Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758
Mandlle et ion eommerce. Accroisiement de la population, et qui la eompoio. Pn^et du marédial de Belie*]sle pour anginenter la siiiierfidede celle Tllle. — Charité de la famille royale. — Lettre circulaire du Roi aux (^v^qucs, — Fin de la sédition de Rouen. — La Siièiie adopte le calendrier gr«'j^orien. — Continuation de la résistance du Parlement et des refu» de sacrenïents. — Re?ue des mousquetaires. — Réception île deux chevaliers de l'Ordre. — PrésentaUoos. Un officier en uniforme monte pour la piemière fois dans les carroases du Roi. — Ferles do Roi et de ses enfaubt au jeu à Marly; gain de M. de Ùvry. — > Tra?aax d'oriëmrie de Germain pour le roi de Portugal. — Service pour le duc d'OrItsans. — Chftleaux d'Anet, de Créey, d'Auluay, de Naf arro et parc de Bizy*
Du lundi V, VertailUs» — 11 paroit que ce qai a le plus frappé les ministres dans Taffaire du curé de Saint- Étienne-du-Mont pour déterminer à prendre un parti
a été encore plus Farrèt du conseil du 0 scplcmbre 174-0 que celui de 1747; c'est ce qui m'a déterminé à faire copier cet arrêt de 1740 à la lin de ce livre (1).
L'affaire de M. Klinglin n'est point encore finie; le Roi a nommé à sa place de préteur royal , et cette place a été donnée à Fabbé de Raigemorte, en qui feu H. le
(i; Voir à l'Appeodioe à Tannée 17â2 ta pièce W 7.
3 MÉMOIRES OU DUC DË LUTNE&
cardinal de Kolian avoit beaucoup de confiance, et qu'il avoit cliar^é du soin de toutes ses affaires à Saverne. Mais il s'agit de juger M. Klinglin ; on a nommé un cornmissaire pour faire les informations les plus exactes , et c'est un conseiller du paiismentde Besançon |uî a été chargé de cette commbsion. On Tattettd ici incfessamment pour rendre compte.
On prétend dans Paris que M. le maréchal de Belle- Isle a o])tenu du Roi des places à Marseille qui lui vaudront 800,000 livres. Je lui ai demandé surquoi ce bruit étoit fondé ; voici ce qu'il m'a expliqué. .Le Roi, qui a des bontés pour M. de fielle-Isley lui fit il y a quelque temps des questions sur ses affaires particulières ; M. de Belle- Isle lui dit que puisque S. M. vouloit entrer dans ce détail, il étoit obligé de lui avouer que ses affaires n'étoient pas bonnes^ qu'il avoit beaucoup de dettes; qu'il oonvenoit que le tiers de ces dettes étoit pour sommes employées à sa terre de Bisy, inais que les deux antres tiers étoient pour le service du Roi ; que quoiqu'il y eût un abus fort commun pouf les généraux d'armée de s'enrichir par les sauvegardes, il avoit toujours cru que ce droit ii 'étoit pas légitime et qu'il u'avoit point voulu en faire usage. Il expliqua à cette occasion au Roi ce que c' étoit que les ' sauvegardes. Â tout ce détail M. de Belle*Isle ajouta qu'il avoit trop d'attacbement pour le Roi et. trop de reconnotssance de toutes les grâces infinies qu'il avoit reçues de S. M. pour imaginer de lui demander aucune augmentation de ces grâces, ni de gratifications , dans le temps qu'il voyoit qu'en temps de paix il étoit obligé de mettre des impositions onéreuses â ses peuples , mais qu'il croyoit avoir trouvé quelque moyen utile à l'État et par conséquent avantageux au Roi^ et dont il pourroit retirer quelque uniité personnelle si S. M. l'approuvoit. il parla au Roi d'un ancien projet d'un canal en Provence, projet qui avoit été accepté par Louis XIV sur la proposition qui en avoit été faite par M. deSaint-Aignan^