MAI 47119. S
père de teu M. de Beauvilliers et de M. le duc de Saiut- Aignan d'aujourd'hui. Le Roi lui dit avec bouté qu'il prit bien garde à m projet de canal, qu'il étoii fort oomman que les entrepreneurs s'y minassent, et que depuis grand nombre d'années il n'y aToit que le canal de Languedoc qui eût bien réussi. M. de Bclle-Isle s'informa d'abord de M. de Saint-Aignan s'il n'avoit point quelque désir de suivre ce dessein de M. son père pour ce canal. M. de Saint-Aignan ayant dit qu'il n'y songeoit m aucune manière et qu'il remettroit même les mémoires qu'il pourroit retrouver sur cette alflBâre, M. de Belle- Isle envoya deux ingénieurs sur les lieux pour examiner en détail si l'entreprise étoit possible ; il étoit déjà démontré qu'elle seroit extrêmement utile; on trouva qu'elle pouvoit s'exécuter, mais que les frais iroient au moins à 3 millions, et que le produit ne pouvoit pas être déplus de 80,000 livres par an. Ce calcul, ftaitexaetement, prouve qu'il n'y a que le Roi seul qui puisse entreprendre cet ouvrage quand il le jugera nécessaire pour le bien de son service. Mais cet objet n'étoit pas le seul en Provence qui eût attiré Fattention de M. de Belle-Isle; il savoitque la ville de Marseille, considérable par son commerce, pouvait être augmentée* el par conséquent contenir plus ^'habitants. En 1606 elle ne ecmtenoit que - 40,000 Âmes et son commerce ne montoit qu'à 6 ou 7 millions, M. Colbert y fit travailler; le nombre des babitaiits augmenta, et par conséquent le commerce. En 1720, dans le temps de la peste, il y avoit 126,000 à.mes à MarseiUe ; il en périt 70,000 ; malgré cela, il y en a actuellement 135,000, presque tous étrangers; car sur ce nombre il n'y en a peut-être pas 4,000 qui puissent prouver six ou sept générations d'ancienneté d'habitation dans la ville. Par l'augmentation proposée par M. de Belle- Isle, on compte que le nombre des habitants augmenteroit de 50,000. Cette augmentation de la ville est 100,000 toises de superficie du c6té de la porte d'Aix ; ce terrain,
(jiîi e<;t inciilleel deniilî*' valeur, ne se vend pas plus de 20 sols la toise. Le prix de la loise à Marseille est bien différent. Il y a des quartiers où elle se vend jusqu^à 1^200 livres, d'aotres 3 ou (00 livres ; mais, pour ne point se tromper, on Festime à 50 livres lorsqu'elles seront comprises dans Tenceinte. Il y a des frais considérables (1) à faire pour cette nouvelle enceinte, d'autant plus que le prc»jet est d'y construire une place et des rues fort larges. Les frais pour ces nouvelles constructions et acquisitions du terrain monteront au moins à 2,500,000 livres, mais M. de Belle-Isle a une compagnie prête à se charger de Tentreprise ettrès-solvable. Gomme il est nécessaire de détruire l'ancien rempart de ce côté-là, et que
les remparts appartiennent au Koi et tout celui qui est
au bord de la mer ont été donnés à M. de Belle-Isle par S. M. [ stc]. C'est de ce terrain dont M. de Belle-Isle peut tirer un profit très-considérable, en prenant des arrangements avec les entrepreneurs, soit pour les revenus pendant un certain nombre d'années, soit pour des payements en argent, ce qui conviendra peut-être mieux par rapport à son âge et à l'arrangement de ses affaires ; mais il n'estime pas que ces sommes d'argent puissent aller à plus de k on 500,000 livres. On ne peut encore faire jusqu^à présent aucun raisonnement positif sur cette affaire. Le Roi lui a permis de la suivre; il en a parlé à M. le garde des sceaux, en lui demandant auquel de MM. les intendants des finances fil falloit s'adresser] pour le détail. M. le garde des sceaux lui a répondu que Tusage constant depuis M. Golbert étoit que les contrôleurs généraux des finances examinassent eux-mêmes toutes les affaires concernant la ville de Marseille. Cependant M. le garde des sceaux ne pouvant avoir assez de temps, M. de Belle-Isle a communiqué les détails à M. Clostrier, un des
(1) On les estime à 3 mlUioss^ en comptant ecox d^nn nouveau port. (iVo/e du due de
principaux commis de M. le garde des sceaux. 11 a fallu ensuite avoir les observations de M. Rouillé, qui a (ait des objections; on y a répondu; enfin le projeta été envoyé À Marseille, où il hui qa'il soit examiné par le
conseil de la ville » qui fera peut-être encore quelques observations, auxquelles il faudra répondre; ainsi on voit que cette affaire n'est pas encore ûnie.
