‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 160 sur 268 · LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. 2U · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CORRESPONDANCE. 2U

« Avec les dragons à pied de votre armée qui étaient à Valladolid, il n’a été possible que de relever les postes de Puente-Duero à Valdestellas. Les ordres sont donnés pour que tout ce qui doit arriver de Burgos soit dirigé de suite sur Toro. Le général Curto partira avec le régiment de marche de dragons le 26; le bataillon du 47', qui est à Almeida, sera aussi dirigé sur Toro aussitôt qu’il aura été relevé par un bataillon de marche.

« J’ai fait mettre en route, ce matin, non sans peine, vingt-deux caissons de votre grand parc, qui étaient restés à Valladolid. Ils rejoindront demain la division Roguet à Médina et suivront son mouvement sur Toro. Enfin, toutes les dispositions sont prises pour faire filer sur cette destination ce qui arriverait du Nord, appartenant à l’armée de Portugal.

« Je reviens à un objet qui mérite de fixer notre attention : en évacuant les lignes de l’Orbigo et de Cyla, nous fournissons aux Galiciens l’occasion (si le cas exige de nous porter en masse sur Salamanque) de s’emparer de nos ouvrages retranchés et de marcher ensuite, sans obstacle, sur Valladolid, en supposant que les opérations qui se présentent soient combinées, comme le prouvent les rapports qui m’annoncent unanimement l’arrivée à Villafranca de plusieurs généraux et officiers anglais et la réunion de plusieurs corps. Cette réflexion doit

nous donner des craintes pour les suites. Je prie Votre Excellence de la méditer. D'ailleurs, je ne puis lui taire que mon opinion est que les Anglais, apprenant la jonction des armées impériales, renonceront, s'ils en avaient le projet, au hasard d’une bataille. Car il est h supposer que leur prétendu mouvement sur Tamainès par échelons n’a été opéré que pour avoir le temps d’approvisionner Rodrigo et de mettre cette place en état. Us sortiraient des bornes de leur extrême prudence en marchant avec toutes leurs forces sur Salamanque; ce serait nous offrir trop d’avantages et ils auraient lieu de s’en repentir, car, quelque nombreux qu’ils soient, nous sommes.plus qu’en mesure de les accabler, et ils éviteront toujours, tant qu’ils pourront, de nous attendre en plaine. Je me résume et crois fermement que l’armée combinée ne tentera pas, cette campagne, le passage de la Tormès.

« Je suis persuadé, monsieur le maréchal, que vous reconnaîtrez dans ma conduite et mes observations que toute espèce de considération cède au désir de déjouer les projets de l’ennemi et de coopérer au succès de vos opérations. »

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT

« Paris, le 23 janvier 1812.

«Je vous envoie, monsieur le maréchal, un Moni-

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