‹ Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV 17351758Chapitre 48 sur 58 · ANGLET£B · texte numérisé non relu

ANGLET£B

Les sujwides acoordésao Roi pour le service de rannée 175S sont : 520,000 livres sterling pour rentretieu de 10,000 matelots et l'artillerie du service de mer ; 390,300 pour rordinaire de la marine et la deml-

payc des officiers de mer ; 10,000 pour ThApital royal de Greenwich et rcDtretiea des matelots invalides; 628,315 pour Tentretien de 18,857 hommes, à quoi est fixé le nombre de. troupes de terre pour gardes, garnisons et autres services dans la Grande-Bretagne, à (niernesoy et Jersey; 236,420 pour les garnisons dans les planta- . lions (1), à Gibraltar, Minorque, la Nouvel le-f>ossp, Terre-Neuve, etc.; 26,r)H9 pour les dépenses extraordinaires des troupes de t(?rre: 58,001) |)()ur la demi-paye des olliciers reformes des troupes de terre et de met ; 4,228 pour les gratiiicatious à divers otliciers et cavaliers;

(t) Lefttle^d'Ain^oe,

3,03(5 pour les dépenses des veuves des ofliciers; 58,270 pour l'eulretieu des Invalides à (Mielsen; I07,fi88 pour rarlillerie de terre ; 8,8f7 pour les dépenses extraordinaires dé ladite artillerie ; 33,000 pour le roi de Pologne; 20,000 pour Téleeteur de Bavière ; 2,214 ati eapitaine \ ernon pour diverses prétentions; 47,448 pour le niaintien de la colonie de la Nouvelle-Kcosse en 1752; 47,167 pour le niéme rffet en 1753 ; 7.910 pour remplaeer dans le fond d'amortissement; 749 pour le nu'ine effet; 9,846 pour le même effet ; 2,000 pour l'entretien du pont de ^^>stminster; 3,000 pour eelui des grands eliemins entre (Uiriisle etîSewcaslIe; 2,652 pour les dépenses de l'établissement de la colonie de la Géorgie et 16,000 pour bâtir un fort à Annamabo.

Lès moyens pour lever ces grandes sommes sont les droits sur la drècbe, le mam, eCq^, qui rendent 750,000 livres sterling; la taxe sur les terres, etc., faisant 1,000,000; Targent qui étoit à la recette de réchîquier et qui monte à 100,482 ; le reste du produit des droits Sur les petits vins et les liqueurs fortes, ce qui fait 54,S80 ; le reste du produit du fond affecté à la loterie de 1714, savoir 79,812 ; le surplus des sommes accordées eu 17&2 et qui se trouve de 18,085 , et 420,000 qu'on prendra sur le produit du fond d'amortissement.

il paraît par ce tableau que les subsides montent

celte année à.... 2,182,707 I. st.

Et qu'au contraire les moyens de les lever

vont à 2,422,911

De sorte qu*il reste encore au Roi la somme de. . 290,208

Hollande.

La république de Hollande a actuellement sur pied le nombre de troupes suivant : Infanterie, 25,152 hommes, (pii eoiUent par mois 313,980 florins; 1,170 dragons coiUant 27,131 florins et 2,886 cavaliers eoùlant 80,239 florins; a quoi il faut ajouter 68 compagnies suisses, faisant 7,200 têtes et coiUant le tout, toujours par mois, 121.512 florins; 10 compagnies de troupes du stathonder en Allemagne, ensemble de 570 hommi's. et eoùlant 3,850 florins; autant de troupes du prince de VValdeck ; 4 compagnies de mineurs et sapeurs faisaut 208 hommes et coûtant 3,171 Oorîos; 15 compagnies dans rartillerie, ensemble de 1,875 têtes et coûtant 26^761 florins.

M. le comte de Durfort, capitiiin»- au l'é^imont Royal des cai abiniers, épousa le G, dans la clia[)eUe de l hôtel Molé, .M"*" Pourcharesse d'Eslrabonne.

