‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 140 sur 268 · LIVRE XV. - CORRESPONDANCE. ‘25S · texte numérisé non relu

LIVRE XV. - CORRESPONDANCE. ‘25S

enfin que j’eusse un fort à Baiios, à trente lieues du côté opposé. En lisant de pareilles instructions, on croit entendre rêver.

Il reconnaît cependant que des forces considérables sont indispensables et qu’on est loin d’en posséder le chiffre : il annonce de puissants renforts; parmi les premiers est une colonne de six mille hommes, et de huit cent cinquante chevaux, conduite par le général Vandermaesen, qui se compose de régiments de marche des corps de l’armée de Portugal; mais cette colonne est retenue partout par l’urgence des besoins, et employée à toutes les corvées : elle ne rejoint l’armée de Portugal qu’à la fin de l’année, réduite de plus de moitié.

On annonce que l’armée du Nord va être renforcée et que, dès le 15 août, elle pourra prendre position sur la Coa et couvrir Rodrigo; et cependant cette armée est dans une telle détresse, ainsi qu’on le voit par les lettres du duc d’Istrie, qu'elle retient non-seulement la colonne du général Vandermaesen, mais encore les hommes de l’armée de Portugal, sortis des hôpitaux, et organisés en corps provisoires qui font le service à l’année du Nord.

Ce sont des rêves pareils qui fondent les calculs d’une campagne de guerre, des projets d’opérations, la sécurité de l’avenir!

On laisse les agents du roi dans les provinces destinées à faire vivre l’armée de Portugal, et ils font

vider les magasins et vendre les approvisionnements qu'ils renferment avant l’arrivée des troupes; c’est ainsi qu’ils pourvoient à leurs besoins. Cependant, de toutes ces dispositions, une seule s’exécute, celle qui concerne la garnison de Rodrigo : cette place ne regarde plus directement l’armée de Portugal, elle appartient « l’année du Nord; c’est le général de celle-ci qui en reçoit les rapports, qui fournil les troupes, et nomme le commandant; c’est à lui de veiller sur elle, et de pourvoir à sa conservation, sauf le cas d’un siège où l’armée de Portugal doit venir à son aide et lui porter assistance.— Tels sont les préliminaires d’une campagne où les ordres contradictoires vont se succéder et les illusions grandir jusqu’à ce qu elles deviennent de véritables aberrations.

observations sur la correspondance de 1811 , SUR

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