LIVRE XV. — CORRESPONDANCE
pose que Hill ait joint l’armée anglaise et que lord Wellington soit beaucoup plus fort qu'il ne l’est; dans ce cas, l’armée du nord de l’Espagne avec sa cavalerie et deux divisions viendrait à vous; vous vous renforceriez tous les jours, et la victoire serait assurée. Mais, une fois la résolution prise, il faut la tenir, il n’y a plus ni xi ni mais. Il faut choisir votre position sous Salamanque, être vainqueur ou périr avec l’armée française, au champ debatailleque vous aurez choisi . Comme vous êtes le plus fort, et qu’il est important d’avoir l’initiative, évitez de faire des travaux de camp retranché qui n’appartiennent qu’à la défensive et avertiraient l'ennemi. 11 suffira de reconnaître les emplacements et de travailler à force à la place. Si on prend un système de fortifications serré, et qu’on n’admette pas trop de développement, en six semaines on peut avoir une bonne place qui mette votre quartier général, vos magasins et vos hôpitaux à l’abri de toute entreprise de l’ennemi, et qui puisse servir de point d’appui à votre corps d’armée pour recevoir bataille, ou de point de départ pour marcher sur Rodrigo et Almeida quand le temps en sera venu.
« Je vous ai dit que vous ne deviez compter que sur sept divisions. La division Bonnet doit retourner sur-le-champ dans les Asturies. Soit que vous considériez la conservation de toutes les provinces du Nord, soit que vous considériez un mouvement
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de retraite, les Asturies sont nécessaires. Elles assurent la possession des montagnes. Sans elles ni Salamanque, ni Burgos, ni même Yitoria, ne sont tenables, si après une bataille perdue il fallait évacuer. La division des Asturies ne devrait pas même alors être rappelée à vous. Mais, se repliant avecordre sur votre droite, elle appuierait votre retraite, et, lorsque vous seriez à Burgos. elle serait à Reynosa pour vous couvrir de ce côté. Sans quoi, favorisé par des débarquements sur tous les points de la côte, l’ennemi, dès le commencement de votre retraite, vous tirerait des coups de fusil sur Montdragon et Yitoria; d’ailleurs, vous n’avez pas seulement à lutter contre lord Wellington. Vous avez à contenir aussi le corps ennemi qui est en Galice, et, au moment où vous marchez sur l’ennemi, la division touchant les Asturies contiendra la Galice et épargnera la présence d’une division à Astorga.
«Je vous le répète, c’est à l’armée du Midi à avoir un corps de vingt mille hommes de troupes pour tenir en échec une partie de l’armée de Wellington sur la rive du Ta'ge.
«Ce n’est donc pas à vous, monsieur le duc, à vous disséminer en faveur de l’armée du Midi.
« Lorsque vous avez été prendre le commandement de votre armée, elle venait d'éprouver un échec par sa retraite du Portugal. Ce pays était ravagé: les hôpitaux et les magasins de l’ennemi