Du mercredi S, VersmUes. — Il y a sept ou huit jours quePonfit à Paris un service aux Capucines pour Madame. Madame Adélaïde chargea M*^ de Beauvillîers d'aller à cette cérémonie de sa part. La veille de ce service, M** de Beauvilliers reçut, à une heure après minuit, un courrier de Madame Adélaïde; Madame Adélaïde lui mandoit de donner 30 louis aux Capucines. C'étoit le résultat d'une délibération charitable de la petite assemblée qui se fait tons les soirs, de M. le Dauphin, M** la Daupbine et Madame Adélaïde. Cette circonstance pen importante en ellemême prouve la disposition des cœurs et des esprits de la famille royale pour faire du bien.
L'arrêt du conseil de dépAclies parut enlin hier matin; on en trouvera la copie à la lin de ce livre (1). Oulre cet arrêt il y a une lettre circulaire écrite par le Roi à tous les évêques. Il paroit que Fon regarde le 6* article du dispositif de l'arrêt comme un équivalent de la cassation de celui du Parlement. Cependant l'arrêt du conseil, n'étant point enregistré et ne devant point l'être, et n'étant point accompagné de lettres patentes, sera toujours regardé par le Parlement commença avenu^ et l'arrêt de ce tribunal subsiste toujours.
VcniiDei,9ȉvriil75f.
Le Koi m'ordonne, Monsieur, do vous envoyer l'arrêt qu'il vient de rendre en son conseil an sujet des troubles survenus à l'occasion de quelques refus do sacrements faits à des malades.
(I) Voir à r Appendice i raniiéc 1752 la pièce n« S.
La lecture de cet arrêt vous fera connoître l'attention de S. M. pour maintenir le respect et la soumission due aux décisions, et pour reprimer tout ce qui pourroit donner atteinte aux droite de la puissance ecclésiastifiue.
Aiissi De doute-t-ellepas que les prélats de son royaume, continuam de se oanfonner à sesInleiitkHis, ne coneooientavee elle powranétor et provenir le progrès 4e oes nouvelles diviaioiiSt si contraires au bien commun de la leligion et de l'État.
C'est dans cette vue que S. M. vous exhorte de nouveau à ne vous point écarter de ce qu'elle vous a dit connottre de ses intentions par les lettres qu'Ole tt éert» aoK piélais de son royaume en l'année 1781, à défendre à vos eodésiastiques de faire à toutes sortes de personnes des questions plus propres à inspirer la curiosité et l'orguefl qu*à procurer rédifîcation et la soumission, et à leur recommander de n'user qu'avec beaucoup de circonspection et de prudence de précautions qui, quoique dictées par le zèle et In piété , alarment souvent les consciences ou serrent de prétexte pour soulever les esprits contre l'autorité.
S. M. attend de votre amour pour la pai\ que vous ne perdiez jamais de vue un objet si intéressant pour la religiuii t-i pour Tl^'.tat; et vous devez être assuré que le Roi regardera toujours comme un de ses principaux devoirs celui d'accorder à l'Église une protection singulière.
J'ai l'honneur d'être avec un tres-sincère attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéiaBant serviteur, Saii^x-Flobektin.
Du vendredi 5, Dampierre* — Mercredi 3 les chambres s'assemblèrent. C'est encore au styet des billets de confession. M. l'archevèqae a envoyé M. le curé de Sainl- Jean-en-Grève chez tous ses confrères pour s'informer d'eux quel étoit l'usage de leurs paroisses par rapport aux l)illets de confession. Les curés de Paris, à l'exception de sept, ont signé que l'usage étoit d'en demander ; ils ont outre cela signé une requête pour demander à M. i^rchevèque s'ils dévoient toijgours suivre cet usage. Des sept qui n'ont pas signée quatre sont connus pour jansénistes, et deux sont absents. Le Parlement, instruit de cette démarche de M. l'archevêque, a voulu connoître juridiquement celui qui en avoit été chargé, et c'est en conséquence qu'a été l'ait l'arrêté dont on trouvera La copie à
MAI iVttft.
la lin de ce livre (1). Le Koi, inlonn»'; de cet arrêté, a envoyé ordre, le jeudi 4, à M. le premier président de se rendre à Marly à onze heures da matin» ledit jour 4, avec M. Thomé rapporteur j le procureur général et deux présidents, et de lui apporter la procédure en Pétat qu'elle étoit. Le premier président reçut ce courrier hier jeudi, à quatre heures du matin ; sur-le-champ il écrivit un billet circulaire pour que l'assemblée des chambres qui étoit indiquée pour dix heures se fit à sept heures. L'assemblée s'est faite à huit heures; on en trouvera le résultat ci-après.
Ce môme jeudi le Roi tint conseil de dépêches» avant lequel il avoit donné une audience d'un quart d'heure tète à tète à M. l'archevêque.
Ladéputatiou du Parlement n'arriva qu'à deux heures après midi à Marly ; ils n'apportèrent point la procédure en original, mais seulement une copie/suivant qu'il avoit été arrêté dans les chambres. Us eurent audience sur-lechamp. On ne sait point encore la réponse du Roi. Au retour, le conseil de dépèches fut continué, et le Roi donna ensuite une seconde audience à M. Tarchevèque.
