LIVRE XV. - CORRESPONDANCE
« Le général Dorsenne portera son quartier général à Burgos, où il doit réunir toutes les troupes, infanterie et cavalerie; il en résultera une nouvelle formation des deux, armées de Portugal et du Nord, conformément aux deux états ci-joints.
c< Il est nécessaire, monsieur le maréchal, que vous gardiez à Placencia un corps d’infanterie et de cavalerie, avec lequel vous communiquerez par les cols des montagnes, dont vous aurez grand soin d’augmenter les défenses. Cette communication devient de la plus grande importance pour Madrid, pour l’armée du Centre, pour celle du Midi, et pour savoir ce qui se passe dans cette partie. Le point de Placencia devient tellement important, que l’Empereur vous laisse le maître de placer deux divisions de ce côté.
« Il est indispensable que le général Bonnet reste dans les Asturies, parce que dans cette position il menace la Galice et contient les habitants des montagnes. Il vous faudrait plus de monde pour garder les bords de la plaine- depuis Léon jusqu’à Saint-Sébastien que pour garder les Asturies. La théorie avait établi, et l’expérience a prouvé que, de toutes les opérations, la plus importante est d’occuper les Asturies, ce qui appuie la droite de l’armée à la mer et menace continuellement la Galice.
« Si le général Wellington, après la saison des
pluies, voulait prendre l’offensive, alors vous pourriez réunir vos huit divisions pour livrer bataille, être secouru et soutenu par le général Dorsenne qui, de Durgos, marcherait pour vous appuyer. Mais cela n'est pas présumable. Les Anglais ayant perdu beaucoup de inonde, et (‘prouvant beaucoup de peine à recruter leur armée, tout doit porter à penser qu’ils s’en tiendront simplement à la défense du Portugal.
« En réfléchissant à la situation des choses, il parait à l’Empereur qu’au lieu d’établir votre quartier général à Yalladolid il serait préférable que vous l’établissiez à Salamanque, si cela est possible. Nous n’avons pas de plan de cette ville; si l’on pouvait la fortifier sans de trop grandes dépenses et en peu de temps, ce travail serait fort utile.
« 11 faut, monsieur le duc, que vous fassiez augmenter les fortifications d’Astorga par des ouvrages en terre qui en défendent l’enceinte et qui mettent cette place en état de soutenir un siège; de manière que, dans le cas où votre armée serait obligée de rétrograder jusqu’à Yalladolid, même jusqu'à Durgos, vous puissiez, après avoir réuni vos forces et les secours qui vous arriveraient, faire lever le siège que l’ennemi aurait pu entreprendre sur Salamanque et Aslorga.
« Tout porte à penser qu'avant la fin de la saison des pluies Valence sera pris, et qu’alors les dé-