‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 5 sur 58 · JUIN I7S · texte numérisé non relu

JUIN I7S

bise^ M. Tarchevèque de Roaeo et M. l'évéque de Laon (i) . Les laïcs ou magistrats sont M. Tanden procureur général (JolydeFleury), M. de la6ranville,M. d'Auiiac et M. Trudaine.

Du samedi 3, Dampierre. — J'ai parlé, à la page 13 de ce volume, de la dénonciation faite au Parlement contre le h' curé de Saint-Georges d'Abbeville. Je fais mettre ci- / après ce qui s'est passé au Parlement en conséquence de ladite dénondation.

Jrréi du Parlement du 8 juin n 52,

La Cour a ordonné que Diival, curé de Saint-Georges dWbbeville, et son vicaire seront décrétés de prise de corps ; déclare nulle la déposition de rhuissier ; ordonne qu'il sera répété dans la sommation et entendu de nouveau en entier f»r forme de déposition ; que les originaux des sommations seront apportés au greffe, et que rinformation sera continuée pour le tout rapporter aux chambres assemblées le vendredi 16.

Arrêté du PariemmU du 3 juin 1753.

La Cour a arrêté que les gens du Roi seront mandés et charges de se retirer par devers le Roi pour l'instruire des faits qui concernent révéque d'Amiens et lui porter une expédition de rinformation, afin de le mettre à portée de se convaincre par lui-même de la grandeur du mat et de la nécessité d'apporter un prompt remède aux pernicieux effets que produit b,eondnite de phisieurB évéques, et le supplier trèsbnmblement de vouloir bien juger par celle de sonparlement dans cette occasion des véritables sentiments qui raniment et des vues de prudence et de sagesse qui règlent toutes ses démarches dans une matière aussi importante. '

Du dimanche DampUrre. — On m'a mandée de Versailles, depuis que la Gour est revenue de Marly^ plusieurs nouvelles que Ton trouvera ci-après.

H) Ce qui peut avoir délenniné à les choisir de préférence, c'est qu'outre leur inérile personnel et leur caractère de (fonceur et de s;if;e-;.se, ils sont tous deux titrés, M. l'arclievêque de Rouen coujuie ayant été évoque de Cliâlons ; ainsi il ne peut y avoir de difficulté pour la séance avec tes conseillers d'État. iWote du due de luynes.)

On inc in.'iiult; du 31 mai la morl de M""" de Mailiy; elle étoil lille de M'" de Sebbeville (Chevalier) ; il y avoît déjà quelque tempç que son esprit s'étoit fort alfoibli, quoique jeune. Étant en couches on avoit eu l'imprudence de lui dire que sa mère, dont elle attendoit de grands biens, se remarioit et qu'elle laisoitde grands avantaires à celui qu'elle épousoit; celte nouvelle lui avoit fait une violente impression. •

MT" de Rupelmonde (d'Alègre) (1 ), sœur de M"' la ma* réchale de Maillebois, mourut ce même jour 31 mai, à deux heures, à sa maison de Bercy ; elle étoit dans sa soixante-dix-huitième année, étant née au mois d'avril

Il y avoit longtemps que M"* de Rupelmonde avoit une très-mauvaise santé et des incommodités qui la mettoient souvent à la mort; elle venoit d'avoir une très-grande maladie, dans laquelle on croyoit qu'elle avoit craché un tubercule, ce qui lui étoit déjà souvent arrivé ; à peine étoit-elle convalescente de cette maladie, qu'elle a voulu aller à Bercy, malgré toutes les représentations qu'on a pu lui faire; elle s'est fait porter sur sa terrasse, où elle a . resté quelque temps, ce qui a augmenté son mal. ËUe avoit fait depuis quelques années une donation à IT^ de Sourehes (Maillebois), sa nièce, d'une de ses terres en Auverirne ; c'est la terre de Tourzel. M'"*" de Rupelmonde l'avoit fait ériger en marquisat. Elle est composée de sept paroisses. Ce marquisat vaut 22,000 livres de rente. M"" de Sourehes n'en aura que l'usufruit ; la donation est en faveur de son fils. Dans le temps de cette donation, M. de Sourehes, père du' donataire , donna 100,000 livres à.

