‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 108 sur 268 · I.E MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT · texte numérisé non relu

I.E MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT

/ Trianon, le ‘21 juillet 1811

« Je vous préviens, monsieur le duc de Raguse, que je donne l’ordre à M. le général comte Dorsenne de faire relever les troupes que vous pouvez encore avoir dans les garnisons de Ciudad-Rodrigo et de Salamanque par des troupes de son armée, et de diriger tout ce qui vous appartient sur. Avila et l'iacencia.

« L’Empereur approuve, monsieur le maréchal, (pie vous n’ayez pas consenti à former, avec les troupes de votre armée, la garnison de Badajoz. Sa Majesté pense que l’Estramadure doit être défendue par l’Andalousie considérée sous tous les points de vue, et notamment sous celui des vivres. C’est à

l’Andalousie à fournir tout ce qui est nécessaire pour approvisionner Badajoz pour un an, s’il est possible; cependant, monsieur le duc, l'intention de l’Empereur est que vous vous teniez le plus à portée possible, pour pouvoir marcher franche- . ment au secours de Badajoz, s’il y avait lieu.

« L’Empereur pense que peut-être un ouvrage à Merida ou à Medellin serait utile pour être maître du passage de la Guadiana; mais c’est à vous, qui êtes sur les lieux, à en juger. »

LE ROI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT

« Madrid, le 26 juillet 1811.

« Monsieur le duc,’ je reçois votre lettre du ‘20; je vous remercie de tout ce qu’elle contient d’aimable pour moi : vous ne doutez pas non plus de mon attachement.

« L'Empereur aurait désiré que je vinsse vous voir; mais ce n’est pas le moment, puisque l’armée u’est pas réunie. Je sens la difficulté de votre position et l’extrême justesse de vos observations; je viens de donner l’ordre pour qu’il soit prélevé, Sur la contribution extraordinaire que je lève en grains, la quantité de vingt mille fanégas, en août, et vingt mille en septembre, qui seront versées dans les magasins de l’armée de Portugal. Je trouve trèsbien aussi que vous fassiez usage de toutes les con-

LIVHE XV. — CORRESPONDANCE.

iributions en argent dues par la province d’Estrainadure, et je donne les ordres en conséquence aux agents civils, qui ne pourront toutefois réussir qu’autant qu’ils seront protégés, soutenus et dirigés par vous, monsieur le maréchal, dont le zèle et les lumières me sont connus. — L’empereur espère beaucoup de vous et de son armée de Portugal; il est disposé à venir à votre secours avec de l’argent et avec des hommes et des chevaux : vous ne tarderez pas à sentir les effets de ces dispositions. Quant à moi, je ne puis pas vous secourir autrement; je n’ai pas de fonds à ma disposition, et je dois môme vous dire «pie je ne pourrais pas exister ici sans un prêt qui m’est accordé par l’Empereur par mois.

« Si vous pouviez vous étendre un peu par votre droite, vous occuperiez un plus riche pays; et, avec les secours que je vous indique, vous devriez pouvoir atteindre la saison des événements militaires. La récolte n’est pas très-bonne à Ségovie ni dans les pays environnant Madrid. »

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