‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 29 sur 88 · Lettee de M. le duc de Boufflers a M. le doc de Luyhbs · texte numérisé non relu

Lettee de M. le duc de Boufflers a M. le doc de Luyhbs

Prague, le 27 juin.

Je désire, Monsieur le Duc, que les ennemis laissent passer cette lettre ; en tout cas s'ils l'arrêtent, ils verront l'estime géuérale que s'est

(1) Sur l'Iser.

(2) Sur le Danube, visà-vi» le confluent de l'Iser.

acquise Ici M. de Chevreuse; il est vrai qu'il a pris soin de se faire connoltre d'eux d'une façon plus sensible ; amis et ennemis lui rendent la justice qu'il mérite, mais personne avec tant de plaisir que moi.

(Le surplus de la lettre est ud remerciaient du compliment de M. le duc de Luynes au sujet de la mort de MUe de Boufllers.)

* T. Lettre de M.d'Aubigné (1).

Au camp sou» Prague, le 28 juin 1 742.

Je ne sais, Monsieur, comment répondre à tout ce que vous me faites l'honneur de m'écrirc d'obligeant et de gracieux sur l'intérêt que j'ai pris à ce qui est arrivé à M. le duc de Chevreuse ; je ne le mérite en vérité pas, et si la recounoissanca que je dois aux politesses que j'ai reçues en tous temps de Mmc la duchesse de Luynes et de vous ne m'y engageoient pas, je ne pour rois refuser à M. le duc de Chevreuse la justice que mérite la conduite et le maintien distingué qu'il a eu dans une action fort vive qui est la première qu'il ait vue. Ainsi, Monsieur, vous ne me devez en cette occasion que ce que vous devex à toute l'armée, qui n'a pas été moins édifiée que moi de sa fermeté et de l'air assuré dont il se présenta à l'ennemi.

M. le duc de Chevreuse est autant bien qu'on le peut désirer, beaucoup trop ardent à vouloir retourner aux ennemis ; il fallut une autorité supérieure et des violences pour l'arrêter, il y a quelques jours, sur des apparences qu'il y eut que les ennemis, qui se sont fort approchés de nous, avoient dessein de nous attaquer. Il n'est nullement en état de monter à cheval ni même de marcher à pied.

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