(t) La maison tl'Alègre esl Tourzel, el voici comme oMe :\ pris le nom d'A- Icgre. J(Mn, duc deBerry, iils ihi roi Jean, .ivoit pour grand cliamhellan Morinot (le Tourzel. La maison d'Alèf^rc c l int (Heinte, el les biens revenant au souverain, Jean duc de Berry lus demanda au roi son père, et les oblint pour Mmrinot de Tonrael, entre attires la terre d*Alègre, qui est en AuTergne, à oondtiion <le prendre le nom d*Alègre. ( Aoto du dm de J^uynci . )

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JUIN ilé^. 2i)

M*"' de Rupelmondey qui servirent à payer la maison de Bercy. Outre cela M. de Sourches est chargé de payer le douaire de M** de J^upelmonde, la carmélite qui est de

200,000 livres, par conséquent 10,000 livres de rente. Si on peut ajouter à ces charges ce que xM""^ de Kupelinonde laisse au fils de M""' de Sourches, M. de Sourches perd quelque chose à cette donation. Par son testament elle laisse le quart de la terre de Montaigu à M*"* la marédiale de Maillebois^ qui en avoit de droit la moitié, et Fautre quart à M"* de Guereby ( d'Harcourt ), et elle prie M™' de Maillebois d'acheter ce quart de M"** de Guercliy et de substituer cette terre au fils de M. de Sourches; il est vraisemblable que M""' de Maillebois ne suivra pas ce conseil^ parce qu'elle feroit tort à ses enfants.

La maison d* Al^e possède encore la terre de Tourzel , comme je Taidit. Les armes de Tourzel étoient des armes parlantes, une tour avec des ailes. La maison d'Alèg-re a conservé une partie de ces ariues; ils portent d'azur à Ja tour d'argent, accompagné de six lleurs de lis d'or, trois de chaque côté.

M*"^ de Rupelmonde a fait sa légataire universelle la fille de H. de Guerchy. Les legs particuliers vont k 250,000 livres, y compris 60,000 livres au fils de M™ d'Alègrc, belle-sœur du feu abbé d'Alègre (1), laquelle a plaidé et perdu partout, même en cassation d'arrêt, pour h>s biens de la maison d'Alègre. C'est M. de Guerchy qu'elle a chargé de faire valoir cette somme de 60^000 livres^ afin

(1) Nommé le 17 oetobro 1728 abbé de Boorgueii, vicaire général de Chartres en 17S8. Il ent une sœur, qui fat nommée abbesse de Saim-Oeorges de Rennes, ordre de Saint-Bonolt, le IX janvier i7i >, et un frère qui fut capitaine rérormé dans le mestre de camp-général-(liai^on>. Ils étoient enlanls du second (ils du clievalier d'Alègre, depuis marquis de beauvais, (ait capitaine de frégate le 21 mai 1706, qui se maria a Marseille, et pelits-enranls du niarquii de Beauvais, qui épousa en 1054 une Ligondez, et neveux de M<Mde Précigny, dont le mari étoit consdiler au Parlonent. (IMe du duc dê LHunn» )

de Temp loyer & Féducation du petiid'Alègreet de loi en

acheter ensuite un emploi ou un régiment. Ce legs est une preuve de la piété de M"' de Rupelmonde : elle en avoit beaucoup effectivement; elle a voulu prouver qu'elle n'avoit aucune peine ni aucun^ ressentiment contre M"**' d'Alègre^ malgré son acharnement pour lui 6ter tout son bien.

Outre les terres dont on vient de parler et le mobilier,

il y a la maison de M'"'' de Rupelmonde à Paris, estimée 200,000 livres, sa maison de Bercy, qu'elle avoit achetée de M. le duc de Penihièvre 80»000 livres et qui n'est estimée que cette somme^ «pioiqu'elle y ait fait beaucoup travailler; elle avoit encore environ 120 actions.