M^OMe du Roi y le kjàM.le premier préHdeni.
a J'ai examiné l'information que vous m'avez apportée; mon intention n'est pas que cette affaire soit suivie. J'impose sîlenoe sur -oe à mon procureur général , et je
défends à mon Parlement de continuer celte procédure, que je veux qui soit regardée comme non avenue, notamntentle décret décerné contre le curé de Saint-Jean* en-Grève, qui demeurera nul et de nul effet. >
Arrêté du â mai (2).
Anéte d'envoyer les gens dn Roi à Marly pour demander la permia» aion d'aUer au Roi dans la députation la plas striennelle pour lui re-
(1) Voir à l'Appendice à l'aonée 1762 la pièce n' 9.
(3) Ce ii*eit qii*aa extrait. Fosf. à la page 9 celai qui m'a été ranis de-
A MÉMOlREiS DU DUC DE LUYNKS.
prcseiiler les inconvénients résultant dans la forme dans laquelle S. M. casse les arrêts de la compagnie par de simples ordres verbaux, et pour supplier S. M. de laisser agirsoo parlemeot etoontinuer ses procédures sur des objets aussi intéressants que ceux dont il s'agit, où le Parlemeot s'occupe à dierdier les moyens d'arrêter un schisme dont rarclievéque de Paris se dédare l'auteur. Déclarer à S. M. que si elle persiste dans la résolution de ne pas écouter le Parlement, la eom*' pagnie ne peut plus en honneur et en conadenoe eontinuer les fonc« tionsdeses charges, dont le. devoir le plus essentiel est de veiller à riotérét public de Iq religion et de l'État. Les chambres restent assemblées.
J)u jeudi a, Dampietre,
Extrait d'une lettre écrite le 10 de Paris par un homme instritU.
L'objet des assemblées do 8 au 9 a changé : ce n'a plus été les billets de confession qui ont feit la matière de la déitbéfation ; c'est les associatiotts.OD a prétendu, et peut<étre avec quelque raison, que Tarchevéque, qui assurément a le droit d'assembler ses curés chez lui, n'a pas le droit d'envoyer chez eux leur demander des signatures ; de même qu'im premier président, qui peut assembler le Parlement, n'a pas le droit d'envoyer chez chaque oonaeiller lui demander une signature. La journée du 8 s'est donc passée à interrogsr les curés chez lesquels a été portée la requête à l'ardievlqiie ; ils ont été entendus , et ce n'a pas été au profit de la prétention du Parlement ; car chaque curé a déposé de Tusage constant des billets de confession qui s'est toujours observé dans leur paroisse. Ces déclarations étant faites pendant la journée du lundi sans que le Parlement ait rien fait dire au Roi, hier matin, les chambres assemblées, il a été ordonné que ces déclarations scroient jointes aux interrogatoires faits antérieurement aux curés, pour copie do tout être remise aux députés du Parlement. Sursis à l'arrêté par lequel le Parlement avoit ordonné que le^ chambres demeureroient assemblées, et les gens du Roi mandés pour aller savoir du Roi le jour et l'heure qu'il lui plaît de donner pour la grande depulalion. Les gens du Roi, dont par parenthèse la voilure cassa hier sur le chemin de iMarly, en sont revenus et ont rapporté qu'ils avoient été bien reçus et que le Roi leur avoit donné jour pour dimanche. Cependant, aux termes du dernier arrêté, l'audience deraprès-dinée a été ouverte hier; les salles étoient pleines de curieux. Le Parlement est assemblé ce matin pour recevoir la réponse du Roi^ par les gens du Roi, que nous apprîmes dès hier au soir par M. Moté.
J'ai déjà beaucoup parlé la sédition de Rouen; on
m'a envoyé quelques détails qui ne sont point écrits et l'arrêt du parlement de Rouen; on les trouvera À la fin de ce livre (1).
On a su dès samedi ou dimanche que tout étoii calme à Rouen et aux environs; mais le pain y étoit déjà augmenté.
Il y a dans ce diocèse, près de Chaumont^ des maladies semblables à la suette. il est mort dix-huit personnes dans deux paroisses depuis Pâques. Le S' Boyer^ médecin^ y est actuellement par ordre de la Cour.
M. le chancelier vint le 8 ^ Marly. Il ne put pas voir le Wo'i ; il lui écrivit et remit sa lettre à M. dWrgensou, à qui le Koi donna une audience d'une demi-heure, après son souper, dans les cabinets^ ce qui fit qu'il des* cendit au salon plus tard qu^àTordinaire.
M"* de Pompadour fut saignée deux fois le samedi 6 pour un grand mal de gorge avec de la fièvre.
On a appris depuis quelques jours (ju'il a été publié à Stockholm, au commencement du mois dernier, une or- ^ donnance du roi deSuède^ du 2i février^ pour établir dans ses États le nouveau style> à commencer à la fin de février 1753^^ qu^on retranchera les onse jours du vieux style.
Le S' de Neumaison mourut aux (lobelins, les premiers jours de ce mois. 11 étoit directeur des ouvrages de la Chine eu peinture et dorure pour le Hoi.
