‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 4 sur 58 · MAI 176^. 3S · texte numérisé non relu

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sur la droite par deux potagers. C'est auprès d'un de ces potagers que l'on construit une machine pour élever Teau à 165 pieds de haut^ ce qui est fort nécessaire pour la commodité du château. iWbliois de marquer que Fallée la plus près du château , en entrant dans le parterre, qui est terminé par deox grilles » Tune à droite, Patitre à ganche, est prolongée dans la campagne par des avenues qu'on a plantées ; celle de gauche conduit à un petit bois de 4 ou 500 arpents , au milieu duquel on a feutun obélisque; dans l'avenue à droite se trouvoit le village de Grécy , qui n'est pas considérable. Les maisons de ce village qui se sont trouvé boucher l'avenue ont été détraites, et on en a construit d'autres à droite et à gauche. M"' de Pompadour vient d'y taire bâtir une maison pour le chapelain de Crécy, une inlirmerie, une écurie pour près de 200 chevaux. Outre cela elle vient de l'aire ré* parer le pavé de la paroisse et y a fait construire un au* tel fort beau et fort orné de sculptures. J'ai expliqué que le vallon qui est par delà la terrasse n'est pas fort large ; c'est ce qui fait qu'on ne le voit point du tout de la maison; on ne voit que la montagne et le verlugadin.

De Crécy à Navarre il y a dix lieues ; on passe d'al)ord par Saint-Remi,, terre que M™*^ de Pompadour vient d'acheter pour joindre à Crécy et qui vaut environ 12,000 livres de rente; de 1à on va à Nonancourt et à Dam ville. De Damville on arrive à Navarre par la forêt, qui est par* faitement belle . Je crois avoir déjà parlé de Navarre , y ayant été il y a deux ans. Je crois avoir marqué que la rivière d'iton, qui forme cette belle nappe de 50 pieds de large et de 7 et demi de haut, arrive par un trèsgrand canal qui est couronné par la forêt. Entre la tète du canal et la forêt est le village d'Armières, qui appartieiit à Tabbesse de Saint-Sauveur d'Évreux, qu'èlle n'a jamais voulu ni vendre ni échanger, quelque proposition qu'on lui ait faite. J'ai appris cette année que celte abbesse a un droit de pèche dans la rivière dlton; il ne

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dure que vingt-quatre heures depuis le samedi delà semaine de la Pentecôte à midi jusqu^au dimanche de la Trinité ù midi ; ce droit ne lui est point contesté, mais comme M. de Bouillon a le même droit lé reste de Tannée, il a grand soin de faire pécher la rivière quelques jours aupa* ravant; c^est ce qui fait que la nappe n^étoit pas dans sa beauté quand nous passâmes à Navarre. On ne peut assez admirer la beauté des jardins et des eaux de Navarre. Le salon du milieu, qui est fort beau commeje l'ai dit, n'est d aucun usage; il n'y a point de cheminée. Les deux pièces d'assemblée étoient à i^auchej M. de Bouillon vient de les faire refaire à neuf ; la seconde est fort grande etforme un cabinet à. peu près comme celui de Grécy dont je viens de parler. Quoiqu^on voie par le bout de ce salon la rivière et le canal, par les fenêtres qui sont dans la longueur du salon on ne voit qu'une montagne qui est fort près, fort haute et toute couverte de bois; ces bois font partie de la forêt. Après avoir resté environ trois heures à Navarre, nous allâmes coucher à Bizy. 11 y a six lieues de Dreux à Bizy, passant par Pacy» et d'Ëvreux à Navarre il n'y a qu'un quart de lieue.

J'ai déjà parlé de la beauté des plantations de Bizy. Tout le plan du dedans, qui fait environ 2,000 arpents, est planté, et le dehors, de 4,000 ai'pents, est bien avancé. On rne cou toit ce voyage-ci que lorsqu'on eut pris le parti de ce plan, M. de Belle-lsle le montra à M. Desgots, et le pria de venir sur les lieux; H. Desgots se rendit à Bizy, et ayant examinéleterrain, il sut à qui il appartenoit et que la plusgrande partie étoità différents particuliers, à des habitants, à des moines et communautés, etc.; il jugea non-seulement le projet chimérique (il l'auroit été pour tout autre que pour M. de Belle-lsle), mais il ne s'empressa pas de travailler. M. de Belle-lsle lui dit de travailler toujours, comme si tout étoit à lui, et il en a fait l'acquisition par 300 contrats, comme je Tai marqué.

JUIIS i76%.