M* locl)ova)ier Poussç-9lolbe Qraville, commandfar

^UO MKMOUŒS DU DUC DU. LUYMJiiS.

de Ja coinmaDderie d*lvry-le-Temple^ est mort le 5, dans

la soixante-dixième année de son âge.

M. l'iijos, laineux ;iccoucheiir, mourut le 7 à Paris ; il étoit Vieux et avoit encore cependaDt beaucoup de pratiques.

Du mercredi 20, Versailles. — le n'ai point encore yarlé de la retraite de M. de GhlffreviUe ; il est sous-lieu- ' tènant des mousquetaires noirs et lieutenant général de

17V5; il n'a que cinquante-six ans, mais il a eu des attaques d'apoplexie. Si M. de Montboissier, capitaine lieutenant de celte compagnie , s'éloit retiré, M. de Chiffreville avoit tout droit d'espérer d'avoir le commandement de la compagnie ; mais M. de Montboissier n'a pas voulu prendre ce parti jusqu'à présent, quoiqu'il ait quatrevingts ans, espérant toujours que le Koi l'honorera du cordon de l'Ordre, qu'il mérite par sa naissance et ses services. Il est lieutenant général de 1738. Dans ces circonstances, la santé de M. de Ghiffreville Ta déterminé à quitter; il avoit 1,00.0 écus de pension ; le Roi lui donne une augmentation de 5,000 livres, et il vend avec Tagrcment de S. M. la cornette des mousquetaires noirs 160,000 livres. Ces charges de cornettes ne sont taxées que 70,000 livres, mais l'usage est de les vendre beaucoup davantage. M. de la Grange, qui l'achète, n*a point de brevet d^ retenue ; il étoit sous-lieutenant aux gardes françoises ; il vend cet emploi ^,000 livres. Ces 20,000 livres sont payées par les officiers qui montent , savoir : JO,(K)0 livres par l'enseigne à pique, qui devient souslieutenant, V,000 livres par l'enseigne à drapeau, qui devient enseigne à pique , et 6,000 livres par celui qui achète L'enseigne à drapeau.

A Tégard des mousquetaires , ce qui fait qu'À la retraite d'un sous-lieutenant c'est une cornette qui est à vendre^ c'est que Tusage dans les mousquetaires est que chaque officier avance d'un grade ; ainsi iM. de la Rivière, qui éloit deuxième soujs-lieutenant, devient le premier

JUIN 17tt5. 491

et vraisemblablement aura la corapai:;nie à la retraite ou à la mort de M. de Montboissier. M. de Montboissier fils, quiétoit première cornette, devient sous lieutenant; M. de Chabannes, seoond enseigne^ devient le premier, et M. de Bissy, première cornette, devient second enseigne ; M. de Villegagnon , seconde cornette , devient le premier et M. de la Grange le second.

M. de Marcieux, neveu du chevalier de Marcicux, eoiiimandant enDauphiné^ a demandé ces jours-ci Tagrémetit du Roi et de la Reine pour son mariage avec M""" Landry, nièce de M. Bouret, fermier général.

M. de la Salle fit ses révérences il y a deux jours, à IW casîon de la mort de M"** de Roussillon , sa belle-mère , dame d'honneur de M'"*" la princesse de Condé.

M. de Balincourt, chef de brigade, vient d'avoir la survivance du gouvernement de Saint-Venant, par accommodement avec M. de la Billarderie.

