‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 109 sur 268 · LE MARECHAL MARMOST AU MAJOR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE MARECHAL MARMOST AU MAJOR GÉNÉRAL

a Nnvalmor.il, le l* r 301*11 1811.

« Je reçois les dépêches que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m’écrire par mon aide de camp. J’ai lu avec une grande attention l’instruction qu’elles renferment. J’avais conçu, comme Sa Majesté, le

système qu’il convenait de suivre aujourd’hui pour l’armée de Portugal et le but qu’elle avait à remplir, et c’est dans cet esprit que j’ai agi jusqu’à présent. Les localités, les différentes circonstances,

rendent cependant indispensable d’apporter diverses modifications dans ces dispositions.

« Je ne puis pas placer plus d’une division à Truxillo, attendu qu'il y a impossibilité absolue d’y vivre Une division et cinq cents chevaux qui y sont aujourd’hui éprouvent les plus grandes difficultés pour les subsistances, et peut-être leur serat-il impossible d’y rester. Je ne puis pas avoir de troupes sur la Guadiana à moins que la plus grande partie de l’armée ne soit à Truxillo: car elles y seraient compromises, puisqu’il n’y a que trois marches d’Albuquerque, où l’ennemi a habituellement des troupes, et où il peut rassembler inopinément des forces considérables qui sont cantonnées à Portalègre, Campo-Maior et environs, et que, s’il parvenait à s’emparer de la chaussée, les troupes qui seraient sur la Guadiana n’auraient d’autre retraite que de se jeter dans la Manche après avoir abandonné leurs canons, n’ayant point de ce côté de routes praticables aux environs ou en Andalousie. D’un autre côté, comme je l’ai dit plus haut, six mille hommes ont grand’peine à vivre; à plus forte raison, douze à quinze mille y seraient-ils dans l’embarras. Tout le pays que l’Empereur donne à

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