‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XVChapitre 70 sur 88 · Extrait d'i se lettkf. de M le dlc de Chf.yreîsr · texte numérisé non relu

Extrait d'i se lettkf. de M le dlc de Chf.yreîsr

Pra*w, «septembre 1742.

L'abondance commence à revenir dans Prague ; les vivres y entrent de tous les côtés. tJne partie de nos troupes, qu'on a fait camper au village de Libben et Petespin, sur le chemin de la Saxe, nous font espérer d'avoir bientôt notre communication totalement libre. Nous nous sommes aussi élargis en brillant les ponts que les ennemis avoient construits sur la haute et basse Moldau. Les hussards et les pandours se font à présent une espèce de guerre civile, les premiers voulant s'opposer au* désordres que commettent les seconds; et ceuxci, ne voulant point se soumettre à cette discipline, tirent sur les hussards toutes les fois qu'ils en approchent.

Cboity, 2* septembre 1742.

Il parott par les nouvelles de M. de Bclle-Isle, que M. le prince de Deux-Ponts n'a pas été seulement blessé; qu'il y a eu trente jours de tranchée ouverte devant Prague; que nous sommes toujours demeurés, dans ce temps , dans des ouvrages extérieurs faits par M. de Belle-Islc dès le commencement du siège, et que depuis que les ennemis se sont retirés de devant la place, M. de Belle- Isle a fait combler leurs tranchées.

54. Lettre d'un officier de l'armée du maréchal de Mai llebos.

Du champ de Plameratif, 29 septembre 1742.

Le 22, notre armée est partie de Waidhausen à six heures du matin; notre arrière-garde a été attaquée par 12 ou 1,500 hussards, qui, après avoir caracolé environ deux heures saus nous avoir fait d'autre mal que de nous inquiéter, nous ont après laissés tranquilles. Sous avons continué notre route à Flans, distant de six lieues de Waidhausen, où nous devions aller camper le même jour; mais le mauvais temps et la longueur du chemin nous en ont empêchés. L'infanterie n'a pu arriver, et encore en partie, que le lendemain 23, sur les sept heures du matin ; et la cavalerie, après vingt-trois heures de marche continuelle, est arrivée à six heures le lendemain 23. Aussi M. le maréchal de Maillebois avoit fort envie de nous faire marcher tout de suite le même jour ; mais l'impossibilité de pouvoir mener toute son infanterie au camp de Tirschevreit, encore trois lieues par de là, l'a

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déterminé à laisser séjourner sou armée le 28. Il a bien eu raison, caf la moitié de son infanterie n'auroit pas joint sûrement; nous ayons appris, le 22, que M. le duc d'IIarcourt, avec un détachement de 1,600 hommes et 1,800 de M. d'Armentières , s'étoit emparé de Plan le 20, et qu'il avoit pris prisonniers 250 chevaux et 200 hommes à pied. L'arrivée de l'armée de M. le prince Charles Pa obligé de se retirer de cet endroit et de joindre l'armée de M. le comte de Saxe, qui est à la tête des défilés de Mahring et sur les hauteurs de Plumerauf depuis le 21 . t

L'armée du prince Charles occupe les montagnes des débouchés dans la plaine de Plan et de Pilsen, vis-à-vis nous, et présente un front égal à notre armée, quoique bien inférieur, plusieurs déserteurs ayant assuré qu'elle n'étoit que de 35,000 hommes.

Position du camp du prince Charles.

Sa gauche appuyée à Heilereutz, Plan derrière son centre, et un village, dont je ne sais pas le nom, devant, où il a mis beaucoup d'infanterie, et la droite à Kuttcnplan ; un ruisseau et des marais continuels, forment le front de nos deux camps et séparent nos deux armées.

Le 24, notre armée a campé à Tirscheureit ; le 25, à Mahring. L'infanterie de la seconde, troisième et quatrième colonne étoit partie le matin pour joindre l'armée de M. le comte de Saxe. Le 26, notre cavalerie et l'infanterie de notre première ligne a joint l'année, et tout est rassemblé présentement.

Le 27, notre gauche s'est étendue et s'est appuyée à deux villages, dont nous nous sommes emparés, au bord du bois et près des montagnes L'armée du prince Charles a longe aussi sur sa droite. Nos mouvements sont pour sortir de l'endroit où nous sommes, et ceux des ennemis pour s'opposer aux débouchés.

Le 28, nous avons fait un fourrage ; les ennemis ont attaqué l'escorte ils ne l'ont pas forcée, mais ils nous ont tué du monde. M. de Montfort, premier factionnaire à la tête des grenadiers, a été tué; M. Le Camus, capitaine de grenadiers, blessé dangereusement ; 1 lieutenant de grenadiers pris ou tué (tous officiers de Champagne) ; 1 capitaine et 1 lieutenant de Poitou pris ou tués, et 62 grenadiers qui manquoientà l'appel, de 180 qu'on avoit envoyés pour l'escorte. M. de Montassé, capitaine de dragons, a l'épaule cassée et deux coups de fusil au travers du corps, et plusieurs officiers tués ou blessés dont je ne sais pas les noms. On prétend que les ennemis ont perdu autant que nous ; on leur a pris 5 chevaux de hussard.

On croit que nous décamperons demain.

Notre armée est au moins de 50,000 hommes. Dans toute autre po-

sitionla partie pourroitêtre inégale, quoique la cavalerie soit cependant plus nombreuse, en comptant le bon et le mauvais.

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