I.E MARÉCHAL SOI LT Al MARÉCHAL M ARMONT
4 Séville, le II avril 1*l'2.
« Monsieur le maréchal. M. le général Foy a dû
vous transmettre diverses lettres que je lui ai écrites, et vous rendre compte que la place de Badajoz avait été malheureusement emportée par assaut dans la nuit du fi au 7 de ce mois. Je m’étais porté en Kstramadure avec vingt-quatre mille hommes pour secourir la place; le 7, j’arrivai à Villafranca, et mes avant-postes furent poussés jusqu a Fuente- Del-Maestro, Azeuchal, Villalha et Almendralejo. Le S, comme j’allais prendre position à l’embouchure du Guadajira, j’appris la fâcheuse nouvelle de la prise de Badajoz. Jusqu’alors je m’étais flatté que l’armée de Portugal, qui ne pouvait douter que toute l’armée anglaise ne fût sur la Guadiana, viendrait se réunir à celle du Midi pour livrer bataille aux ennemis. J’étais fondé dans mon espoir par l’assurance que vous-méme me donnâtes le '22 février dernier. Mais, en même temps, j’appris, par des lettres du général Fov des 50 et .71, que les moyens qu’il avait auparavant lui étaient ôtés. J’étais en trop grande disproportion de forces avec l’ennemi pour lui livrer bataille en Kstramadure; je me suis donc rapproché de l’Andalousie, où ma présence était des plus nécessaires : Séville était investie par quatorze mille Espagnols, et les lignes de Cadix étaient compromises.
>< On dit que l’armée anglaise marche sur moi; si elle se présente, je la recevrai en position, et je ferai en sorte qu’elle ait lieu de se repentir d’être