H"' de Rupelmonde a nommé ses exécuteurs testamen» taires : M. de Guercby, à qui elle donne sa bibliothèque, et M. de Séclielles (1),

Pai* la mort de M"*^ de Rupelmonde, la compagnie des chevau-légers de la garde hérite de 2,000 livres qu'elle lui payoit de rente viagère depuis que cette compagnie a fait Tacquisition de rhôtel d'Âlègre à Versailles. Cette acquisition faitune augmentation pour la compagnie, par un échange qu'ils en ont l'ait avec T ho tel des fermes dans l'avenue de Saint-Cloud.

11 y a un arrêt nouveau du conseil qui supprime plusieurs écrits anonymes sur les affaires du Parlement contre les curés qui ont refusé les sacrements. La plupart 4e ces écrits sont contre le Parlement, et ne mériteroient nullement d'être supprimés; mais pour mettre fin aux disputes, le Hoi a renouvelé les défenses d'écrire pour ou contre, et c'est sans doute ce qui a donné occasion à Farrôt. Dans le même temps qu'il a été rendu, le Parlement

(1) M. dé Goerehy a ^osé une fille de Cbd M. le maréchal â*Baiootirt et de

Mlle de narbezienx, de laquelle la mère étoit sœur de M<ne de Rupelmonde. M. ili* Séchelles et M. <le Nassigny son frère ont épousé les deux sœurs, filleft de M. de Précigny, dont la mère est d'Alègre. ( JS'oU du dw de iA^nes,)

de son o6té en a rendu un aussi qui supprime les mêmes écrits. Celui du conseil est du 30, et celui du Parlement

du 31 mai.

Le nommé Desmurs, huissier du cabinet de la Heine, fut attaqué le 31 à la butte de Picardie^ à cinq ou six heures après midi, par trois voleurs à qui il fallut donner la bourse etla montre. Il voulut se mettre en défense avec * son épée, mais on lui présenta deux pistolets, et il prit le parti le plus prudent, sans cependant vouloir donner son épée;ilavoit de For sur lui, mais l'or et l'argent n'étoientpas dans la même poche ; il jeta son argent et retourna sa poche; c^est en faisant ce mouvement qu'on aperçut sa montre; on la lui demanda et il fallut la donner.

M'^^'de Bonnac-Howal et de Panlmy eurent Fhonneur de monter dans les carrosses de la Heine, S. M. allant à la paroisse; c'étoit lejour du Saint-Sacrement. M""' de Luynes présenta hier 3 juin M. le cardinal de la Rochefoucauldà la Reine. S. M. le reçut avec beaucoup de marques de bonté, et tout le monde est fort aise de lé revoir. Il a aussi été très-bien reçu par le Roi.

M. l'évèquc de Carcassonne (Bezons) est venu ici demander Tagrément pour le mariage de M""* de la Feuillade, sa nièce, avec M. de Lislebonne, iils ainé de M. le duc d'Harcourt. C*est M. de Carcassonne qui a demandé l'agrément.

On apprit hier ou avant-hier la mort de M. Févêque de Castres ; il est mort dans son diocèse ; il a voit été sacré évèque d'Uzès en 1729 et nommé évèque de (Castres en 1736. Il étoit frère de M. deSaint-Jal, chef de brigade. Cet évéché vaut 30,000 livres de rente; il y a 79 paroisses et 2 abbayes.

M** de Bacby prit hier congé; elle étoit conduite par de Pompadour. Elle va passer trois mois dans ses terres en Provence, d'où elle ira joindre son mari, qui est ambassadeur de France en Portugal.

Madiiine hiianlc, tlucliess** del*arine, est aUendm* ici au uiok de septembre ; elle arrivera il Fontainebleau; les ordres viennent d'être donnés pour l'aller recevoir. M. le chevalier de Crenay commandera les galères qui la passeront; il a ordre d'être À Gènes le 1^ septembre; elle passera à Lyon le 15 ou le 16. Cest M. le duc de ViTlars (jui a ordre d'aller la recevoir en Provence , son gouvernement.

