‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 35 sur 88 · Lettre de M. de Puysieux · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Puysieux

Nioder-Altaich, 7 juillet 1743.

Les ennemis ont attaqué ce matin le château de Winzer (1) avetf 800 hommes et quelques pièces de canon ; le feu a cessé depuis une demie-heure; nous n'en avons encore aucun détail ; ils ont brûlé quelques maisons des environs et ont pillé quelques bestiaux.

Ils ont brûlé cette nuit deux villages sur la gauche de notre camp; quelques hussards, pandours et Croates se montrent continuellement à très-peu de distance de nous, et occasionnent de fréquentes alertes.

Hier, M. de Kevenhuller fit rassembler quelques radeaux avec lesquels il a commencé un troisième pont entre le château de Winzer et notre camp ; nous l'avons masqué cette nuit avec une redoute et trois pièces de canon. Il a aussi fait lever de la terre de son côté, vraisemblablement pour y mettre une batterie. Les quatre bataillons palatins, commandés par M . de Zastrow, sont campés à une demi-lieue d'ici dans

(I) Sur le Danube, rive gaiidte, un peu au nord -ouest de Hoflurth^n.

les gorges qui conduisent à Deckendorf ; ils empêchent l'ennemi de nous tourner de ce côté.

T^s postes de Winterberg, Bermtein et Grafenau, que M. le duc d'Harcourt avoit établis pour notre communication avec l'armée de Bohême, doivent rentrer aujourd'hui dans le camp. Les hussards se sont déjà répandus dans cette partie, et pillent partout ; nous avons perdu, dans la retraite du poste de Winterberg, M. Absolu, capitaine de Rochechouart, et un soldat.

M. Grassin, capitaine de grenadiers au régiment de Picardie, est depuis près d'un mois dans les montagnes de Bohême avec un détachement assez considérable. Le principal objet de sa commission est de savoir des nouvelles des ennemis et de garder les gorges, eu pourvoyant à la subsistance des postes qui y étoient établis; il s'en acquitte avec une intelligence sans égale. 11 seroit à souhaiter que le Roi eût plusieurs officiers de cette distinction dans chacun de ses régiments.

L'on mande de Bohême que les Saxons se retirent chez eux .

Page 1