I.E GÉNÉRAL UORSESSE AC MARÉCHAL M ARMONT
« t’umpciune, le 11 avril 181 *J.
« Monsieur le maréchal, je ne reçois qu’à l'instant la lettre que Votre Excellence m’a fait l'honneur de m’écrire le mars dernier pour me prévenir que les ennemis paraissent décidément faire une entreprise sur Badajoz; qu’elle se met en mouvement; qu’elle va, en conséquence, avoir besoin d’augmenter ses forces, et que, pour les réunir, elle m’engage à relever la grande communication, les garnisons de la province de Palencia et celles de Valladolid.
« 11 m’est extrêmement pénible d'être obligé de déclarer à Votre Excellence que je ne puis faire dans cette occasion ce qu'elle désire. Les troupes qui
MÉMOIRES DU DUC DE RAGl'SE.
me sont annoncées depuis deux mois ne sont pus arrivées. Partout mes garnisons sont insultées, et je n'ai pas un régiment disponible pour agir. Si je ne reçois pas de renforts, j’ai lieu de craindre de voir mes communications interceptées avant peu.
« Une preuve bien convaincante de ce que j annonce à Votre Excellence, c’esl que les régiments de marche de son armée, (pie j’aurais dû lui renvoyer depuis longtemps, n’ont pu encore être remplacés, ce qui m’a obligé à les garder jusqu’à ce jour.
« Enfin, monsieur le maréchal, je dois vous prévenir qu’en supposant même que le prince de Neufchàtel vous ait donnél’avis que je dois vous secourir au besoin, il me sci ait impossible dele faire dans ce moment, puisque je ne peux déplacer un seul homme sans compromettre ou évacuer le pays (ce qui serait bien contraire aux intérêts et à la volonté de l’Empereur), et que, partout où mes troupes sont établies, elles n’y sont que trop faiblement.
« Je vais me rendre en Biscaye, afin de faire un effort pour vous renvoyer vos deux régiments de marche, qui tiennent encore la ligne d’irun à Yitoria. Celui (pii était à l’ampelunc doit vous avoir rejoint. Si je réussis, je me trouverai heureux; mais je vous prie de ne pas me supposer dans une position avantageuse. »