Copie de l'arrêté du Parlement du ô mai 175'i.
La Cbur, toutes les eliambres assemblées, en délibérant sur le rédt foit par M. le premier présideot, a arrêté qu'il sera fait au Roi une députation dans la forme ordinaire pour lui n iirésenter que sou par- Iraient, plus animé que jamais de cette fidélité qui a su quelquefois ue
pas redouter niéuie rindignation de ses souverains pour les servir utilement, se trouve forcé par la trop juste crainte du renversement des formes aussi anciennes que l'État, et de la destruction de toute jus*
(I) Voir i rAppeiMlloe àl*amiée les pièces tO «C U.
lîce, d'exposer audit seigneur Roi que les lois et formes dont les tribunaux sont les dépositaires et les gardiens par devoir et par serment ' sont les seuls gaffes de la conservation d'une juste monarchie et font toute la sûreté de la fortune, de la vie et de la liberté légitimes de ses sujets ; que dans les eiroonttinoeg présentes il est phis important qu'en tout autre temps que son perieneot taa «sonnoltieà ceux qui toudroient abmer de la saioteté de leur ministèie pour se soustraire à toutes règles, qu'ils sont soumis aux lois du royaume et sujets à la justice royale. Que les manœuvres clandestines et Illicites qui ont at> tiré Tattention de son parlement sont contraires aux ordonnances et auaii pfi^j^idioiables à Tordre et au vepos publie qu'à la sûreté mâme de la personne dudit seigneur Eoî. Que dans . une omijoDoture aussi délicate les voies d'autorité par lesquelles ledit seigneur Roi paroîtroit vouloir d'une seule parole, ou par quelque acte étranger à Tordre judiciaire, annuler les arrêts du premier tribunal de sa justice souveraine, seroit le coup le plus fatal qu'il pût porter à la constitution de son État et des plus pernicieux exemples contre ses intérêts et ceux de sa postérité. Que son parlement y pourroit d'autant moins déférer qu'il est plus fidèle à son Roi. Qu'au surplus les magistrats qui composent son parlement ne peuvent cesser de lui répéter que le schisme qui s'élève, et pour lequel l'archevêque de Paris ose se déclarer ouvertement, est ce qu'il peut y avoir de plus fatal pour la religion, pour l'État, pour la souveraineté. Que la fidélité qu'ils lui doivent, le devoir de leurs charges, l'amour dont ils sont pénétrés pour sa persoune et pour le bien de l'État ne leur permet pas de souffrir le progrès qu'ils voient qu'un mal si funeste fait sous leurs yeux de jour en jour. Que leur eouscience exige d'eux d'af:;ir, et que si ledit seigneur Roi persistoit dans la volonté d'auéantir ou de suspendre ce que son parlement fera à chaque occasion de nouveaux faits tendant au schisme, ijs le supplient Isès^humblement de vouloir bien les dispenser entièrement de continuer les fonctions de leurs charges, dans Texerdee desquelles ils auroient à se reprocher à chaque instant de ne pas remplir celles qui sont le plus essentielles et le plus indispensables de leur devoir.
Les chambres demeurent assemblées.
Je n ai pas encore écrit dans ce journal ce qui s'est passé au Parlement le 6 et le 8 de ce mois; voici ks «r* rèiés de ces deux jours.
JrréU du 6.
La Cour a arrêté que les gens du Roi seront mandés et chaînés de se retirer dans le jour par-devant le Roi, à Tefifet de supplier ledit sei-
MAI IVttH. It
gneur Roi de considérer que rintention de son parlement, eu suspendant ses travaux ordinaires, n'a point été d'abandonner des fonctions qu'il regarde comtne un de ses principaux dev oirs, mais que ce devoir, tout important qu'il est, peut être interrompu quelquefois par d'autres objets plus importants encoreet plus essentiels. Que celui dont il s agit dans la circonstance présente ne permet pas de s occuper d'aucun autre puisqu*a intéresse TÉtat et la religion.
Arrêté du Parlement du S mai 1762.
La oour, en délibérant sur la réponse du Roi, a ordonné que les curés de Saint-Séverin, Saint-Côme, Saint-Barthélémy, la Madeleine de la Ville-rÉvIque, seront mandés pour reodre compte des manœuvres pratiquées pour leur taire signer un certain écrit.
Lambert, porte-Dieu (1) deSaint-Jean-en-Grève, pareillementmandé pour refus à PiHon, bâtomiter des avocats, et à un maçon rue Jean-de- PÉpine, et Bonnet, vicaire de Saint^Êtienne du Mont, pour pareil refus à la dame Mignot.
ExiraU'tPme ktire du 10.
