‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 203 sur 268 · LIVRE XV. — CO 11 r, ES ro. NUANCE. :,7I · texte numérisé non relu

LIVRE XV. — CO 11 r, ES ro. NUANCE. :,7I

venue. S'il y avait eu le moindre concert d’opération entre l’année de Portugal et celle du Midi, l’armée anglaise était perdue et la place de Badajoz serait encore au pouvoir de l’Empereur. Je déplore amèrement qu’il ne vous ait pas été possible de vous entendre avec moi à ce sujet. »

U: MAJOR GÉNÉRAI. VI MARÉCHAL Jl ARMONT

« Pa ri#, le 10 avril 1812.

« J’ai mis sous les yeux de l’Empereur, monsieur le maréchal, vos lettres des 22 et 2ù mars.

« Par mes dépêches des 18 et 20 février, je vous prescrivais les mesures nécessaires pour prendre l’initiative et donner à la guerre un caractère convenable à la gloire des armes françaises, en lui ôtant ce tâtonnement et cette fluctuation actuelles, qui sont déjà le présage d’une armée vaincue. Mais, au lieu d’étudier et de chercher à saisir l’esprit des instructions générales qui vous étaient données, vous vous êtes plu à ne pas les comprendre et à prendre justement le contre-pied de leur esprit. Ces instructions sont raisonnées et motivées, comme toute instruction d’un gouvernement; elles étaient données à trois cents lieues et à six semaines d’intervalle; elles vous supposaient vis-à-vis de l’ennemi et vous précisaient de le contenir et d’obliger la plus grande partie de son armée à rester dans le

Nord, en concentrant votre quartier général à Salamanque, et en tirant tous les jours des coups de fusil sous Rodrigo et sous Alineida. Ces instructions vous disaient : « Si, dans cet état de choses, l’en- « nemi reste devant vous avec moins de cinq divi- « sions, marchez à lui, suivcz-le en queue; ses hôte pilaux et magasins étant entre Lisbonne et la Coa.

<( il ne pourra les évacuer si rapidement, que vous ne « puissiez les atteindre. » Je vous y ajoutais que, dans cet état de choses, il était absurde de penser que le général anglais put abandonner tout le Nord pour se jeter sur une place qui menaçait de cinq semaines de résistance; qu'il pourrait y envoyer deux divisions, trois même, mais qu'alors l’armée du Midi, secourue aujourd'hui parcelle de Valence, qui appuie sa gauche, serait suffisante.

« Mes dépêches sont arrivées le G mars, et alors vous aviez entièrement perdu l'initiative; vous vous étiez retiré en arrière, de manière que l’ennemi vous croyait sur Burgos. Lord Wellington avait évacué ses magasins et ses hôpitaux sur Lisbonne; il avait entièrement disparu : il avait alors dix jours d’initiative sur vous, et son mouvement sur Badajoz était prononcé.

« Dans cet état de choses, vous vous êtes porté le 6 sur Salamanque; vous avez fait partir du pont d’Almaraz, le 8, deux divisions, et êtes resté cantonné sans faire aucun mouvement ni sur Rodrigo

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