Gouvernement de la Marche. — Jeu à Marly. — Commission nommée pour raffai>e des refus de sacrements. — Affaire du curé de Saint-Georges d*Abl)eYille. — Mon de M'ne de Kupelmonde et son testament. — Arrêt lin coiMeil. — Vol à VMWilles. — Refus de sacremeiits. — Fête du Sacré- Cœm, — Gréatioa de deux cornettes dans les clieTaa-lëgers. — Tixe des charge» d'officiers supérieurs dans les elieTsa- légers. — Dettes do duc d*Antin. — Demandes du patriarche d*Antioche. — Refu^ de sacrements.»- > Nombre des clievaux du Roi. — Assassinat du curé de Viroflay — Affaires des rurés de Montmartre et de .Sainte-Marguerite. — Nouveau crime. — Affaire du S"" Gautliier. — Mort de Coypel. — Affaires du Parlement.

— Renoiivelleroent chez Menâmes aînées. — Députalion du Clergé au Roi. — Gonvemement du château du Taureau. — Dudié d*Elbeuf. — Affaires du Parlement. — Grftoe accordée à M. de Maurepas. — Maison du duc de Penthièvre à Puteaux. — Maison de M. dlsengbien à Surofiiies. — l^réseutalions. — Le maréchal de la Feuillade. — Voyage de M. (1c PauUuy. — Foi et lioinina^e du prieur de Saint Thomas d'Arpajon.

— Redevance singulière. — Kvèché donné. - Lutte du parlement d'Aix contre l'archevôque de cette ville. — Pen&ion donnée.

Du vendredi 2. — On me manda le 27 mai, de Marly, que M. de Maiilebois avoit obtenu son retour. Il a permission d^a41er à Paris^ mais non pas à la Cour (1).

Le gonvernement delà province de la Harcbe, qui étoit vacant depuis la mort de H. de Saint-Germain-Beaupré, il y a environ deux mois, vient d'ùtre donné à M. de la Salle, lieutenant général des armées du Hoi, mari de M"" de Clermoût-Chatie, fille de M'"'' de KoussUlon. Ce gouvernement vaut 11,000 livres de rente, sur quoi il y a un brevet de retenue de .100,000 livres à payer. M. de la Salle est offîder supérieur dans les gendarmes et a une pension de 3,000 livres, que l'on eroit qu'il rendra; en ce cns, il n'auroit que 3,000 livres de plus qu'il n'avoit de revenu.

M""= de Châteaurenaud vient de conclure le niariai^e de M'"" sa fille avec M. deBelestat, qui est de Vivarais et ofti-

(1)M. de Maiilebois a paru ici à Versailles, aujourd'hui, oomuie à Tordi* naîre. (iVo/e du duc de Luynest datée du 15 juin 1752.)

cier dans la geadai'nicrie. M""' de Châteaurenaud^ qui est dame de Mesdames^ cède sa place à sa fille.

Lundi dernier, M. d'Argenson donna à dîner à M*^ de Pompadour, dans sa maison de Neuilly.

Toute la Cour revint de Marly à Versailles mercredi derdier, 31 mai. On y a joue très-gros jeu, souvent jusqu'à huit ou neuf heures du matin. On a beaucoup joué au tri ; c'est une espèce de quadrille en 6tant une couleur; on y jouoit fort cher.

Le Roi doit aller àCrécy sanfedi prochiûn jusqu'au 7.

M. Thomé, conseiller au parlement de Paris, qui étoit rapporteur de l'affaire contre les curés de Paris qui ont fait refus des sacrements, comme je l'ai marqué, a été depuis peu malade assez considérablement (1) ; il a demandé à recevoir les sacrements^ qui lui ont été administrés sans aucune difficulté, ayant été confessé par un capudn^ lequel en a averti H. le curé de Saint4^aul^ dans la paroisse duquel étoit M. Thomé.

Le Roi nomma il y a quatre ou cinq jours quatre colonels dans les grenadiers royaux, savoir : M. de'Broglie, qui donne son, régiment de cavalerie à M. de Bussy-Lameth, son beau-frère; M. deChoiseul^ menin de M. le Dauphin ; M/de la Trémbille et M. de Tessé^ fils ainé de H*"* de Tessé, lequel a la charge de premier ^cuyer de la Reine.

11 est dit, dans la dernière réponse que le Roi a faite à lagrande députation du Parlement, que S. M. nomineroit une commission de prélats et de magistrats pouréclaircir lés difficultés faites par le Parlement sur le prétendu schisme qu'il dit s'introduire par le refus des sacrements aux malades; cette commission a été nommée il y a trois ou quatre jours.. Les commissaires ecclésiastiques sont M. le cardinal delà Hochefoucauid, M. le cardinal de Sou-

(1)11 est mort depuis, de la méine maladie. (IVote du diic de LuyneSf datée do 16 Juin 1752.) •

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