On vient de me remettre le dernier arrêté du Parlement que je joins ici. On m'a ajouté que les curés mandés avoient déclaré qu'il étoit vrai qu'on leur avoit apporté un écrit à signer, mais que plusieurs d'entre eux, n'ayant pas jugé à propos de le signer chez eux, étoieul venus le signer chez M. rarchevêque. Que le porte-Dieu de Saiut-Jean> en-Grève avoit dédaré qu*il étoit allé porter les sacrements à un malade dans le temps qu'on étoit venu le chercher pour les porter à M. Pillon et au maçon. Et le vicaire de Saint-Êtienne du Mont, qu'il étoit à Tautel prêt à commencer la grande messe quand on étoit voiu le cherdier pour la nommée Mignot ; que ne pouvant quitter de ce moment, il avoit envoyé diercher le porte-Dieu, qui n'y étoit point, [et que cela avoit fait perdre beaucoup de temps. Que chez l'un de ces malades le prêtre ayant demandé si le malade avoit été oonféssé, on lui avoit répondu qu'il avoit été confessé par un Carme ; qu'ayant demandé le billet de oonfessioii, quelqu'un qui setrouvoit dans la chambre lui
(1) On appelait ainsi le prêtre chargé dans ehaqw paroUse de porter les sactements aux malades.
MÉMOIRES DU DUC DE LUYfïES
ayant jelc au nez (I) l'arrêt du Parlement en lui disant : « Voilà le billet de confession; » que le prêtre ayant représenté avec beaucoup de douceur que ce procédé étoit peu mesuré, il avoit pris le parti d'envoyer au P. Carme hii demander la vérité, et que le P. Carme ayaot donné le billet de eonfession, on avoit administaré le malade.
DujinéU iS, VenaiUes.
Extrait tPune lettre de M. le duc de Béthune^ datée du 14 mai,
à Marly,
Le Roi a reçu la graude députation de son parlement (2), suis ant l'usage ordinaire et avant sa messe. Le discours prononcé, il a été à la messe, au retour de laquelle il a assemblé son conseil un quart d'heure ; après quoi il a fait rentrer ladite députation pour recevoir sa réponse.
M. le premier président, après quelques phrases de compliments Justiflcatifs, a pris l'arrêté du 5 qu'il a lu d*un bout à l'autre. Cette lecture finie, il a encore fiât on court discours tendant à foire regarder les signatures requises par M. Tarchevéque commé chose d'une pemideuse conséquence, ainsi que la demande des billets de confession.
Hiponte du Roi au premier président.
Le 14 mai «752, à Marly.
« Des vues de prudence et de sagesse auxquelles mon parlement auroit dû se conformer m'ont déterminé à défendre que les procédures qu'il avoit commencées fussent suivies.
« Je reconnois de plus en plus, par l'examen que je viens de faire des déclarations qui m'ont été apportées, que si les moyens qui ont été employés pour revêtir de quelque forme l'écrit qui a attiré l'attention de mon parlement ont [)u l'inquiéter, cet écrit ne contient rien au fond (]ui soit répréhensil)le. J'empêcherai . néaumoins que de pareilles formes ne soient pratiquées.
« Je connois toute l'importance des objets qui me sont annoncés. C'est par cette raison que je me propose de former incessamment une^ commission composée de prélats et de magistrats de mon royaume
(1) On m'a dit depuis qu'on n'avoit pas jeU VarrH, ainsi qu'il est dit dan» cet article, et que le confesseur étoit un prcMie de Sainle-Geueviève et OQU pas un Garnie. {Noie du duc de Luynes, dfltée du 22 mai.)
(2) Elle étoit de dix du grand banc, quatonee de la grande chambre, quatorie des chambres des requêtes et enquêtes ; les trois avocate généraux et le procureur général ; œ qui Uàî en tout qnarante'denx. ( Koie du duc dç luifnet.)
MAI I7ttft.
pour diiciiter une matière atmi iDléfeasante, tant pour lo bien de la rdigion que pour la tranquillité de l*Êtat, et prendre sur leurs avîs les mesures que je jugerai les plus convenables pour faire entièrement cesser tont sujet de trouble et de division.
« Mon parlement doit, par te conduite la plus sage et la plus mesuréC} et par la dreonspedion de ses déroarehes, ne rien faire qui paisse m*obliger à retenir l'autorité que je lui confie et qui soit capable d*ap* porter quelques obstacles à Texécution de mes intentions, n
ImI députation retirée, le Roi a envoyé chercher M. le premier président et lui a parié seul pendant plus d'un miterere^ portes closes.
Hier» mercredi 17 mai, on dénonça aux chambres assemblées des refos de sacrements faiis sur rarchevèché de Sens, par les curés de Loose et de Saint-Thibault de
Joigny, ot sur l'évéché d'Amiens par lo curé de Saint- (ieopîies d'Ahbeville (1). M. le procureur gt^nt'ral adonne ses requêtes de plainte , et demandé permission d'informer pour les refus de Sens à Montargis, et pour celui d'Amiens àAbbeyille.
Sur le refus de Sens» on a suivi les conclusions et ajouté que les huissiers seroient répétés sur leurs procAsverbaux par forme d'information^ et que les ffens du Roi seroient tenus de rendre compte à la cour des informations, le vendredi de la semaine de la Trinité.