M. le Dauphin, M""" la Dauphine all«^rent avant-hier au salut à Poissy, d^où ils n'arrivèrent qu'À huit heures et demie. Eu rentrant dans le petit parc par la porte Saint* Antoine, un page de M"* la Dauphine voulut y passer eh

mt>me temps que le carrosse ; comme le chemin tourne î\ [)eu de distance de la [lorlo, le page n'ayant pu arrrter son cheval, le chevalfut accroché par la roue et tomba; le page eut la jambe cassée ; on le porta sur-le-champ sur un brancard à M. de la Martinière, premier chirurgien.

On m'a envoyé de Paris aujourd'hui la copie suivante :

Le euré de Saint-Thibault de la ville de Joigny déerété de prise de corps pour refus de sacrements à la sainte Table. Son vicaire décrété d^ajournement personnel pour pareil refus.

Nouvelle information ordonnée sur le tait du refus de Textrémeonction parle même curé faute de rapporter des billets de confession, et sur le fait d*une liste envoyée par le même curé aux capucins de Joigny de plusieurs personnes à qui il défend d'administrer le sacrement de pénitence.

Décret d'ajournement personnel contre le curé de T .an s, -même diocèse de Sens, pour refus de sacrements à la sainte Table.

Par une lettre d'aujourd'hui k on me mande que le Roi. partit hier pour Crécy et qu'il doit chasser en chemin faisant ; il n'arrivera que tard à Crécy, mais son projet est défaire médianoche. S. M. donna ordre, avant de partir, à M. le chancelier détenir un comité sur les afl'ainîs préj-i'nles du Parlement et de lui eu mander le détail à Crécy. Ce comité s'est tenu; il éloit composé de tous ceux

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qui sont du conseil de dépêches ^ excepté M. le Dauphin; il a duré jusqu'à sept heures du soir.

H. d'Arnaud, frère de celui qui a mis en vers les Lamentations de Jérémie, a été présenté par M""' de Luynrs ce matin à la Reine. Ce frère, qui a été quelque lenips à Berlin, est actuellement à Dresde, d'où il a écrit à .M""* de Luynes. Les titres que prend ce poète sont : conseiller de légation de S. M. le roi de Pologne, électeur de Saxe, et membre de Facadémie des sciences et belles-lettres de Prusse.

Du samedi 10, Versailles, — Jeudi dernier, lin de l'octave du Saint-Sacrement, la procession fut à l'ordinaire autour de la place Dauphine. La Heine n'y alla point, parce qu'elle est fort enrhumée. Madame Victoire, qui a mal aux dents, ni Madame Louise n'y allèrent point. LV près-dlnée, quoiqu'il ne fût point fête, le Roi a été & vêpres et est revenu aXi salut. Il y a eu un motet, suivant l'usage pratiqué pendant toute Toctave. Le petit Richer, qui a dix ou onze ans, y a chanté et a été fort applaudi.

Ce même jour jeudi, il y eut trois signatures de contrat de mariage. Celui de M"* de Donges, sœur de feu M"* de Champagne, ayeoH. deQuerhoent (Goetenfao), homme

de condition de Bretagne, qui a 00,000 livres de rente. Celui de M. de Gardouges de Belestat avec M"* de CliAteaurenaud, et celui de M. deLislebonne avec M"' de la Feuillade. De ces trois signatures, la Reine en fit une avant son dîner et les deux autres pendant qu'elle étoit à table.

lie 8, les gens du Roi apportèrent à S. M., en conséquence de l'arrêté du Parlement, les procédures et inlor" mations faites contre le curéd'Abbeville et contre M. 1 evêque d'Amiens. Le Roi a dit qu'il les examineroit. Il est bon d'observer qu'il y a eu dans les chambres 16 voix pour décréter de prise.de corps M. Févéque d'Amiens.