M. le baron de Zuchtmantel est nommé ministre du Roi auprès de l'électeur palatin , à la place de M. de Tilly.

ExtraUtTune lettre écrite de FarU, datée dv U Juin t7&Z,

L'académie françoise a élu M. de Buffoo. C'est personnellement un galant homme et un homme fort modeste ; mais le peu de temps qui reste d'ici à Compiègne pourroit bien faire différer sa réception, parce qu'il lui faut le temps de faire son discours, et que Compiègne enlève bien du monde. Vous savez que VolUiire est arrête a Franc- . fort (1). Le motif est un recueil des ouvrages du roi de Prusse que ce prince a fait imprimer et dont il a donné peu d'exiMiiplaires; Voltaire en n un qu*il n'a pas rendu ; on le redemande, et il dit qu'il \\ mis dans des ballots qui sont à Hambourg^ On est toujours surpris qu'un Roi qui a crnî mille honunes ait un ijrucès avec un bel t'sprit. (^e seroit un grand ridicule s'il étoit moins puissant. Alaupertiiis est ici. M. révoque de Marseille a écrit une lettre qui est impriniéi', dans laquelle il démontre qu une accusation qui lui est intentée dans

(1) On trouvera cUain-ès la déclaration de M. do Voltaire, envoyée au roi d« Prusse depula r|u*il a été arrêté h Francfort. (fTote du dw deLuynei.)

MKMOIKLS DU DUC LUViNKS.

les remontrauces est absolumeot fausse. Cela donne de l'iuquiéiude pour les autres citations. •

Déf tarai ion de M. de t oit a ire au roi de Pruxse , remi.se par lui au mintstre de S. M. Prussienne à Franc/ort.... juin 1753.

Je sais mourant. Je proteste devant Dieu et devant les hommes que n*étant plus au service de S. H. le roi de Prusse, je ne suis pas moins attaché ni moins soumis à ses volontés pour le peu de temps

qiK» j'ni b vivre.

li m'arrête à Francfort pour le livre de ses poésies dont il m'a voit fait présent; je reste en prison jusqu'à ce que ce livre me vienne de

J'ai rendu au ininislre du roi de l'russe à Francfort toutes les lettres que j'a\ois conservées de S. M. comme des marques chères des bontés dont elle m'avoit honoré.

.le rendrai à Paris tontes les autres lettres qu'il pourra redemander. S. M. veut avoir un contrat qu'elle avoit daigné faire avec moi ; je suis assurément prêt de le rendre confime tout le reste, et dès qu'il sera ^ retrouve, je le rendrai ou le ferai rendre.

Cet écrit (|ui n'etoit pas un contrat, mais un pur effet de la bonté du Roi ne tirant à aucune conséquence, étoitsur un papier de la moitié plus petit que oetui-ei, que d'Arget porta de ma chambre à l'appartement du Roi à Postdam ; il ne eontenoit autre chose qu'un remeretment de ma part de la pension dont S. M. .le roi de Prusse me gratifioit avec la permission du Roi mon maître , et de celle qu^il aocordoit à ma nièce après ma mort et de la crdx et de la def de ebam* bellan. Le roi de Prusse avoit daigné mettre au bas de oe bilist autant qu'il m'en souvient : Je signe de grand cœur ce marché que j'avois envie de fuire il y a quinze ans.

Ce papier, absolument inutile à S. M., à moi, au public, sera certainement rendu dès qu'il sera retrouvé parmi mes autres papiers ; je ne peux ni ne veux en faire le moindre usage. Pour lever tout soupçon, je me déclare criminel de lèse-majesté envers le roi de France mon mattre et le roi de Prusse, si je ne rends pas ce papier à Tinstant qu'il sera entre mes mains.

Ma nièce, qui est auprès de moi dans ma maladie, s'engage sous le même serment à le rendre si elle le retrouve, et en attendant que je puisse avoir communication de mes papiers à Paris, j'anntile entièrement ledit écrit. Te déclare ne rien prétendre de S. M. le roi de Prusse; je n attends rien, dans l'étal cruel où je suis, que la compassion que doit sa grandeur d'àme a un liomnie mourant qui avoit tout sacrifié et qui n tout perdu pour s'attacher a lui, qui Ta servi avec zele, (jui )ui a e).e i)|i(e, (|ui n'a janiujs manqué à sa per^oitne, et quj çonip*

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