On a suivi de même les conclusions sur le refus d*Abbeville» et chargé encore MM. les gens du Roi de rendre compte desdites informations le vendredi d'après la Trinité.
Le Porlemeut continue ses fonctions à l'ordinaire. Les chambres ne sont point assemblées. H paroit dans le public une estampe avec l'arrêt imprimé du Parlement.
Du Imdi^là, Versailles. — Samedi dernier» veille de la Pentecôte» la Reine fit ses dévotions. L'aprês-dlnée» elle jona chez elle comme à l'ordinaire, et le soir elle joua aussi chez M™*^ de Luynes après le souper. Le Uoi entendit
(t) Voft€Â io s juin.
les premières vêpres daus latrihiine en haut. M. l'évêque de LaDgres y offîcia, et le lendemain. Le jour de la Pentecôte^ M"**" de Brionne (BiontaubaD) quêta ; M. Fabbé Dupont, chapelain du Roi, prêcha. Le sermon finit à cinq heures et demie. Le Roi sortit ensuite et remonta chez lui; la Reine monta à la tribune en haut, en attendant le salut^ avec M. le Dauphin et Mesdames. Pendant ce temps on arrangea la chapelle^ c'est-À«dire on releva le tapis de piedy on 6ta les carreaux^ etc. On dit compiles etla prière, et le Roi arriva à la tribune pour le salut.
Dans les quêtes à la chapelle, dans Je courant de l'année, la Heine y donne 06 louis, outre celles qui se font dani» sa chambre^ lesquelles sont précédées d'un sermon. U y en eut une au dernier voyage de Marly ; mais il n'y eut point de sermon; la Reine en dispensai!, le prieur de Marly à cause de son grand ège. S. M . quôta dans le salon, et le Roi lui donna ; elle fit hO louis.
Aujourd'hui, après les vêpres, le Koi a descendu en bas dans la cour du château pour voir les mousquetaires; ils ont passé à pied et à cheval, comme à l'ordinaire. J'ai déjà marqué le détail de ces revues. La Reine étoii sur le balcon de M. le comte de Glermont avec M"' la Daupbine et Mesdames. Il m'a paru qu'on a trouvé que les mousquetaires noirs marchoient fort bien, peut-être un peu mieux que les gris; mais ce sont deux Ijelles troupes et qui iont bien régulièrement l'exercice nouveau. Les noirs paroissent avoir quelque avantage par leurs chevaux ; on sait qu'il est bien plus aisé d'en trouver. Ces deux troupes onl passé devant la Reine et l'ont saluée à pied et à cheval.
Hier M. de Nivernois et M. de Brionne furent reçus ; Tusage est que le chancelier rend toujours compte des preuves. M. Tabbé de Pomponne y joignit un pe it discours assez étendu sur la maison de Lorraine et sur M. de Brionne. U y avoit environ quarante-deux ou quarantetrois chevaliers. J'appris avant-hier aù soir que M. de
MAI iTttft. 15
Bre«é compioit qae M. de Brionne devmi avoir pour parrains un prince lorrain et le plus ancien duc, et je ne le sus que parce qu'on vint me demander le livre des statuts^ où on se souvenoit d'avoir lu un règlement contraire; efieotivemeiit je trouvai à Tariiole 30 des statuts une dé* dsion tort différente de ce qui s'est passé hier. Celui qui étoit venu me demander le livre, Fenvoya à If . de Brezé. Aux termes de ce statut je ne devois pas m'attendre à être parrain, car quoiqu'il soit dit : les deux derniers ducs reçus dans l'Ordre, Tusage est que Ton entend pour les duos et grands d*£spagne les deux derniers ducs réçus en rang, et non en l'Ordre^ et quand on prendroit Farticle à la lettre» M. de Gbaulneset tf. d'Ayen ont été reçus chevaliers de l'Ordre depuis moi, et M. d'Estissac, qui est duc à brevet, et par conséquent ne prend point de rang avec les ducs; enfin^ je croyois qu'il ne pouvoit pas être question de moi pour parrain. Lorsque Ton fut dans le cabinet dv^Roi, après la réception dans Tordre de S&int-Michel des deux derniers nommés, M. de Brezé me dit qu'il m'avertîroitpour parrain , que le Roil*avoît décidé; ainsi j'en lus étonné, à cause du statut où il est dit expressément prince ou duc; mais le prince de Pons, qui dans ce moment étoit le seul Lorrain dans l'Ordre, ne s'étant point trouvé à Tappel Je crus que ce seroit deux ducs et que Ton m'avoît nommé comme le plus ancien. M. le prince de Pons arriva Fappel fini, l'eus lieu de croire dès , ce moment qu'il ne seroit plus question de moi et que ce seroit M. le prince de Pons avec le moins ancien des ducs. Après que la grande messe lutiiuie, M. de Brezé vint me faire une révérence (1) ; je ne pouvois m'y attendre après ce qui vient d'être expliqué. J'ai déjà marqué ces sortes de révérences, à l'autel, an Roi, aux commandeurs ecclésiastiques dans le chœur et à diaque rang de comman-
(1) C'est riuage que le graqd maître des cérémonies fiisse la référence à ceox <|n*n aveitil. ( Noie du due de iMffnes,)
16 MÉMOIRES DU DUC DË LUTNES.
deurs laïcs. M. révèque de Langres éloit le seul commailo (leur ecclésiastique, et comme il avoit chanté la grande messe, il ne se trouva dans le chœur qu'après la réception. Les deux parrains restent debout à quelque distance du dais^ pendant la réception, et attendent les deux novices^ qui signent après la réception suivant Tosage; après quoi ils font avec eux les mêmes révérences qu^ils ont faites avant la réception.
