‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 39 sur 88 · Lbttbb de M. dr Pdysibdx · texte numérisé non relu

Lbttbb de M. dr Pdysibdx

NiMer-AlUlcb, «6 juillet 1742.

L'on attend le retour d'un courrier que M. le duc d'Harcourt a dépêché , il y a douze jours , à Versailles . pour savoir si la Cour persiste dans le projet de nous faire passer à Prague. Nous pourrons très-bien en prendre le chemin et n'y pas arriver, si l'ennemi, qui doit naturellement s'opposer à la réunion de nos forces, fait ce qu'il convient pour l'empêcher; les subsistances et les chemins seront encore des obstacles, grands sans doute à surmonter.

Nous ne recevons plus de nouvelles de Bohême; la communication, même par la Saxe, étant entièrement coupée ; ce qui est d'autant plus embarrassant que M. le duc d'Harcourt a ordre de se concerter avec M. le maréchal de Broglîe lorsque nous décamperons d'ici.

L'on parle toujours beaucoup de paix ; les conférences de M. le maréchal de Belle-Isle avec M. le comte de Konigseck la font espérer; je dis la font espérer, parce qu'à parler sans feinte tout le monde la désire également. Quelque difficile qu'elle soit à conclure , il est certain que la guerre est encore plus difficile à continuer, à moins que l'on n'oit des ressources toutes prêtes qui nous sont inconnues.

Depuis l'amnistie que l'on a publiée dans ce camp-ci, il nous déserte journellement des soldats et des cavaliers par douzaine ; cette maladie avoit déjà gagné les troupes ; l'amnistie l'a perfectionnée (1).

Les pandours et hussards nous laissent tranquilles depuis quelques jours ; il esta souhaiter que M . de Kevenhuller en use de même lorsque nous décamperons.

L'on attend à chaque instant le maréchal de Seckendorf (2) dans le camp des Bavarois. Ces derniers auroient la rage d'agir offensivement;

(I) Voy. à l'année 1743, dans les pièces justificatives, le mémoire du maréchal de Chaulnes au Roi, et ce qu'il «lit «le la désertion et des amnisties. (?) Qui allait remplacer le comte deToriïng.

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je 1'aimerois eucore mieux , et cela seroit plus aisé que de passer en Bohême, supposé (ce que je ne crois pas) que la guerre continue. •

11 y a eu ces jours-ci uoe petite action entre un détachement des ennemis et un des Bavarois, à j'avantage de ces derniers; cela s'est passé vis-à-vis de Landau, sur l'Iser, et ne mérite aucun détail. L'on dit que l'intention de M. de Kevenhuller est de jeter un pont sur cette rivière, pour s'étendre dans ses subsistances et peut-être aussi pour at- • taquer les Bavarois dans leur camp, s'il croit le pouvoir faire avec avantage et qu'ils fessent la sottise de l'y attendre.

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