LE GÉNÉRAL DORSENNE AL’ MARÉCHAL MARMONT
« Vallariolid, le 23 janvier 18 1*2.
« Monsieur le maréchal, votre aide de camp vient de me remettre votre lettre du 21 décembre, avec le rapport du général Thiébauld à la môme date.
« Votre Excellence sait qu’après avoir mis à sa disposition la division Roguet, deux batteries d’artillerie, la brigade de fusiliers de la garde et la cavalerie légère de l’armée, il ne me reste aucune troupe disponible. Je ne puis donc compter que sur celles qui se trouvent en Palencia, Léon, Benavente et Valladolid, en évacuant ces provinces, en
MÉMOIRES DU DUC DE RAliUSE.
les abandonnant aux insurgés, en laissant à l’ennemi des ouvrages et postes retranchés importants et en arrêtant les communications avec Bayonne et Madrid. Mais, d’après l’urgence que vous m’avez démontrée, je n’hésite pas à donner l’ordre à ces troupes de se tenir prêtes à marcher au premier avis. Si mon aide de camp, porteur de la présente, fait diligence, en quarante-huit heures je puis connaître la dernière détermination de Votre Excellence.
« Les troisième, quatrième et cinquième gouvernements du nord de l’Espagne n’étant occupés que par des bataillons de marche, je ne puis en retirer un seul homme. Malgré mes efforts et mes calculs, je ne pourrais rassembler que six mille hommes d’infanterie, mille chevaux et douze pièces de canon ; et, quelque célérité que je fasse apporter dans mon mouvement, ces corps ne seraient réunis à Toro que vers le 2 du mois prochain.
« Comme le mouvement de l’armée combinée sur Tamamès n’est pas confirmé, qu’on ignore encore les forces de l’ennemi et que les Anglais ont l’habitude d’ètre lents'dans leurs expéditions, je vais employer le temps qui s’écoulera jusqu’à la réponse de Votre Excellence à faire évacuer les blessés et les malades qui se trouvent dans les différentes places, et à réunir à Valladolid l’administration avec les équipages des corps.