LIVRE XV. — CORRESPONDANCE
l’armée n’a reçu que des fonds de France, et n’a rien reçu du pays, puisqu’elle n’avait ni territoire ni revenus. Aujourd’hui que Sa Majesté lui en a assigné un, j’aurai l’honneur de vous adresser chaque mois, ainsi qu'au roi d’Espagne, l’état des contributions qui auront été perçues, et de leur emploi. La somme restant en caisse aujourd’hui est de
« Je pense, monseigneur, que cette lettre, ainsi que les pièces justificatives qui l’accompagnent, répondent complètement aux demandes faites dans vos lettres du 6, et qu’elles justifient tout ce qui s’est fait. »
LE MAJOR GÉNÉRAL AC MARÉCHAL MARMONT
« Paris, le 24 août 1811.
« L’Empereur a lu, monsieur le maréchal, vos dernières dépêches. Sa Majesté voit avec plaisir les ouvrages que vous avez fait faire à Almaraz et sur le Tietar. Elle trouve qu’il serait convenable de faire des ouvrages de campagne en avant du Rio del Monte.
« Sa Majesté espère qu’avant le 15 septembre tous vos dépôts, les trois cent quatre-vingt-sept chevaux qui doivent compléter les cinq cents chevaux du train de la garde, sur lesquels cent treize vous ont déjà été fournis, et les onze cent quarante chevaux du train, que vous mène le général Vandermaesen, vous seront arrivés; que tous vos dépôts quelcon-
•22* MÉMOIRES Dll DUC DE RAGUSE.
ques, soit de cavalerie, soit d’infanterie, vous auront rejoint, et que votre armée se trouvera ainsi portée à plus de cinquante mille hommes. La réparation de votre armée est la grande affaire en ce moment; elle doit occuper tous vos soins; mais l’Empereur trouve que vous n’envoyez aucun état détaillé qui puisse mettre à même de disposer à subvenir à tous vos besoins.
« J’envoie mon aide de camp, le chef d’escadron baron de Canouville, dans les provinces du Nord, avec des ordres pour que tous les dépôts de cavalerie et d’artillerie, et tous les détachements qui appartiennent à l’armée de Portugal, la rejoignent sans délai. Cet officier a l’ordre de voir tout partir et de rester jusqu'à ce que tout soit en marche; je lui prescris même de se mettre en correspondance avec vous pour l’exécution de ces ordres.
« L’Empereur, monsieur le duc, me charge de vous faire connaître que l’armée de Portugal doit prendre sa ligne de communication sur Madrid; que c’est là que doit être son centre de dépôt; que toute opération que l’ennemi ferait sur la Coa ne peut déranger cette ligne. Si l’ennemi veut prendre l’offensive, il ne peut la prendre que dans l’Andalousie, parce que, de ce côté, il a un objet à remplir qui est de faire lever le siège de Cadix. Ses forces dans le Nord, avançàt-il même jusqu’à Valladolid, n'aboutiraient à rien. Les troupes que nous