Il y eut hier deux présentations, M'"*" la maréchale de Brogiie présenta sa belle-lille M""" la duchesse de Broglie (Thiers-Grozat); elle prit son tabouret dans le cabinet du Roi. M"* d'Argenson présenta M"*de Paulmy (La Marche). L'heure des présentations chez la Reine est toujours un embarras pour celles qui sont présentées ; c^est'le même jour que chez le Roi, et toujours après le Roi, et par conséquent sur les six heures du soir. Comme cette heure est celle du jeu de la Reine^ et par conséquent que M*"*" la Dauphine et Mesdames sont chez la Reine, il est fort difficile qu'elles soient présentées avant le jeu. Les présentations debout étant beaucoup plus courtes que celles assises, M""^ deLuynes crut pouvoir faire plaisir à M""*^ d'Argenson, sans conséquence, en la faisant entrer la première, après en avoir fait une honnêteté à M"' la maréchale de Broglie. Cependant ce qui n^a été qu'une politesse a été désapprouvé, mais on voit quel en a été le motif.
J'ai oublié de marquer que la Reine alla & la revue des gardes françoises et suisses dans la plaine des Sablons,
le vendredi 12.
M. de Rochefort, fils de M. de Moutauban, se trouva «n habit uniforme parmi les courtisans qui se présentèrent pour suivre le Roi À la revue. Jusqu'à présent nui officier n'avoit monté en habit uniforme dans les carrosses de S. M. pour les revues; le Roi lui dit de monter, et il ne pou voit se persuader que cet ordre s adressât à lui. 11 monta et suivit le Roi, ainsi voilà apparemment une règle faite.
BIÀl 17»9. 17
Toute la cour revint de Marly le inartli IG, l/a Hrin»» et Mesdames vinrent dîner à Versailles; le Koi chassa, revint souper àMarly et coucber ù Versailles.
Le Roi et ses enfants ont perdu au jeu^ pendant le voyage, 2,600 looîs. MM. de StainvîUe et de Castries as90> ciés, comte d*E9trées, de Razilly et de Livrysont ceux qui ont gagné davantage; M. de Livry, trois jours avant le retour, gagnoit 3,000 louis.
Le mercredi 17, Germain, iameux orfèvre de t^aris, fit voir au Roi et à la Reine un coquemar et uue cuvétte d'argent qu'il a faits pour Tapothicairerie du roi de Portugal. Ryaàces deux pièces 250 mtkvcs d'argent, et elles sont de la plus grande beauté; la façon seule, sans compter les irais de l'étui et du transport, coûtera plus de 20,000 livres; elles doivent être embarquées incessamment sur un vaisseau portugais, qui les attend à Marseille. C'est la vingt-quatrième ou vingt-cinquième pièce faite à Paris, tant parle père de Germain que par lui, pour ce prînce. Les ornements du coquemar sont la figure d'Esculape, dont le couvercle lait le bonnet; ceux de la cuvette, qui a un faux fond percé à jour, sont à un bout une cigogne, et à Tautrebout un coq, et les armes du roi de Portugal en relief devant et derrière. On apprit ici, le mercredi 17, lamortdeM"^deNointel, sœurdeM. Rouillé; elle est morte à Paris.
Le 18 il y eut à Notre-Dame à Paris un service en grande cérémonie pour feu M. le duc d'Orléans ; M. le duc d'Orléans d'aujourd'hui en avoit obtenu la permission du Roi^ et M. de Brezé reçut ordre de S. M. d'y faire les fonctions de sa cliarge comme à l'ordinaire. U invita en conséquence les cours supérieures, qui y assistèrent; M. le duc d'Orléans, M. le prince de Condé, M. le prince de Conty, M. le comte de la Marche y assistèrent en grand manteau et allèrent ;\ Toffrande ; M. l'archevèijue de Paris officia, etTabbé de laTour-du-Pin-Monlauban prononça Poraison funèbre. La messe finie, M. Parchevèque
18 Mfi;M01RES DU DUC DE LUTNES.
lit les encenstMiM iits autour du catafalque, qui étoit dans la net df Tôiilise; au-dessus de ce catafalque il pendoit de la voûte un pavillon avec des rideaux retroussés ; aux deux côtés de cette représentation étoient les stalles pour les prinoes du sang et lee cours supérieures. 11 y a en plusieurs services dans différentes églises de Paris, de Fontainebleati ^ de Montargis^ etc.
