LIVRE XV. - CORRESPONDANCE
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LE MARÉCHAL MARMONT Al' ROI JOSEPH.
« Salamanque, le 24 mai 1812.
« Sire, je reçois la lettre du 17 et du 1 S de ce mois ; Sire, Votre Majesté avait daigné m’ordonner, il y a six mois, époque à laquelle j’ai quitté la vallée du Tage, de former un grand dépôt de vivres à Lugar- Xuevn. Je n’aurais pas été dans l’obligation d’envover des troupes dans la province de Ségovie pour y réunir des vivres, pour les mettre en état de passer dans la vallée du Tage. Ainsi ce qu’il peut y avoir d’irrégulier dans cette disposition est plus que légitimé par l’urgence de nos besoins.
« La conduite du colonel du 50' régiment est condamnable pour avoir demandé des rations plus fortes que celles qui sont déterminées, et je le punirai en conséquence; mais, certes, il ne l’est pas pour avoir employé les moyens de rigueur, attendu que ce sont les seuls qui donnent des résultats, et qu’il serait méprisable et coupable envers 1 Empereur et l’armée s’il n’avait- pas pris les moyens nécessaires pour réunir promptement les approvisionnement* que je lui ai fait donner l’ordre de former; il n a eu et ne peut avoir, non plus que moi, l’intention de manquer à Votre Majesté, et j’ai donné assez de preuves du respect que je lui porte pour que toute justification à cet égard soit superllue; mais il v
a un premier devoir à remplir, c’est celui qui se rattache immédiatement à nos succès et à l’honneur des armes de l’Empereur.
« Votre. Majesté est la maîtresse de faire, relativement à )noi, la demande qui lui conviendra ; je n’ai rien fait que ne me commandassent ma conscience, mes lumières et mon amour du bien public; ainsi rien ne saurait m’intimider.
« Votre Majesté trouve que les moyens que l’on emploie sont tout au plus tolérables dans un pays nouvellement conquis; mais je ne sais pas dans quelle catégorie on pense placer l’Espagne et si elle connaît des localités où l’on a pu obtenir quelque chose, sans les baïonnettes. »
LE ROI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT
«. « Madrid, le 28 mai 1812.
« Monsieur le maréchal, j’ai reçu votre lettre du *26 de ce mois, datée de Fontiveros. Je vous ai prévenu, par ma lettre du 7 de ce mois, des drdres que j’avais donnés le même jour au duc de Oalmatie pour former le corps du comte d’Erlon du tiers de l’armée du Midi, en le chargeant d’observer sur la Guadiana le corps du général Hill, de l’y contenir, de le suivre, et même de passer le Tage si le général Hill passait sur la rive droite
«J’ai réitéré, le 26 de ce mois, et je renou-