‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 38 sur 88 · Lkttrb db M. de Puysœux · texte numérisé non relu

Lkttrb db M. de Puysœux

Nieder-Altalch, 12 Juillet 1742.

Les Hessois sont enOn arrivés au camp des Bavarois ; ce corps est de 3,000 hommes d'infanterie et de 500 dragons ; il est beau et assez mal discipliné.

M. de Revenhuller nous a laissés un peu plus tranquilles depuis quelques jours. Les subsistances commencent à lui manquer; il a fait repasser quelques troupes de l'autre côté du Danube, dans son camp de Pleinting; il n'a plus que 9 ou 10, 000 hommes à OrTerken. M. le comte Torring, qui se sent en force à présent, voudroit fort que nous l'attaquassions de ce côté-ci, tandis qu'il marcheroit à lui par l'autrec côté ; entreprise qui ne convient nullement à la situation présente des affaires, dont le succès d'ailleurs pourroit être douteux et l'exécution très-difficile, et qui si elle réussissoit ne nous conduiroit à rien, puisque nous ne pourrions pas risquer de nous avancer plus que nous ne sommes du côté de l'Autriche ; outre que la position de M. de Kevenhuller est telle, que ses deux camps se communiquent par deux ponts bien retranchés ; il peut se rassembler en fort peu de temps, et porter toutes ses forces où il lui conviendra de faire son principal effort.

Les bruits de paix semblent s'accréditer ; elle nous conviendrait assez dans les circonstances présentes ; et à parler sans feinte les troupes la désirent peut-être au fond du cœur autant qu'aucun particulier.

ïjë ciel aura donc fait encore un miracle en faveur de la maison d'Autriche, même après son extinction. Mais si Ton veut bien y réfléchir de sang-froid , l'on verra cependant qu'avec trois ou quatre miracles

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de cette espèce, cette maison sera réduite au point où il la faudroit, étant constant que depuis 1735 il en est sorti les royaumes de Naples et de Sicile, le Tortonois, le Novarrois, la Silésie et la couronne impériale, objets qui peuvent bien s'évaluer à 40 millions de revenus. Il est vrai aussi que cela nous a coûté cher, et que le royaume pourra bien s'en sentir longtemps. La communication de Prague à Égra étant coupée , et même celle de Saxe, nos courriers ont été arrêtés par les ennemis.

L'on parie toujours de faire passer cette armée-ci en Bohême.

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