‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 150 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. ‘2SI · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. ‘2SI

donné d’onvover quelques hommes sûrs pour vérifier ces faits. 11 m’a demandé avec quoi il les paierait : c’est le chapitre infernal. Il pense, comme moi, que rien 11 e balance la nécessité de s’éclairer sur les opérations de l’ennemi. 11 a été jusqu’à me dire qu’il serait criminel d’hésiter à prendre, à cet égard, partout où il y a. Au fait, la forme ne peut tuer le fond, et nous ferons pour le mieux.

« Je ne puis vous dire à quel point Hodrigo me tourmente. Le temps qu il fait achève de tout faciliter à l’ennemi ; tandis que, l’année dernière, ce temps aurait sauvé Almeida ét Rodrigo; comme, celle année, le temps de l’année dernière aurait suffi pour chasser l’ennemi de ses positions. C’est une fatalité. Du reste, mon général, le ravitaillement de Rodrigo n’est plus une opération de division, c est une grande et difficile opération d'armée; et, si l’armée de Portugal n’y concourt pas, elle me parait trèsdouteuse; mais comment l’armée de Portugal se retirerait-elle lorsque sa présence est le plus nécessaire, et comment oublierait-elle que la conservation de Rodrigo est un de ses premiers devoirs?

« Le général baron Thikbaijlt. »

« SaUmanqiu*. le ."janvier 1812.

« Mon général, j’apprends à l’instant par un

homme sur, qui est parti le 30 décembre de la gauche del’Aguada, les faits suivants :

« Castanos, auquel il a. parlé, est à Fuentes-de- Onore; ce qui prouve qu’il ne s’est pas rapproché pour une simple visite de cantonnements.

« Toutes les voitures qu’on peut rassembler y sont conduites. Le 50, il y en avait deux cenl soixante-dix, il doit y en avoir mille en ce moment.

« Chaque conducteur de voitures portait des vivres et des fourrages pour dix et douze jours, pour eux et leurs bestiaux ; d’où il résulte que le mouvement de l’ennemi doit commencer maintenant.

« Le pont de Yecla est coupé; celui de Cerralboesl miné, couvert d’abatis et de retranchements, auxquels quinze cents hommes travaillent encore; il parait qu’ils doivent servir à couvrir le flanc gauche de l’ennemi et à menacer le flanc droit des troupes qui marcheraient sur Rodrigo.

« On parle également d’ouvrages faits à Tamamès, mais je n’y crois pas: si cependant cela était. Rodrigo se trouverait au fond d’un cul-de-sac de six lieues, d’un front peu étendu, et qui même offrirait à l'ennemi trois belles positions de combal, surtout relativement à une opération que l’on sera hors de mesure de prolonger. '

« Je reprends le rapport de l’espion, a On fait sur la gauche de Jeltèset de l’Aguada un nombre énorme de fascines.

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