Hier vendredi étoit la fête du Sacré-Cœur de Jésus; elle

n^est que de dévotion. Cette dévotion fnt établie en 17tô^ à la prière de la Reine. La première fut célébrée le 1*' juin

llk'2. Il y a une confrérie de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, à laquelle le pape Benoit XIV aceorda des indulgences parsabulle du 30 mars 1742. L'usage est de dire une messe solennelle à la paroisse Notre-Dame, et la Heine va tous les ans ce jour-là à la paroisse. S. H. n'y alla point hier, étant incommodée d'une fluxion. M. le Dauphin, M'"' la Dauphine et Mesdames entendirent la messe à la paroisse. Il y eut olt'rande et quête. iMon frère, qui éfoit arrivé de Bayeux la veille, suivit M™*^ la Dauphine en rochet et camail. Ce fut lui qui présenta à M'"'' la Dauphine l'argent pour Toflrande et pour la quête. 11 étoit dans la règle quant àla quête. Au retour de la messe. M"" la Dauphine alla chez le Roi ; on parla de ce'qui s'étoit pasèé ; S. M. dit que ce n^étoit point au premier aumônier à présenter l'argent pour l'offrande , que c'étoit à la dame d^honneur, en son absence à la dame d'atours, et eu l'absence de Tune et de l'autre à Tofficier des gardas qui est auprès de M*"^ la Dauphine.

! ^Le Roi vient de faire un arrangemeint ' nouvèau pour les charges d'officiers des chevau-légers de la garde et

a créé deux nouveaux cornettes dans cette troupe. 11 y a dans les f^endarmes un capitaine-lieutenant, deux souslieutenants, trois enseignes, troisguidons; dansles chevaulégers un lieutenant (1), deux sous-lieutenants et quatie cornettes qui ont le rang avant les guiddns dès gendarmes. Par Farrangement qui vient d'être finit, le Roi ne voulant faire aucune diminution au rang des guidons des gendarmes, a réglé que les deux nouveaux cornettes n'auront rang qu'après les guidons des gendarmes;

(l)C*MtleRûi qui en est leMptUine, comme il l'«st des gendarmes ; mais

II- commandant des gendarmes prend la qualité de capitaine-lieutenant, ei c^lui des clievau>légen oe prend que celle de lieutenant. (Aoie du duc d9 Luynes, )

JUIN i9ltt. U

mais comme ces guidons avoieiit devant eux les (|iKitre eorueltes, ils auront toujours le inèiue nombre, A Texceptiou que de ces quatre cornettes les deux plus anciens auront le titre et le grade d'enseigne, sans augmentatioD d'appointements , on peut dire même sans augmentation de rang, puisque par leur rang de cornette, ils passoient dé^à avant les guidons des gendarmes^ et ils y passeront de même. Cet établissement fait qu'outre le commandant il y aura dans chaque compagnie deuv oflÀciers par quartier^ ce qui rendra Tassiduité au service plus facile, assiduité plus difficile à remplir par un seul offîciw, surtout à cause des fréquents Toyages du Roi. Ces nouvelles charges de cornettes ne seront payées que 100,000 livres. L'argent sera porté an trésor royal, et le Roi ayant bien voulu accorder le prix de ces nouvelles charges X M. de Chaulnes, pour faciliter rétablissement entier de la compagnie à Versailles et la mettre en état d'acquitter des dettes contractées pendant radnûnistration de M. deFortisson, oî-devant premier aide-major, c'est-àrdire n^|or de cette compagnie, il sera expédié à M. de Chaulnes un ordre pour toucher au trésor royal pareille somme de :200,000 livres.

Le Roi a taxé en nîènic temps toutes les autres charges d'officiers supérieurs des chevau-légers : les souslieutenants à 160,000 livres et les cornettes à 100,000 livres. Celles qui existent actuellement ont été achetées différents prix;

M • d'EloorallIes, l*' sous-tteatenant, a acheté iso,ooo llv. M. de Lubersac, S* sous-lieutenant, a aeheté 150,000 liv.

et H. ae Goste, S" cornette, i

M. de Marignane, S' cornette,) ^^^^ ^

et M. de Benneville, 4* cornette, )' ' '

M. de Foncemagne, qui étoit attaché à l'eu M, le duo d'Antin, bisaïeul de M. d'Antin d'aujourd'hui, me di-

soit il y a (jiM*lqu^*s jours qii à sa inoi t il ne tl<'voit (jiu* 800,000 livres, et qu'il a voit pour 1/200^000 livres de mobilier.

