MV fut M. l'abbé Fuau, ci-devant aumAnierde M""" la (UuiUttMUi de Lauzun et qui a proche ici à Sfiint-l^ouiM, l^i VtmU*^ côte est un sermon détaché. On l'entendit fort peu; mu compliment me parut asKez bien.
M"* la Danphine a commencé il y a qiielqw^ jonn» un cours d^expériences de pbyi>ique ; c/tstA VttUWi SoïU',1 qui fait les démonstrations; c'eftt lui qui ïfn* a (sûUi% \Hntt' M. le Dauphin, pour la Reine et Mf^atlnnuA,
Les lettres de Toumay du 7 fiow> apprennent qne n<>» batteries, quoiqu'elles soient irhAtUitt *ervîifr*, u'tnti ji»* fait taire encore à ïtts^WÂm^ yri^s 'X'Il** *h^ enn^mii*; ou avance toujours le* ouvrage*», niAÎ* »veie imutAn \ifh-MHtîoD à estsi&th de» uûtutA.
M. Le CfuniK, yrhÀAfftti An U oyjNvr dei« «<<Im^ 'ffi» « été ocHDplinMAier 1« !&<>« ^ T<>Qra«y, ;» ^[m/H^ 4#i//oir-' d*hni à Ia li«tu«; i<Arj <»nïpljnj«nt, ^u'il pr^V^ 4¥<>>»r ^ imprimé à LJk Mia* mi. Y^**^V^'**f *^ '1*^ *^'''^ '^'^ lui eu itauit 2^A '»riA«api«i#*)^ <tr» f^ttfttfM ^ «fii iU; ^tfvnA de n'omnrir => pk^-uHt *|*ï* va* *tï»3rtw?4i^ ^>ti(U<*««:* *|1* Lille. M, Lfc Cfci;: ut * ^^. *fé fjuti: 4^, ^t^/^trx «m^ ^w gnlie»: jat îai Xj/os^ n>M^/h *^i^^y^ if*\ ^r»* ^«^vV^
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Discours prononcé déliant le lioi dans sa fente à Pont à Ckin som Tournay, le 4 de juin 1746, par M. Le Camus, premier président de la. cour des aides et commandeur des ordres de S. M.
Sire,
Les conquétesde Votre Maji'sté sont si rapides qu'il s'agit de ménager la croyance des descendants et d'adoucir la surprise des miracles , de peur que les héros iw se dispi>nseut de les suivre et les peuples de les eroire. Non, Sire, il n'est plus possible qu'ils en doutent, lorsqu'ils liront daJis l'histoire q«'ou a vu Votre Majesté à la if te de ses troupes le^ écrire elle-même au cliamp de Jlars sur un tambour ; c'est les avoir gravées à toujours au temple de mémoire.
Les siècles les plus reculés saurotit que l'Anglois, cet ennemi fier et audacieux, cet euueuii jaloux de votre gloire, a été forcé de tourner autour de votre victoire , (juc leurs alliés ont été témoins de leur houle, et qu'ils u'ont tous accouru au combat <jue pour immortaliser te triomphe du vainqueur. *
Koijs n'osons dire à Votre Majesté, quelque amour qu'elle ait pour son peuple, qu'il n'y a plus qu'un secret d'augmenter notre bonheur, c'est de diminuer son courage, et que le ciel nous vendroit trop cher ses prodiges s'il nous eu coOtoil vos dangers ou ceux du jeune héros qui forme nos plus chères espérances.
Copie de la lettre de M. le Danphin à M. le duc de Charosf.
Je ne puis. Monsieur, être si longtemps absent sans vous marquer combien je suis fâché de ne vous pas voir, et sans vous demander des nouvelles de votre santé. Je pren(3s trop de part à ce qui vous regarde pour ne pas être inquiet si vous aviez la moindre incommodité ; et vous êtes assez bon François pour qu'on puisse vous, faire son compliment sur la gloire du Roi sans craindre de vous déplaire. Je vous assure que je vous le fais de bien bon eceur, et en même temps je vous prie d'être bien persuadé de l'amitié sincère et véritable que j'ai pour vous et que je conserverai toute ma vie.
Louis.
Au camp devant Toarmj', ce 29 mai i743.
Du vendredi 11, Versailles. — Le second lîls du roi d'Angleterre (1) est toujours à Fi tz-Jauies; il avoit demandé
(I) Ilenrl-Benoit Sluart, duc d'York, connu ilepurs sous le nom du caniinal J'Vork.