‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 43 sur 88 · Lbttbe de M. de Puysieux · texte numérisé non relu

Lbttbe de M. de Puysieux

Nieder-Altaicb, 50 juillet 1742.

Les hussards nous ont attaqué ce matin une de nos grandes gardes ' de cavalerie ; c'est M, de Boufflers, capitaine dans Chepy (1), qui la commandoit ; sa bonne contenance et la valeur du lieutenant et du maréchal des logis de la mestre de camp du régiment de Puysieux ont empêché qu'il ne l'aient enlevée ; ils nous ont pris , tué ou blessé cinq cavaliers de ces deux régiments; nous leur en avons aussi tué Çuelques-uns.

Nous avons appris qu'il y avoit eu hier une petite action entre les Autrichiens et les Bavarois, à l'avantage de ces derniers, du côté

de (2) sur l'iser, au-dessousde Landau, lieu où les premiers a voient

passé cette rivière daus des bateaux, au nombre de quatre cents, et où ils paroissoient avoir quelque dessein de commencer la construction d'un second pont ; les Bavarois leur ont tué cinquante hommes et ont perdu fort peu de monde.

Par les dernières nouvelles que nous avons eues du camp de M. de Kevenhuller, l'on débitoit encore dans son armée que ce général seroit enfin obligé de nous attaquer, puisque nous ne voulions pas le faire (entreprise aussi difficile pour lui que pour nous et qu'il ne tentera pas).

(1) L'un oYs régiment* tte cavalerie de l'année du maréchal M Maillebois.

(2) Le manuscrit porte Oh^or**.

Nous avons appris que la garnison de Frauenberg en Bohême avoit été forcée de capituler faute de subsistances.

11 court un bruit confus dans Passau { et qui demande conGrmation) que l'armée de M. le grand-duc avoit entrepris quelque chose sur celle du Roi, qui lui avoit fort mal réussi, et où ce prince avoit même perdu quelques pièces de gros canons.

Toute communication étant coupée avec la Bohême, nous ne recevons plus de ce pays-là que des nouvelles fort incertaines, et encore très-rarement. Il faut espérer cependant que la reine de Hongrie, qui, aussi bien que nous, doit avoir besoin de respirer, ne donnera pas aveuglément dans les visions de l'Angleterre, et qu'elle ne rejetera pas entièrement les conditions d'une paix honorable et avantageuse pour elle.

La désertion est moins fréquente, mais elle continue. Nous nous morfondons dans ce pays-ci, sans savoir quand et pourquoi nous le quitterons.

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