Aujouid luii, 2'2, les états d'Artois ont eu audience; ils y ont été conduits par M. de Chaulnes et par M. de vSaint- Florentin. C'est M. Tabbé de Saint-Wast (Brion ) qui a porté la parole.
11 y a dix ou douze jours que l'on apprit que 11. Févèque de Gonserans ( Macbeco de Prémeauz ) étoit mort dans son diocèse, à la lin d'avril ; il avoit soixante ans ; il avoit été agent général du clergé. 11 eut une abbaye I Sainte-Marguerite ) en 1710, et lut nommé évèque en
IHt hmdi 29, IkmpierTt. ^If^ de Luynes désirait depuis longtemps de voir Anet, Grécy ei Navarre ; elle
fit son arrangement d'eïfécuter ce projet du mercredi de la semaine de la Pentecôte au samedi de la même seniaine; et pour éviter une montagne Irès-roide entre Anet et Navarre, par où cependant le Roi a passé dans son voyage , mats qu'il trouva fort mauvaise» nous déterminées d'aller d*abord à Anet» ensuite à Grécy ^ puis à Navarre et de là à Bizy. J'allai dès le mardi coucher ft Anet pour y attendn* M""*^ de Luynes. Anet est un assez gros village fort pivsdu château. Le château est ancien et fort beau, bAti de trois côtés de pierre blanche avec de grands toits. Sur la porte d'entrée est unoerf de fonte, de grandeur naturelle, sur une plate-iorme, aux quatre coins de laquelle sont quatre cbiens; cette machine remarquable est rhoploge du château ; les chiens aboient à chaque quart d'heure^ et le cerf remue le pied droit à chaque coup de Fheure. Ce qui est principalement remarquable au château d'Anet, c'est ce qu'on appelle les
trompes d*Anet ; oe sont deux cabinets sur la face du jardin; ils sont dans Tangle du bâtiment, de chaque c6të, dans une tour saillante , terminée par le bas en cul-de- '
lampe ; cette tour, qui est en belle pierre détaille, coinine le reste du château, paroit n'avoir aucun soutien et en a cependant un fort solide par la coupe des pierres. H y a dans le milieu du château un grand salon ou vestibule qui s'élève jusqu'au premier étage; dans le bas est un des appartements de H*^ la duchesse du Maine , car elle en a souvent plusieurs dans une même maison. Cet appartement, qui est ancien, est doré partout, lambris, croisées et plafond, avec des peintures sur les dessins d'Audran, fort agréables et fort bien exécutées. Cette dorure est aussi belle, et peut-être plus, que si elle venoit d'être achevée. Il y a aussi à Anet un escalier digne d'être remarqué ; la coupe en est belle et la construction hardie; il conduit à l'appartement du Roi, qui" est précédé d'une salle immense, à poutres apparentes, tort hien dorées. 11 y a environ trente appartements de maîtres dans la maison, qui paroissent presque tous meublés et décorés à l'antique. Le jardin n'est pas fort grand ; le parterre, qui est en face de la maison, a assez d'étendue. Ce qui s'appelle jardin ne contient que 25 arpents, y compris le chc^tcau et les cours. Le potager en a 1 sur quoi il y a un grand potager et quatre autres enfermés de murs ; il est remarquable en ce que tous les carrés sont entourés d'arbres fruitiers en palissades de quatre à cinq pieds de haut. Outre le potager, ily a un verger entouré de murailles, qui a 2 arpents, et un boulingrin, qui a 7 arpents, aussi entouré de murailles, et deux parcs, l'un de 90 arpents, l'autre de 1"22. Le parterre est entouré d'un large canal venant du c6té de Sorel; où il y a une maison àM"*^ laduchesse duMaine, dont elle fait usage lorsqu'elle vient à Anet. C'est de l'autre côté de ce canal où est le parc de 90 arpents, dans lequel il y a une maison de Cordeliers, où ils sont trois ou quatre. A gauche du château
20 MF^MOmES DU DUC DK LUYM^.
d'Anet, en y arrivant, est une chapelle très^bien b&tie^
fondée par Diane de Poitiers, et qu'on appelle par celte raison la Diane. Ses enfants y ont fait faire un mausolée oti elle est représentée à genoux, le visage tourné à l'autel. On lit du côté de Tautel :
iETERN^ Q. BiEMOai^ DIANA PICTONEN. DVCIS VALBNTIMA LODOICI
BRBSiBl SVHl APVD NOEMAHOS SBIIBSGALU VXORIS PISTAT. AC RBLIGIONIS '
INTEGRITATK LAVDABIMS IIVIVSO- SACR^ ^:dis œXDlTRlCIS ciiariss. matris pietiss.
FIL. LODOICA PRINCIP. ILLVSTRISS. IXAVI). LOTHARiF.NI OVC AVMALL^I FRANCISCO RORERTl 31AREIAN1 STRENVISS. DVC. BYLLIONEN C01V6. M0EST18S. P. P.
Et du côté de la sacristie est pareillement gravé ce qui suit :
UlC TËCV MEDITAS PAYLiSFER SiSTE