LIVRE XV. — CORRESPONDANCE
n’auraient produits. Des travaux ayant été indispensables au fort de Salamanque, à la place de Rodrigo et au passage du Tage, il a fallu nécessairement mettre des fonds à la disposition du commandant du génie. Les travaux de l’artillerie ont exigé aussi quelques fonds, mais beaucoup plus encore l’achat des chevaux de rouliers que j’ai fait prendre à Salamanque avant de marcher, et celui de quelques chevaux qui me sont venus de Madrid. L’emploi de tous ces fonds est justifié dans les formes voulues et sera adressé aux ministres respectifs. J’ai joint à cette lettre l’état indiquant l’emploi de chacune des sommes, par chapitre et par nature de services. Les fonds donnés au génie, la plus grande partie de ceux donnés à l’artillerie, et ceux qui ont été employés en dépenses secrètes, se trouvent déjà régularisés par le crédit ouvert par Sa Majesté pour chacun de ces articles. Quant à ce qui regarde les hôpitaux, les subsistances et l’administration proprement dite, j'aurai soin, au fur et à mesure de la rentrée des contributions des provinces affectées à l’armée, de faire effectuer des remboursements successifs aux fonds de la solde, afin de couvrir le déficit qui existe aujourd’hui.
« L’armée de Portugal n’ayant eu jusqu’ici aucun territoire, et les provinces du Nord n’ayant jamais rien versé dans la caisse de cette armée, elle n’a pu avoir aucuns fonds pour l’administration, puisque
tous les fonds de France étaient affectés à la solde. Les besoins d'argent s’étant fait sentir d’une manière impérieuse, il n’a donc pas été possible de s’en procurer autrement que d’en prendre sur ceux-ci, sauf remboursement. L’intendant Saint- Lambert, et depuis lors l’ordonnateur Marchand, ont eu l’honneur de rendre compte à Votre Altesse de toutes les mesures qui ont été prises à cet égard, et de lui adresser une expédition de tous les procès-verbaux, ce qui m’a empêché de lui en rendre compte moi-mème. J’ai l’honneur de vous adresser la copie de tout ce qui a rapport à cet objet.
« L'Empereur désire savoir ce qui a été payé aux corps. Je ne puis lui donner les détails par corps de ce qui a été payé aux différents régiments, attendu que, les registres du payeur général n'étant pas ici, ne peuvent être compulsés, et que la solde était due à tous les corps à dater d’époques différentes. Il m’a paru que ce qu’il y avait de mieux à faire n’était pas de payer le même nombre de mois, de solde à tout le monde, mais qu’il était juste de l’aligner à la même époque. En conséquence, toute l’armée a été mise au 15 novembre. Votre Altesse trouvera ci-joint un état en détail de ce qui reste dû à l’armée jusqu’au 1" juillet.
« Enfin l'Empereur veut savoir quelles sont les contributions qui sont entrées dans la caisse de l’armée. Ainsi que j'ai eu l’honneur de vous, le dire,