‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 69 sur 88 · Lettre de M. de Puysieux · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Puysieux

A Braraahoff, 27 septembre 1742.

L'on battra la générale demain matin , et nous ferons une demimarche du côté de Prague ; il y a toute apparence que les ennemis marcheront aussitôt par leur droite pour nous côtoyer, à moins qu'ils ne prennent le parti de se tenir sur nos derrières, tant pour nous couper nos convois que pour harceler continuellement notre arrière-garde et tomber sur nos équipages, dont les gros ont été envoyés hier sous Egra.

Il a été décidé que nous prendrions la route la plus courte, celle d'Egra étant trop longue et trop difficile ; tous nos espions conviennent que l'armée de M. le Grand-Duc est forte de 45,000 hommes, dont 28 de cavalerie et le reste d'infanterie de toute espèce. La nôtre est composée de 42,000 hommes effectifs, dont 33,000 d'infanterie et le reste de cavalerie. Pour peu que les pays que nous avons à passer soient coupés, nous aurons la supériorité de troupes; mais s'ils sont ouverts nous serons beaucoup trop foibles en cavalerie.

Le pauvre chevalier de Saint- Vallier fut tué hier en allant reconnoître un de nos postes.

M. le Grand- Duc nous a renvoyé un courrier que la Cour avoit dépêché à MM. deBroglie et de Belle-Isle, et qui étoit accompagné d'un autrecourrier etd'un passe-port de M. d'Harcourt. Ce courrier a été jusqu'auprès de Prague, où l'officier qui commandoit le blocus n'a pas jugé à propos de le laisser passer ; il l'a envoyé à M. le Grand-Duc, lequel l'a fait passer à cette armée-ci avec un trompette, sans avoir néanmoins feit ouvrir ses paquets.

Dans ce moment les ennemis passent le ruisseau qui est vis-à-vis notre camp, et se mettent en bataille dans le dessein de nous combattre demain lorsque nous en sortirons.

(i) ne Prague.

t. îv.

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