‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 2)Chapitre 204 sur 268 · IVRE XV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

IVRE XV. — CORRESPONDANCE

ni sur Almeida, ce qui a décidé Wellington, aussitôt qu’il a vu que vous ne faisiez rien sur Salamanque, à se porter sur Badajoz le 1*2; il la cernait le 1(5.

« Certes, il faut ne pas avoir les premières notions de l’art de la guerre pour ne pas comprendre que, dans la position où vous étiez le 6, l’ennemi ayant préparé tout son champ de bataille entre Lisbonne et Salamanque, vous ne pouviez Oter les divisions d’Almaraz qui entraient dans le système de Badajoz qu’en même temps votre tête n’eùt marché sur l’Aguada et sur Almeida. Vous ne pouviez vous décider à affaiblir Almaraz, qui était une position propre à secourir Badajoz, en recevant l’initiative de l’ennemi, qu’autant que vous ayez été décidé à marcher sur Almeida, et en position de* le faire, et de menacer réellement Lisbonne. Mais faire un mouvement d’Almaraz sur Salamanque, pour restera Salamanque sans rien faire depuis le (5 jusqu’au 28, c'était effectivement annuler toute l’armée à l’ouverture de la campagne; c’était vouloir tout perdre, sans qu'on puisse en saisir le motif.

« Le 24, vous avez dû être instruit que le 1(5 lord Wellington avait cerné Badajoz; cependant le 24 vous n’aviez pas encore bougé, et l’on voit, dans les relations de l’armée anglaise, que lord Wellington remarque bien, jour par jour, qu’aucun mouve-

ment ne se fait à Salamanque; n’était-il pas naturel alors, puisque vous étiez instruit que Badajoz était cerné depuis huit jours, et que le feu était à la maison, que vous vous portassiez à grandes marches sur Almaraz pour appuyer la division Foy ? Vous pouviez arriver le 10 avril à Badajoz, et vous auriez trouvé l'armée anglaise fatiguée thi siège, et dans la situation la plus désirable pour lui livrer bataille. Cependant, aussitôt que l’Empereur apprit la manière étrange dont vous considériez les choses, il me chargea de vous écrire le I 2 mars, et je vous renvoyai votre aide de camp, qui est arrivé le 25. Mes instructions étaient précises. Nous apprenons que le 28 vous étiez parti pour Rodrigo, avec quinze jours de vivres, et que le 50 vous étiez devant cette place. Si vous vous portez de là au pont d’Almaraz, vous pouvez encore arriver à temps pour sauver Badajoz, qui, si elle est bien défendue, peut résister cinq à six semaines. Vous n'aurez pas longtemps ajouté foi au débarquement des Anglais à la Corogne.

« Toutefois, d’un moment à l'autre l’Empereur peut partir pour la Bologne; il ne peut que vous recommander de seconder le roi, et de faire de vous-même, par attachement pour sa personne et la gloire de ses armes, tout ce qu'il vous sera jm>ssiblc pour empêcher que quarante mille Anglais '' gâtent toutes les affaires d’Espagne; ce qui se-

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