J'ai déjà marqué que le patriarche d'Ântiocbe avoît en* voyé ici an abbé'son neveu pour demander au Roi sa protection. Tai appris depuis qu'il y a un an ou dix-huit

mois (1) que ce neveu est à Paris. Il demande trois grAces, la protection du Roi auprès du Grand Seigneur. On a écrit à M. Desalleurs de demander, comme de lui-niôme, au Grsgfid Seigneur sa protection pour les catholiques d'Antioche persécutés par les hérétiques et par les schismatiques. La seconde demande a aussi été accordée ; c'est le portrait du Roi. La troisième a été refusée ; il demandoitune somme de 60,000 livres pour le rétablissement d'une église ; on a cru (jue cette grâce regardoit plus particulièrement la cour de Home.

J'ai dit qu'il y avoiteu des lettres écrites par le patriarche à M. de Maurepas, èt qu'il y avoit répondu. Ces lettres sont de 17^5 on kê; c'étoit au siget du portrait du Roi, mais on ne jugea pas pouvoir le risquer dans ce temps, à cause de la guerre.

Il y a eu, plusieurs de ces jours passés, des assemblées chez M. Tarchevèque de Paris. Ce n'est point la commission, ce senties évéques qui se trouvent ici. On y a dressé une requête qui sera pr^ntée au Roi au sujet des qualifications odieuses données par le Parlement à M. l'archevêque.

Les assemblées des chambres du Parlement sont toujours fréquentes au sujet des refus de sacrements. Le curé de Joigny auroit été arrêté par ordre du Parlement et amené à la Conciergerie, mais on ne Fa pas trouvé.

Un curé d'Abbeville a aussi été décrété de prise de corps, et le Parlement a cru beaucoup faire en ne pro-

(1) Il ti*est arrivé qu'an nois de février de cette année. (Xotê du dimt de Ltiyne$t datée dn S7 Jain 1752. )

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noQçantpasle même jugement contre l'évéque d'Ainieos et en se contentant de rendre compjte au Roi de la procédure.

M. l'évéque de Langres^ iniitraH de tont ce c|iii se passe,

a pris un parti qui paroit fort sage; il a ordonné à son promoteur d'informer à tous refus de sacrements, sauf à absoudre ou à condamner, après Texamen par l*official. Par ce moyen les causes ne peuvent plus être portées devant la justice séculière que par appel comme d'abus.

Du mercredi 14. — Il parolt depuis huit jours une consultation d'avocats; elle n*est pas absolument publique y niais lauteur en envoie à ses amis; elle est de 86 pages petit in-4".

J'ai déjà parlé du nombre des chevaux des écuries du Roi. Je Ms copier ici un état détaillé que Ton m'a remis aiQourd'hui :

35 poair le Roi, tantcem qu*U monte que «sox qu'on espère qu'il

pouna monter, sous les oidras de M. de Nestier. IS pour M. le comte de Brionne.

.60 pour les écuyers et piquenn*

25 pour lâchasse du daim, commandés par M. de Dampierre.

24 pour les pages.

90 pour la suite, les palefreniers et le service. 1 1 1 à prêter aux seigneurs pour la cbasse. , i&T Total des. chevaux de selle.

Ckmt&uœ de. earrwM.

25 pour M. le comte de Brionne, tant à Versailles qu'à Paris.

34 pour MI^I. de Nestier, de Buttler, de Bridge, de Tourdonayi écuyers. M. le comte de Brionne s'en sert aussi.

24 ciievaux de chaise pour M. le comte de Brioune et pour les écuyers.

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