‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 106 sur 268 · LE MARÉCHAL SOL'LT AU MARÉCHAL MARMONT · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL SOL'LT AU MARÉCHAL MARMONT

« St- ville, le 11 juillet 1811.

« Monsieur le maréchal, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 6 m’est parvenue au même instant que celle du 7. En réponse, je m’empresse de vous faire part dés ordres qu'hier j’ai envoyés à M. le général comte d’Erlon. Il lui est prescrit d’envoyer une brigade et un régiment de cavalerie à Xérès de los Caballeros et Frejcnal pour observer les directions qui aboutissent à Ayamonte. par où les troupes espagnoles feront des mouvements si elles veulent se reporter en Estramadure. Un régiment se rendra à Séville.

« Un autre régiment sera établi aux débouchés des montagnes pour assurer les communications.

«Ainsi il restera dans les plaines de l’Estramadure une division d’infanterie, composée de quatre régiments cl six régiments de cavalerie, le tout sous les ordres de M. le général Claparède, lequel reçoit pour instructions d’observer l’armée anglaise, d'entretenir la communication avec Badajoz, et de faire entrer sans cesse d.es approvisionnements dans la

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place. Il fera aussi ce qui sera en son pouvoir pour communiquer avec les troupes que l’armée de Portugal laissera sur la Guadiana.

« Je donne ordre à M. le général comte d’Erlon de se rendre de sa personne à Séville, où il commandera toute ma droite jusqu'à Badajoz, M. le maréchal duc de Bellune ne pouvant, à cause du blocus de Cadix, être chargé de ce soin.

« J’attends que ces mouvements soient un peu avancés pour marcher, avec toutes les troupes dont je puis disposer, au secours du quatrième corps, qui a été repoussé jusqu'à Grenade par l’armée insurgée de Murcie, et pour chasser un corps de cette même armée, qui s’est mis en bataille sur les hauteurs de Santa-IIolena, où passe ma ligne d’opérations, la seule communication que j'aie avec la Manche et Madrid.

« Pour le moment, il m’est impossible d'en faire davantage. Je n’ai pris aucun engagement que je ne sois disposé à tenir; Votre Excellence me trouvera toujours invariable. Si elle me connaissait mieux, elle se serait dispensée de me témoigner de la méfiance, et, si elle eût réfléchi sur ma situation, elle eût trouvé raisonnable que je pensasse plutôt au salut de l’armée dont le commandement m’est confié qu’à paralyser des troupes dont le secours m’est indispensable, sur un théâtre où je ne puis paraître que comme auxiliaire, et non comme partie

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