LIVRE QUINZIÈME
Somma ikk . — Situalioii du lln'Alrc de la guerre. — Erreurs de Napoléon. — Entrée des Français en Espagne. — Envahissement du Portugais — Insuccès du manu bal Sotl'I. — Prise de Stirago&sc. — Incapacité de Joseph. — Masséna envoyé en Portugal. — Force des sixième et huitième corps. — Prises d’Astorga, de Rodrigo, d’Alnicida. — Bataille de Rusaco.
— Retraite des Anglais sur Colmbrc. — Eeur système de défense. — épuisement de l’armée française. — Retraite de Masséna. — Combat de Fuenlcs dc-Oîïore. — Ec due de Raguse prend le commandement de l'armée dite de Portugal. — Situation «le cette armée. — Parallèle avec l’armée anglaise. — Marche sur Badajoz. — Positions occupées pur l’armée de Portugal. — Moulins à bras, — Embarras financiers. — Mauvais vouloir de Joseph. — Ravitaillement de Ciudad-Rodrigo. — Combat d’El-Bodon.
— L’armée anglaise repasse la Coa. — Le quartier général à Ta lavera. — Excursion à Madrid. — Conversation avec Joseph. — Catastrophe arrivée A la division Girard, de l’a niée du Midi. — Le due de Raguse A Val la dolid. — Entrée en campagne de l annéc anglaise. — Prise de Rodrigo.
— Le général Barrée. — Prise de Valence. — Anecdote. — Ordres de l’Empereur. — Lettre du duc de Raguse. — Singulières paroles de l’Empereur au colonel Jardet. — Mouvement de l’armée sur l’Apuad ». — Entrée en Portugal. — Combat de Larda. — Belle charge condu te par le colonel Denis de Damrémoiit. — Prise de Badajoz par les Anglais. — Opérations offensives des Anglais. — Reddition de Salamanque. — La division Bonnet évacue les Asturies pour se porter sur le Ducro. — Relus «le secours «lu général Calfarelli et «lu roi Joseph. — Nécessités de prendre l'offensive. — Passage du Ducro. — Précipitation du général Maucunc. — L’armée prend position à Nava «loi Rey. — Passage de la Guareîia. — po-
silion des doux armées le ' 2 * 2 . — Le *luc «le Ragusc grièvement blessé. — Habille de Salamanque. — Retraite sur le Ducro — Secours tanlife. — L'armée de Portugal prend position à Hui go». — Singulière consolation du colonel Loverdo — Arrivée du duc de Ragnse à Rayonne. — Enquête ordonnée par l'Empereur. — Entrevue avec l’Empereur à son retour de Russie.
Avant de commencer le récit des opérations militaires de l’année de Portugal sous mon commandement, il convient de jeter un coup d'œil rapide sur la situation du théâtre de la guerre et de faire un exposé succinct des événements qui s’y étaient passés.
L’Espagne, dont l'affranchissement dans le moyen âge fut le résultat de si longs et de si héroïques efforts, avait dû sa grandeur au caractère du peuple qui l'habite, à son amour inné pour l’indépendance et pour la liberté. L’Espagne avait, sous plusieurs de ses princes, joué le premier rôle en Europe, ci acquis dans le monde entier la puissance la plus formidable; mais, depuis deux siècles, elle ne faisait plus que décroître. Sous Charles V, les institutions qui réglaient l’exercice de la puissance du monarque disparurent eu grande partie, et ce fut à ce prix qu elle paya l’éclat que ce règne glorieux jeta sur le nom espagnol. Le sombre Philippe 11 imprima à son règne son caractère propre; mais le pouvoir royal, en acquérant encore une plus grande intensité, fut dépouillé du brillant que la gloire lui avait donné. La puissance du clergé, ses richesses, le pouvoir temporel que lui avait donné l’inquisition, les proscriptions qui en furent la suite, modi-