U VUE XV. — CORRESPONDANCE
naître ses intentions, tenir l’armée de Portugal entre leTage et la Guadiana, ayant son avant-garde à Merida, afin de pouvoir, au besoin, secourir Badajoz, et d’empêcher que l’armée anglaise pénètre de nouveau en Estramadure, et compromette ainsi la droite de l’armée du Midi.
«Je fonde ma proposition sur une instruction du prince major général que j’ai retrouvée à Séville, laquelle dit expressément que l’armée impériale de Portugal est chargée d’observer l’armée anglaise et de l’empêcher de faire des progrès en Espagne. Je m’appuie aussi de la considération que j’ai déjà exposée de la nécessité de rendre les troupes de l’armée du Midi disponibles pour agir contre les corps ennemis qui, en ce moment, l’attaquent de toute part.
« J'ai l’honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien me communiquer les dispositions qu’en conséquence elle jugera à propos de prendre.
« J’ai l’honneur de lui faire part que, depuis quelques jours, ou remarque de très-grands mouvements dans l’escadre anglaise qui est en baie de Cadix. Le 50, on a vu paraître, à la hauteur de fiota, une Hotte ennemie de quarante et une voiles, dont quinze vaisseaux de haut bord, plusieurs à trois ponts, venant de l’ouest et faisant voile poulie détroit. On disait à Cadix que l’escadre impériale de Toulon était sortie. »
LE MARÉCHAL MARMONT Al' MARÉCHAL SOl'LT.
« Monda, le 0 juillet 1811.
« Je reçois la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le '2 juillet. L’armée de Portugal n’a jamais eu à combattre la totalité de l’armée anglaise, car une division en a toujours été détachée sur cette frontière; elle n’a jamais été chargée non plus d’une portion de l’armée espagnole lorsqu'elle était dans toute sa force. Ce n'est point avec l’affaiblissement en hommes et en moyens, qu’elle a éprouvé, qu’elle peut changer de rôle aujourd’hui et tenir tête aux armées anglaise et portugaise réunies et augmentées des forces de Caslanos.
« Le cinquième corps a toujours été considéré par Sa Majesté comme devant concourir aux opérations générales de l’armée de Portugal, et, de fait, il y a toujours été employé. Je m’empresse donc de vous annoncer, d'une manière bien formelle, que, le jour où vous rappellerez le cinquième corps et la cavalerie, l’armée de Portugal repassera le Page, et qu’elle ne marchera de nouveau au secours de Badajoz que lorsque les forces disponibles de l’armée du Midi auront débouché des montagnes. Si, au contraire, le cinquième corps et la cavalerie continuent à rester en Eslramadure, l’armée de Portu- •
gai gardera les positions que je vous ai annoncé